Bernadette Malinvaud présidente de l’association, remercie Philippe Lacroix, Maire d’Oradour-sur-Glane, membre de l’association qui nous permet, une fois encore, de tenir notre AG dans cette salle, à titre gracieux.

Remerciements pour leur présence à Pierre Allard, maire de Saint Junien, Joël Ratier, président de la communauté de communes Porte Océane du Limousin, Claude Milord, président de l’Association Nationale des Familles des Martyrs d’Oradour sur Glane (ANFMOG), Annie Dardilhac maire de Javerdat.

Excusés: Palmira Desseix, Philippe Grancoing, Michèle Soult, Camille Senon, Albert Valade et de nombreux adhérents qui ont donné procuration.

Secrétaire de séance Sandra Combeau.

Aujourd’hui OHVR compte 152 adhérents, 42 sont présents, s’ajoutent 34 procurations, le quorum est atteint.
La présidente déclare la séance ouverte :
Elle remercie Sandra Combeau d’assurer le secrétariat de séance.

Depuis 2015 à la demande de Monsieur Guy Lacorre sont évoquées les personnes disparues durant l’année précédente.
En 2017, à notre connaissance, nous ont quitté Henri Aupetit, Guy Lacorre, Pierre Laborie et Jacqueline Pinède dont Robert Hébras évoque la mémoire :

Jacqueline Pinède

« Sommée de quitter Bayonne, sa ville natale, en 1943 (cf. « Ordre d’expulsion », visible au service des archives du Centre de la Mémoire), Jacqueline Pinède et sa famille de confession juive, trouvent refuge à Oradour-sur-Glane. Dissimulée sous un escalier en pierre avec sa sœur et son petit frère, elle échappe au massacre. Ce 10 juin 1944, elle perd son père, sa mère et sa grand-mère qui font partie des 642 victimes d’Oradour. »
Dès lors, Jacqueline et Robert resteront en relation.
Elle est décédée en février 2017. Robert, accompagné de Benoît Sadry, représentant l’Association des Familles des Martyrs, ont assisté à ses obsèques à Bayonne. Elle était une des dernières rescapées.

Une minute de silence est observée.

Ordre du jour
1) Approbation du compte rendu de l’assemblée générale du 4 février 2017.
Après vote, le compte rendu est adopté à l’unanimité.
2) Rapport d’activité par la présidente
Comme les années précédentes nous avons accompagné Robert Hébras :
En mai 2017 à Billom Communauté Urbaine de Clermont-Ferrand. Organisée par la section de la FNIDRP, avec le soutien de la municipalité et des enseignants, 400 élèves de collèges publics et privés ainsi que 300 adultes sont venus à la rencontre de Robert Hébras. Ils ont pu assister à la projection du documentaire de Michaël Faugeroux « Le droit à la mémoire », suivie de questions et d’échanges avec Robert.
Il faut savoir que la population de Billom est très impliquée dans le travail de Mémoire, car marquée par la seconde guerre mondiale et les actions de la résistance. Le 16/12/1943, suite à une dénonciation, une rafle détruisit un maquis entier. Plus de 90 personnes furent fusillées, une centaine déportées. Une remarquable exposition présentait l’histoire des maquis de la région.
1er décembre 2017, déplacement à Paris au Lycée Louis-le-Grand, répondant à une demande du proviseur et des professeurs d’histoire. Plus de 500 élèves des clases de secondes, premières, terminales et classes préparatoires étaient présents dans une salle comble. Très intéressés ils assaillirent Robert de questions et eurent du mal à le laisser partir. Le message d’un professeur confirme « les élèves ont retenu énormément de choses : cela a provoqué d’intenses réflexions chez eux et entre eux ». Ce qui permet à Bernadette Malinvaud de faire part d’une évolution constatée au cours des trois années d’accompagnement dans les collèges et lycées en France et en Allemagne. Robert reste évidemment toujours et avant tout le témoin mais il et aussi conduit, par les questions de élèves, à retracer son cheminement psychologique et intellectuel qui ont permis son engagement et son rôle dans la réconciliation et l’amitié franco-allemande. Il tient aussi à leur transmettre ses espoirs liés à la construction européenne, certes fragile, mais absolument nécessaire.
Constat également que ces élèves font de plus en plus part de leurs propres inquiétudes et questionnements face à l’avenir. Ils craignent les fractures, le terrorisme, la recrudescence du nationalisme, l’exclusion, le racisme… À cela, Robert Hébras, qui ne minimise pas les risques, trouve les mots pour les rassurer, les encourager et leur redonner confiance en plaçant lui-même sa confiance en eux. Il les invite aussi à toujours faire preuve de vigilance et d’engagement. Il agit ainsi indéniablement en faveur de l’action citoyenne. Ces interventions créent un lien fort avec la jeunesse, car au-delà de la transmission de son témoignage, il éclaire l’avenir.
En novembre, à l’espace CITE (devenu Simone Veil), dans le cadre de la semaine du documentaire, en partenariat avec le musée de la Résistance et l’ONAC (Office National des Anciens Combattants) a été projeté le film « Maillé, le massacre oublié ». Une séance était destinée aux élèves, l’autre en soirée ouverte à tout public. Des remerciements sont adressés tout particulièrement à Murielle Champeymont, responsable du service éducatif, et à Sylvie Codecco, adjointe au directeur de l’ONAC, qui ont œuvré pour la réussite de ce projet.
Le massacre de Maillé a eu lieu le 25 août 1944. 124 habitants dont 48 enfants sont massacrés par les Waffen SS de la 17ème Panzer Grenadier Division. Une grande partie des habitations est détruite par le feu et le bombardement qui succède au massacre. Après la guerre on reconstruit sur les ruines, les traces du drame disparaissent et les survivants demeurent silencieux.
Malgré une commémoration chaque année, cette dernière se trouve dans l’ombre de celle de la libération de Paris. En 2003, suite à une collecte de témoignages effectuée par Marie-Françoise Gaucher, un film a été réalisé afin de rappeler les faits dramatiques ayant touchés ce village. Serge Martin, rescapé du massacre, présent lors de cette projection à Limoges, avait 10 ans en 1944. Ses deux parents, son frère et ses deux sœurs ont été massacrés. Président de l’Association « Pour le Souvenir de Maillé », il témoigne, accompagné par Romain Taillefet, directeur de la Maison du Souvenir de Maillé, structure mémorielle inaugurée en 2006.
À l’issue de la projection, ont eu lieu des échanges avec les publics scolaires et adultes pour répondre aux nombreuses questions.
Mars : Un article du journal le Monde du 14 mars 2017 nous a fait réagir. Il annonce le projet de créer un Mur des noms à Schirmeck en Alsace, à l’initiative du président du Conseil Régional du Grand Est, à la demande d’associations de descendants de « malgré nous ».
Le projet prévoit « de faire figurer, par ordre alphabétique, les noms de 52 000 Alsaciens et Mosellans, tués durant la guerre 1935-1945. Parmi eux, des soldats de l’armée française, mais aussi des soldats incorporés dans l’armée française en 1939-1940, les déportés juifs, les résistants, ou encore les jeunes alsaciens et mosellans enrôlés de force dans la Wehrmacht et la Waffen SS. ». Si cette demande semble légitime, une liste mêlant sans distinction les noms, où les uns seraient les victimes des autres nous est apparue très contestable. Un courrier, cosigné par Robert à été envoyé à Monsieur le Secrétaire d’État aux Anciens Combattants (avril 2017). Pour information, une copie a été transmise, au président du Grand Est, au président de la Nouvelle Aquitaine, au Préfet de la Haute-Vienne. Aucune réponse ne nous est parvenue. Seule information : le projet, qui a aussi suscité en Alsace de nombreuses protestations d’associations, serait au point mort. Il convient de rester vigilant à l’égard de ces projets qui peuvent être à double tranchant.
Un deuxième courrier avait été effectué également et cosigné par la Mairie d’Oradour, l’ANFMOG et le président du Centre de la Mémoire à l’attention de M. Richert.
Nous avons aussi participé à quelques manifestations :
27 septembre : accompagnement de Robert Hébras au bureau du Parlement Européen à Paris, où Sylvie Guillaume, vice-présidente du Parlement européen, lui remit la médaille du Prix du Citoyen Européen. Chaque année, depuis 2008, ce prix est décerné par le Parlement Européen à ceux qui, par des actions ou des initiatives remarquables, facilitent la coopération transnationale et promeuvent les valeurs européennes. La candidature de Robert Hébras était présentée et soutenue par Jean-Paul Denanot, Député Européen. À noter qu’il est assez rare que ce prix soit remis à une personne en particulier. Il s’agit généralement d’associations.
À la suite de cette cérémonie, la Maison de l’Europe-Centre Europe Direct Limousin a tenu à organiser une cérémonie pour souligner cette décoration reçue par Robert, dans le cadre du salon du dessin de presse de Saint-juste-le Martel Sans surprise aucune, pour ceux qui connaissent Robert, il a rappelé « n’avoir fait que son devoir d’homme ».
Octobre : Accueil d’une délégation de Billom en présence du maire de cette commune. Robert Hébras les a accompagné pour la visite du village. Le maire d’Oradour ayant rejoint la délégation au tombeau des martyrs, deux gerbes de fleurs ont été déposées et une minute de silence fut observée. La délégation a effectué la visite de l’exposition permanente du Centre de la Mémoire l’après-midi.

Robert Hébras souhaite prendre la parole :
Il évoque sa difficulté, bien compréhensible, à répondre à toutes les invitations. Il souhaiterait donc être plus accompagné et soutenu par l’association.
L’engagement sans faille et le courage à toujours aller à la rencontre des collèges et lycées (quotidiennement selon les périodes), expliquent, en partie, le fait que Robert soit souvent identifié directement comme porteur d’un symbole, et donc invité à titre individuel par différentes associations, institutions, etc… Bernadette Malinvaud répond en précisant la difficulté à s’imposer alors que l’invitation est adressée spécifiquement à celui qui incarne la légitimité de la Mémoire d’Oradour. Le maire d’Oradour fait savoir qu’en effet, les invitations ne lui parviennent pas toujours.
À cet égard, il est rappelé la nature atypique de l’association OHVR née d’un procès, alors que Robert était seul face à une situation injuste et inacceptable. Notre association demeure toujours très attentive à ne pas empiéter sur les compétences de la Municipalité, de l’ANFMOG, du Centre de la Mémoire, même sil est souhaitable que des projets communs puissent être menés.
En prolongement, une discussion s’instaure parmi les adhérents sur l’avenir et la mission de l’association. Proposition est faite de revoir ses statuts.
Dernier point : le 9 février 2018, réception d’un décompte, transmis par Maître Gaffet, concernant les sommes de remboursement des frais de justice restant dues à Robert. Le décompte a été transmis à l’Avoué pour règlement. Même s’il s’agit d’une bonne nouvelle, Philippe Pommier fait remarquer, à juste titre, la lenteur de la procédure comparée à la rapidité avec laquelle Robert Hébras avait vu sa voiture gagée immédiatement après sa condamnation par la Cour d’Appel de Colmar.

Après vote le rapport d’activités est adopté à l’unanimité

3) Compte Rendu financier par le trésorier Philippe Pommier

Une avance pour un déplacement (215,20 euros) est décomptée dans le total des dépenses et son remboursement est ajouté dans celui des recettes.
Le solde de l’exercice est excédentaire de 896,01 €.
Le montant du livret A au 2 janvier 2018 est de 11 187,38 €.

4) Compte Rendu des Vérificateurs comptes
Henri Malinvaud, trésorier adjoint, lit le rapport établi par Jean-Luc Bayard et Gérard Chambord.
« Conformément à la mission qui nous est confiée, nous avons vérifié les comptes de l’association ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation pour la période du 01.01.2017 au 31.12.2017.
Tous les documents comptables nécessaires à notre examen ont été mis à notre disposition. Nous avons pu ainsi effectuer les contrôles et vérifications nécessaires. Des explications pertinentes et des justificatifs adéquats ont été fournis à chaque cas.
Dés lors, nous sommes en mesure d’attester que les comptes de l’association ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation pour la période du 01.01.2017 au 31.12.2017 sont sincères et corrects. Ils se soldent par des recettes à hauteur de 1 898,48€ et des dépenses à hauteur de 1 002,47 €, soit un excédent de 896,01 €.
En conséquence, nous vous proposons d’approuver ces comptes tels qu’ils vous sont présentés.
En foi de quoi, nous avons rédigé le présent rapport. »

Après vote, le rapport financier est adopté à l’unanimité.

5) Renouvellement du tiers des membres du CA :
Sylvie Codecco, Palmira Desseix, Claudine Fourgniaud et Henri Malinvaud administrateurs sortants se représentent. Il n’y a pas de nouvelle candidature.

Les membres sortants sont réélus à l’unanimité.

6) Renouvellement du Vérificateur aux comptes : Gérard Chambord se représente.
Gérard Chambord est réélu à l’unanimité.

7) Fixation du montant de la cotisation annuelle : Le Conseil d’Administration propose le maintien à 10€.

Après vote, accord à l’unanimité

8) Perspectives pour 2018
Proposition d’aide financière pour un voyage d’élèves sur des lieux de mémoire (Musée de la Résistance et de la déportation de Besançon, Maison d’Yzieu, Musée de la Résistance de Lyon et prison de Montluc). Participation à hauteur de 300 euros.
Sylvie Codecco nous fait part de la présentation en avant-première d’un film « Récits d’Oradour » réalisé par Jérôme Amimer. Plusieurs membres d’OHVR confirment l’intérêt certain de ce film qui évoque le traumatisme d’Oradour, sa transmission et l’héritage porté par l’auteur en écho à l’histoire de sa grand-mère qui a vu son village de Russie brûler. Ce film présente plusieurs approches : historiques, conservation des ruines etc…Claude Milord est d’ailleurs associé à ce film. Il informe que le DVD de ce film, proposé à la vente de la librairie du CMO lors du dernier CA, n’a pas été retenu.
Pierre Allard précise que le directeur du Centre de la Mémoire a tenu compte de l’avis de ses experts pour lesquels ce film « n’apporte rien de plus sur l’histoire d’Oradour-sur-Glane ». « Le CMO n’est pas un supermarché ».

9) Questions diverses
Répondant à une question concernant un projet de mise en place de panneaux explicatifs au village martyr qu’il avait évoqué au cours de l’AG 2017, Claude Milord informe que ce projet est actuellement au point mort. Il espère que la conservatrice de la DRAC, nouvellement nommée, pourra porter ce projet à son terme.
Vigilance toujours nécessaire : Un groupe néo-nazi, « la Division Nationaliste Révolutionnaire », a tenté d’installer un local à Tulle. L’intervention de plusieurs associations et la décision du préfet de Corrèze l’en ont empêché. Ce collectif tient des propos odieux et calomnieux sur un site internet.

L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée, laissant place au partage du « verre de l’amitié »

 

La secrétaire de séance,

Sandra Combeau

 

Mail : oradour.hvr@laposte.net
Site : http://www.oradourhvr.fr