Bernadette Malinvaud, présidente de l’association « ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation » (OHVR), remercie chaleureusement les adhérents de leur présence et de leur fidélité. Remerciements aux Maires de Javerdat et de Saint-Brice, Mesdames Annie Dardillac et Sylvie Tuyéras. La présidente remercie tout particulièrement Philippe Lacroix, Maire d’Oradour-sur-Glane, membre de l’association, toujours fidèle et à notre écoute, et qui nous met à disposition, comme chaque année, cette salle communale.

Malgré le report de la date de cette assemblée, la présidente explique l’absence de Robert Hébras. Après avoir été malade en début d’année, il demeure fatigué et fatigable. Il demande à tous de bien vouloir l’excuser.

Excusés : Pierre Allard, maire de Saint-Junien, Philippe Grandcoing, François Thomas, Michèle Soult, membres du Conseil d’Administration ainsi que Gérard Chambord, vérificateur aux comptes.

Secrétaire de séance : Sandra Combeau

Aujourd’hui OHVR compte 140 adhérents, 32 sont présents, s’ajoutent 58 procurations, le quorum est atteint.
La présidente déclare la séance ouverte : Elle remercie Sandra Combeau d’assurer le secrétariat de séance.

Puis elle laisse la parole à Philippe Lacroix qui devra quitter la séance pour recevoir en mairie une délégation de Schiltigheim.
M. le maire commence par émettre une pensée pour Robert Hébras qui n’a pas pu se joindre à nous pour des raisons de santé et lui souhaite un bon rétablissement à l’approche de ces commémorations du 75ème anniversaire du massacre d’Oradour. Il souligne la nécessité de la présence d’enseignants notamment d’Histoire afin de préserver la réalité historique et la vigilance face aux idées nauséabondes qui existent toujours. « Elles sont parfois cachées par certaines attitudes ou par certains sourires mais peuvent surgir par certaines vidéos ou par un petit débordement. Il nous revient à nous tous, attachés aux valeurs démocratiques, de veiller à la vérité historique et à l’esprit qui doit être celui de la République : l’unité, la fraternité et la liberté. Dans la « Réconciliation » il y a le mot amitié et le mot paix qui doivent symboliser nos pensées aux uns et aux autres ». M. le Maire nous assure que la Municipalité de la ville qu’il représente : « avec l’association OHVR, avec l’association Nationale des Familles des Martyrs, avec le Centre de la Mémoire et nous toutes et tous ensembles, sommes là pour ça, pour œuvrer pour la paix, pour l’unité, pour l’amitié et pour la fraternité ».

L’association OHVR compte 140 adhérents à ce jour. Et cette année nous avons le plaisir d’accueillir une nouvelle adhérente, Monique Bélivier, fille de Marcel Bélivier rescapé d’Oradour. Elle est l’auteure de l’ouvrage « La vilaine, née d’Oradour ». L’histoire du drame est en filigrane, mais il s’agit de l’histoire d’une enfant née « après », et qui a vécu les conséquences du drame dans sa famille, et par sa famille, même s’il s’agissait essentiellement de « non-dits ». Elle n’est pas la seule dans ce cas. Ce fut le cas de beaucoup d’enfants nés après le drame. Il s’agit donc d’un ouvrage qui ouvre d’autres perspectives, et nous sommes particulièrement heureux de sa présence.

Évocation de personne décédée : Jean Lajaumont.

Ordre du jour
1 – Approbation du Compte Rendu de l’Assemblée Générale du 24 mars 2018.
À l’issue du vote, le Compte Rendu de l’Assemblée Générale du 24 mars 2018 est adopté à l’unanimité.

2 – Rapport d’Activité par la présidente
En octobre 2018, ce sont environ 90 personnes qui ont assisté à la conférence intitulée « Les cicatrices de la Mémoire : une famille au cœur du XXème siècle », à l’espace Simone Veil. Nous l’avions organisée en partenariat avec l’ONAC (Office National des Anciens Combattants) et le Musée de la Résistance de Limoges. L’Historien Laurent Wirth, auteur du livre « A Larmes Égales » évoqua au travers de l’histoire des deux guerres mondiales les cicatrices portées par sa propre famille : un grand père Alsacien, l’autre Auvergnat dans deux camps ennemis en 1914-1918. Leurs deux fils font connaissance pendant la deuxième Guerre Mondiale, dans la Résistance et deviennent amis. L’un épouse la sœur de l’autre. Laurent Wirth naitra de cette union. Pour lui, l’enquête menée pour reconstituer cette histoire familiale entremêlée à l’histoire nationale et internationale conduit à plus de vérité, à ne pas s’enfermer dans une identité mais plutôt à s’ouvrir à une idée européenne porteuse de paix.
Et puis comme les années passées nous avons accompagné Robert lors de ses interventions, auprès des élèves. Même si son état de santé a réduit ses déplacements nous sommes allés :
– En mai 2018 à Besançon au Collège Clairs-Soleils où répondant à l’initiative d’un élève de 3ème les enseignants d’Histoire avaient invité Robert Hébras à venir témoigner et répondre aux questions des collégiens. Élèves et enseignants découvrirent alors la réalité de ce massacre dont ils n’avaient qu’une connaissance imprécise.
– En octobre 2018 c’est au Centre Culturel de Lubersac (en Corrèze) que Robert a rencontré 4 classes de 3ème dans le cadre d’une exposition réalisée par Dominique Sardin « Scènes de la Résistance Régionale » où mannequins incarnant anonymes et figures de la Résistance et où objets de l’époque campaient des scènes de la vie quotidienne durant la 2ème Guerre Mondiale.
Nous avons aussi accompagné Robert, à sa demande, à différentes manifestations où il était invité.
– le 3 juin à Saint-Yrieix-Sous-Aixe à l’occasion de la Fête de la Rose où il baptisa le rosier nouvellement créé « Devoir de Mémoire ». Ce rosier devrait être en vente cette année chez les horticulteurs. Il s’agit d’un rosier à fleur simple.
– puis à Lourdes lors de la 16ème rencontre nationale des Anciens Combattants. Ce pèlerinage de 4 jours et qui a lieu tous les 2 ans, était placé sous la bannière d’Oradour et c’est dans l’immense basilique souterraine que 20 000 personnes écoutèrent Robert raconter le 10 juin 1944, évoquer les 642 victimes.
De façon beaucoup plus intime il rencontra une trentaine de jeunes élèves accompagnés de leurs enseignants le soir.
– Le 24 novembre nous étions invités à Maillé où Monsieur Serge Martin, survivant du massacre du 25 Août 1944 recevait la Croix de Chevalier de l’Ordre du Mérite de la République Fédérale d’Allemagne des mains de Michael Roth, Ministre allemand délégué aux affaires étrangères.
Et en mars 2019 Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’Éducation Nationale remettait l’insigne de Chevalier de la Légion d’Honneur à Monsieur Martin.
Ces moments de reconnaissance officielle de l’action pédagogique et citoyenne menée par ces deux témoins que sont Robert Hébras et Serge Martin ne sont pas anodins. Ils intègrent leurs personnes, leurs paroles, dans une perspective historique universelle.
Nous avons continué comme l’an dernier à aider Robert à répondre, à sa demande, à certains courriers qu’il reçoit en quantité et de façon quotidienne. Le plus fréquemment pour le féliciter de la force et la qualité de son témoignage qu’il soit oral ou écrit comme le fait cet Alsacien de 80 ans qui termine sa longue lettre ainsi : « je salue une fois de plus votre courage, votre
détermination et votre persévérance dans votre combat de témoin de mémoire ».
On lui écrit aussi pour lui dire qu’on aimerait le rencontrer dans le village. Parmi ces courriers venus de toute la France de plus en plus de jeunes, d’élèves qui le remercient ou s’interrogent après la lecture de « Avant que ma voix ne s’éteigne » comme ces élèves de 3ème du collège Édouard Herriot de Maisons-Alfort (Val-de-Marne). « Nous avons compris que nombre des problèmes d’idéologies responsables de ce massacre sont encore présents aujourd’hui » écrivent-ils, notamment, dans leur lettre lue par Bernadette.
En mars 2019, pour la première fois, nous avons rencontré seuls, sans Robert, des Lycéens. Comme je vous l’ai déjà dit, Robert a été malade en début d’année et a connu une longue convalescence.
Un professeur d’Histoire du Lycée Louis Pergaud de Besançon nous a contactés. Ses élèves participaient au Concours National de la Résistance et de la Déportation dont le thème cette année était Répressions et déportations en France et en Europe. Elle avait mis en place un important projet concernant l’Éducation Morale et Civique autour de la citoyenneté et de la Mémoire. Le témoignage de Robert était donc souhaité et attendu. Ce déplacement lui était impossible. Le professeur a alors insisté auprès de nous, en modifiant quelque peu son projet initial. Il s’agissait non plus d’une intervention devant les six classes de seconde du Lycée mais dans une seule classe où elle enseignait.
Après une longue réflexion, et surtout après avoir demandé l’avis de Robert, nous avons répondu positivement.
« Il était hors de question pour moi de parler à la place de Robert, je ne porte pas le témoignage du massacre d’Oradour même si j’en possède la connaissance historique, c’est-à-dire des faits et de leur analyse. Avec Henri nous avons donc réalisé et projeté un montage vidéo d’une durée de 15 minutes, à partir de témoignages de Robert, devant les élèves, ensuite j’ai répondu aux questions », a précisé Bernadette.

Diffusion du montage vidéo relatant le témoignage de Robert à des élèves en 2014 et 2018.

Toujours dans nos préoccupations et lors de l’Assemblée Générale précédente, nous avions annoncé que le décompte des sommes restant dues (article 700 et frais de justice) avait été adressé à l’avoué. Le règlement spontané n’a pas été réalisé par ce biais. D’où des démarches complémentaires pour essayer d’obtenir ces sommes notamment la saisine de l’huissier de justice pour un recouvrement forcé. À l’heure actuelle le dossier est donc entre les mains de l’huissier qui attend un document indispensable pour poursuivre : il s’agit de l’original du jugement du Tribunal de Grande Instance de Strasbourg (« la Grosse du jugement »). Le cabinet de Maître Gaffet fait les démarches pour obtenir ce document (ce qui peut demander un peu de temps compte tenu de l’ancienneté du jugement).
Enfin dernier point, nous avons conclu un partenariat avec l’Association des Communes Jumelées de Nouvelle Aquitaine (ACJNA) concernant la projection du film « Mademoiselle Marie » (rappel : 2017 comédie musicale Oradour-adaptation filmique).  L’ACJNA qui a acquis les droits de diffusion du film souhaite proposer des projections gratuites sur tout le territoire de la Nouvelle Aquitaine, auprès des scolaires et du grand public.
Après chaque projection l’ACJNA souhaite organiser un débat avec le public. Dans cet objectif elle a conclu un partenariat avec OHVR dont les membres présents apporteront un regard historique sur le contenu du film. Il s’agit d’une initiative du président de l’ACJNA, Maxime Négremont, adhérent d’OHVR, pris aujourd’hui par d’autres engagements et que je demande de bien vouloir excuser.
Concernant la projection dans les collèges et Lycées nous avons rencontré l’Inspecteur Pédagogique Régional d’Histoire, qui après avoir visionné le film, a donné son accord.
Plusieurs projections ont déjà eu lieu :
– 7 mai à Aixe-sur-Vienne,
– 9 mai à La Souterraine devant Élèves et adultes,
Une autre est programmée à Terrasson le 4 octobre.

Aucune question n’est posée : Nous procédons au vote pour l’approbation de ce rapport. Il est adopté à l’unanimité.

3 – Compte Rendu financier par le trésorier Philippe Pommier
Philippe Pommier donne le rapport avec chiffres à l’appui à l’écran

Les Recettes :

Intérêts du livret : 92,40€
Cotisations : 1 400,00€
Dons : 180,00€
Vente Plaquettes : 0,00€
  —————
Total Recettes: 1 672,40€

Les Charges :

Événements : 318,11€
Frais administratifs : 116,79€
Photocopies, Poste : 250,00€
Déplacements : 418,00€
Assurance : 224,59€
Don : 300,00€
—————
Total Dépenses : 1 620,56€

Le solde de l’exercice est excédentaire de 51,84
Le montant du livret A au 31 décembre 2018 est de 12 879,78€
Le solde créditeur du compte courant au 31 décembre 2018 est de 1 696,77€
OHVR aide à financer des déplacements des élèves sur des lieux mémoriaux. Philippe Pommier précise que nous pouvons signaler d’autres déplacements si besoin pour des élèves désireux et méritants.

4 Compte Rendu des Vérificateurs aux comptes
Henri Malinvaud, trésorier adjoint, lit le rapport établi par Jean-Luc Bayard et Gérard Chambord, vérificateurs aux Comptes.
« Mesdames, Messieurs,
Conformément à la mission qui nous a été confiée, nous avons vérifié les comptes de l’association « ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation » pour la période du 01.01.2018 au 31.12.2018.
Tous les documents comptables nécessaires à notre examen ont été mis à notre disposition. Nous avons pu ainsi effectuer les contrôles et vérifications nécessaires. Des explications pertinentes et des justificatifs adéquats ont été fournis dans chaque cas.
Dès lors, nous sommes en mesure d’attester que les comptes de l’association « ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation » pour la période du 01.01.2018 au 31.12.2018 sont sincères et corrects. Ils se soldent par des recettes à hauteur de 1672,40€ et des dépenses à hauteur de 1620,56€, soit un excédent de 51,84€.
En conséquence, nous vous proposons d’approuver ces comptes tels qu’ils vous sont présentés.
En foi de quoi, nous avons rédigé le présent rapport.

À Limoges, le 13.05.2019″

Après vote le rapport est adopté à l’unanimité

5 Renouvellement du tiers sortant des membres du Conseil d’Administration:
Bernadette Malinvaud, Philippe Pommier, Philippe Grandcoing et Michèle Soult administrateurs sortants se représentent. Il n’y a pas de nouvelle candidature.
Les 4 membres sortant sont, après vote, réélus à l’unanimité

Le Vérificateur aux Comptes sortant Jean-Luc Bayard qui se représente est également réélu à l’unanimité

6Fixation du montant de la cotisation annuelle. Le montant de la cotisation reste inchangé, à 10,00€.

7Projets pour 2019
Le film documentaire réalisé par Jérôme Amimer « Récits d’Oradour » que plusieurs d’entre nous ont vu en avril 2018 au Ciné Bourse de Saint-Junien nous a paru tout à fait intéressant :
– d’abord par le regard porté sur les ruines du lieu qui fut le cadre de vie des 642 victimes.
– ensuite par la parole donnée à des intervenants qui n’ont pas vécu l’événement et dont les points de vue sont autant de sources de questionnement à propos de la transition entre le temps des témoins et le temps des générations « d’après » pour qui le sens des ruines d’Oradour doit
perdurer. Une projection de ce film est donc programmée à l’espace Simone Veil le jeudi 21 novembre 2019.
Et une semaine après, le jeudi 28 novembre, Héloïse Belloir, une des intervenantes dans le film, qui dans le cadre de son Master de Médiation Culturelle a travaillé sur le thème notamment de la conservation des ruines et de leur rôle dans la transmission animera une conférence toujours à l’espace Simone Veil.
Pour le moment c’est ce que nous envisageons mais d’autres opportunités peuvent se présenter.

La parole est donnée à Héloïse Belloir qui propose d’aborder les différentes politiques de conservation menées après le drame et jusqu’à nos jours. Elle évoque les problématiques que soulèvent ces différentes politiques de conservation qui feront l’objet de cette conférence à venir.

8Questions diverses et parole donnée à la salle :
Le Président départemental de la FNACA demande la possibilité pour son association, de visiter le Centre de la Mémoire lors de leur congrès.
Réponse : il faut s’adresser au CMO.

L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 11h30, laissant place au partage du « verre de l’amitié »

La secrétaire de séance,
Sandra Combeau