DEVOIR DE MEMOIRE

ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation

Category: Activités de l’association (page 3 of 3)

Projection Film « Oradour les voix de la douleur »

logo OHVR couleur DOCLe samedi 14 juin 2014 à 15 heures, au Ciné Bourse de Saint-Junien, l’association présente la projection du film réalisé par Marc DESOUTTER, en 2008 :

« Oradour, les voix intérieures »

A l’issue de cette séance, le réalisateur Marc DESOUTTER, le producteur Jean-Pierre DUSSEAUX et Robert HEBRAS, survivant du massacre du 10 juin 1944, répondront aux questions du public.

Venez nombreux

Entrée Libre

Les Journées de Munich (18 et 19 mars 2014)

Munich_18-03_2014_016Robert Hébras témoigne

 

Robert Hébras accompagné par la présidente de l’association “ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation”, était au centre d’une soirée thématique consacrée à l’évocation du massacre d’Oradour-sur-Glane, à l’université Ludwig Maximilian de Munich.

 

Munich_18-03_2014_009Cet événement était initié et organisé par Michael Faugeroux, professeur au lycée français Jean Renoir, en collaboration avec la Fondation “la Rose Blanche”, le Centre de Documentation et de Recherche sur le nazisme. Il était soutenu par la ville de Munich, l’Institut français, l’association “ORADOUR, Histoire, Vigilance et Réconciliation” et l’Association Démocratique des Français de Munich.
Assistaient à cette manifestation le Consul Général adjoint, les représentants de toutes les associations et fondations citées, plusieurs
 représentants et conseillers de la municipalité, et environ 600 personnes appartenant aux deux communautés, allemande et française,  dont de très nombreux lycéens.


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A l’issue de la projection du film documentaire réalisé par Michael Faugeroux “Le droit à la Mémoire-Témoignage d’un survivant” (sous-titré en allemand), Robert Hébras répondit aux nombreuses questions venues d’un public attentif ,en quête d’explications concernant, à la fois, le déroulement du massacre, ses responsables, ses auteurs, les procès passés (et éventuellement à venir…), la vie des survivants depuis le drame.
Ainsi qu’il en a l’habitude, Robert Hébras
  informa et précisa avec clarté. Par des mots simples, qui vont droit à la raison, il suscita la réflexion sur le souvenir et surtout sur l’avenir, soulignant que la mémoire constitue l’un des remparts contre les bégaiements de l’histoire.
Ses réponses portant sur le cheminement qui l’a conduit à s’engager dans cette démarche de
 rapprochement et de réconciliation entre les peuples, lui valurent une longue standing ovation d’un auditoire en totale empathie et très ému, notamment lorsqu’il affirma qu’il ne regrettait pas “sa vie passée à témoigner”.
Le lendemain, accueillis au lycée français Jean Renoir, Robert Hébras et Bernadette Malinvaud répondirent aux questions des élèves de quatre classes de troisième. À cette occasion, les professeurs d’Histoire avaient banalisé trois journées dédiées à l’étude du Nazisme et de ses conséquences.


Munich_19-03_2014_016À leur tour les plus jeunes, déjà sensibilisés par le témoignage de Robert Hébras présenté dans le film, manifestèrent le désir de connaître les détails sur le déroulement du massacre, sur la manière dont les survivants purent être sauvés, sur les soldats auteurs de ce massacre, sur la reconstruction des lieux et des Hommes. Comment vivre après, comment surmonter la difficulté de venir en Allemagne, quel effort sur soi-même pour oublier la haine des premiers jours et tendre la main ?
Munich_19-03_2014_009La simplicité, la clarté des réponses de Robert Hébras captivèrent l’intérêt de tous. Pour conclure, c’est avec fermeté qu’il insista sur l’indispensable connaissance réciproque des peuples, sur les richesses nées de leurs différences, sur la tolérance, sur la volonté de paix assise sur le savoir et la réflexion historiques.
Par des articles, tel celui d’une demi-page paru dans le “Süddeutsche Zeitung” (24 mars), ces deux jours d’échanges ont bénéficié d’une large résonance médiatique. La parole de paix et de réconciliation portée par Robert Hébras lors de ces deux événements à Munich, a donc dépassé le simple cadre de la ville et suscite déjà de nombreux témoignages de soutien, émanant d’autres régions d’Allemagne qui envisagent de réitérer cette démarche.

Compte rendu Assemblée Générale ordinaire/extraordinaire du 15 mars 2014

Compte-rendu de l’Assemblée Générale
du 15 mars 2014 à Oradour-sur-Glane

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AG_15_03_2014_002Le samedi 15 mars 2014, les membres de l’association JPRH se sont réunis à la salle des fêtes d’Oradour. Après un mot d’accueil de la présidente B. Malinvaud, le maire de la commune d’Oradour, R. Frugier s’est déclaré heureux d’accueillir les membres de l’association et s’est réjoui de la victoire très importante réalisée par l’association, ce au service de l’Histoire.
AG_15_03_2014_011 B. Malinvaud fait état du nombre d’adhérents, à savoir 845. Le quorum (1/4) est donc de 211. Avec les procurations, nous ne sommes que 183. Un vote est donc proposé pour transformer l’AG ordinaire en AG extraordinaire. Pour : 183, Contre et abstention : 0.
L’AG extraordinaire est donc déclarée ouverte.

Le CR de la dernière AG du 24 novembre 2013 est adopté à l’unanimité.

AG_15_03_2014_003La présidente présente son rapport moral : Les objectifs de l’association JPRH créée en septembre 2012 pour soutenir et aider notre ami Robert ont largement été atteints. Le 16 octobre 2013 la Cour de cassation a annulé sans ambiguïté la condamnation de la cour d’appel de Colmar. Nous nous félicitons de cette décision de justice qui de plus fera date dans l’histoire de la justice puisqu’elle est publiée dans les annales de la CC. Nos remerciements et félicitations s’adressent évidemment aux deux avocats Me Gaffet et Me Thouin-Palat et nous pouvons tous ici être fiers de notre engagement pour cette cause. De septembre 2012 à octobre 2013, et au-delà, nous avons multiplié et diversifié nos actions afin d’informer, de cette affaire, le public le plus large possible : pétition, communiqués transmis par la presse locale et nationale, site internet. Avec toujours le souci d’élargir notre réseau de relations, nous avons assisté et participé à plusieurs rencontres comme celle de l’institut Goethe à Paris, au Repaire des amis de “Là-bas si j’y suis ”à Limoges et à la Faculté de Droit et de Sciences Économiques lors des Entretiens d’Aguesseau.
Dans cette volonté de sensibiliser d’un auditoire diversifié, je tiens à souligner et à remercier pour leur rôle de relais, des associations comme l’ANACR, la FNIDRP, l’AFMD, la Libre Pensée, le MRAP et des personnes parfois très éloignées du Limousin (qui me pardonneront j’espère de ne pas les nommer ici).
Nous avons aussi initié un certain nombre d’actions : édition et vente “Les Ombres d’Oradour” œuvre  en hommage à Robert Hébras offerte , à l’association par Isabelle Frandon et Monique Niguès. La projection des deux parties du film réalisé par Michel Follin et Marc Wilmart en 1988 : “Oradour. Les voix de la Douleur”et “Aujourd’hui la Mémoire” : à chaque fois, la salle de Conférences de la BFM était comble.
En même temps nous avons noué des liens, créé des relations avec des associations et des personnes comme ce procureur italien Marco de Paolis que nous avons rencontré avec Robert lors d’une conférence à Bordeaux.

Le 28 janvier 2014, j’ai rencontré, à sa demande, le président de l’Association Nationale des Familles des Martyrs d’Oradour, Claude Milord accompagné de Camille Senon : sur certains points précis nos deux associations pourront mener des actions communes.

Ces 16 mois passés, ont été pour nous, souvent chargés, parfois stressants mais toujours animés par notre détermination de réussir notre objectif. C’est dans cet esprit que le CA a souhaité prolonger l’existence de notre association. L’AGE du 24 novembre 2013 a entériné ce vœu : “ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation” en est la nouvelle dénomination. Informé de notre décision, Monsieur le Préfet de la Haute-Vienne, nous a assuré de son soutien et de celui des services de l’État dans cette initiative et il a ajouté “permettez-moi également de saluer la décision qui a été prise de poursuivre ce combat pour la mémoire au nom de la vigilance et de la réconciliation. Vous perpétuez ainsi l’engagement de Robert Hébras et allez pouvoir apporter une dimension encore plus grande à ce devoir de mémoire qui nous anime tous. » Il s’agit donc de finaliser la mise en place d’“Oradour. Histoire, Vigilance et Réconciliation”.

On passe au vote : Pour : 183, contre et abstention : 0. Le rapport moral est adopté.

Philippe Pommier, trésorier expose le  rapport financier, après avoir remercié Henri Malinvaud.
Les recettes comprennent
Ÿ les cotisations pour un montant total de 13 837,50€ (855 adhérents à 10€ = 8 550,00€ plus les dons d’un montant de     5 287,50€,
Ÿ la vente des brochures “Les Ombres d’Oradour” pour un montant de 3 478,00€ (407 brochures = 3 256,00€ plus dons de 222,00€),
Ÿ les intérêts du livret A : 114,78€.
Les dépenses  se répartissent selon les postes suivants :
Ÿ inscription au Journal Officiel ;
Ÿ versements à l’huissier ;
Ÿ versement pour frais à Me Thouin-Palat ;
Ÿ édition et l’impression de la brochure “Les Ombres d’Oradour” ;
Ÿ frais de correspondance ;
Ÿ assurance auprès de la Matmut ;
Ÿ frais d’événement : déplacement à l’institut Goethe, droits INA  et location salle à la BFM de Limoges, accueil de Me Thouin-Palat (déplacement, hébergement, restaurant), AG (boissons, fournitures) ;
Ÿ divers : achat d’une brochure des Chemins de la Mémoire ; bons de soutien ANACR.
Le montant total est de 7 295,36€

Le compte des résultats fait apparaître un solde créditeur de  10 134,92€

Claude Bérody, en accord avec Jean-Luc Bayard excusé, informe que toutes les pièces comptables ont été mises à leur disposition. “Nous sommes en mesure d’affirmer que les comptes de “Justice pour Robert Hébras” pour la période du 13 octobre 2012 au 28 février 2014 sont corrects. En conséquence, nous vous proposons, Monsieur  Bayard et moi, d’approuver ces comptes tels qu’ils vous sont présentés par le trésorier”.

Approbation à l’unanimité du rapport financier.
Les statuts et le règlement intérieur de la nouvelle association, ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation joints à la convocation de l’AG sont présentés. Suite à une pertinente suggestion, le bureau propose une modification : à l’article 2 remplacer le terme vérité, “défendre la vérité historique” par le terme “exactitude”.

Le montant de la cotisation est maintenu à 10 Euros.
Pour : 181. Contre : 1. Abstention : 1.

Élection aux postes soumis à renouvellement annuel :
Claude Bérody est réélu vérificateur aux comptes à l’unanimité.
Election du tiers du Conseil d’Administration : 4 postes à pourvoir ; Edith Guiot ne se représente pas. 7 candidats se sont fait connaître. Le vote a lieu à bulletins secrets.

Pendant le dépouillement, un débat est ouvert où Michel Botella rappelle la nécessité de conserver les pierres et le souvenir d’Oradour, via un classement au patrimoine mondial de l’UNESCO ; à  propos de la conservation des ruines, Monsieur le Maire précise qu’au cours d’une réunion à la DRAC le mois dernier, l’engagement de l’État a été confirmé. Claude Bureau évoque la question des “malgré nous”, il lui est répondu que le dernier mot du nom de l’association est “Réconciliation”.  Anne Marie Montaudon lit un large extrait du texte de Mason Norton. Ce dernier, à propos des négationnistes s’interroge sur le type d’action à mener concernant entre autres les réseaux sociaux. Philip Gaffet pense que la façon la plus efficace de les combattre est de les ignorer ; ne pas consulter leurs sites, ne pas leur fournir l’occasion d’une tribune où ils pourraient s’exprimer. Alain Charbonnier insiste sur la nécessité d’un travail de communication et de pédagogie auprès des jeunes générations. Il propose sa participation à un groupe de travail pour approfondir cette réflexion.

Le docteur Guy Lacorre souhaite que l’on soit informé des décès des adhérents de l’association.

 Robert Hébras intervient pour spécifier que l’association continue, avec son accord, “le travail que nous avons fait et faisons, auprès des jeunes et des moins jeunes avec ma camarade Camille Senon ici présente. Nous allons disparaître, l’association est là pour prolonger notre œuvre”.
Il renouvelle ses remerciements à Monsieur le Maire d’Oradour, aux membres du bureau et à tous les adhérents.

 Résultats du vote : 176 votants
Sont élus : Sandra Combeau (162 voix), François Thomas (154 voix),  Anne-Marie Montaudon (150 voix), Odile Danthieux (118 voix).
Ont obtenu : Marie-Claude Briend :73 voix ; Jordy Peix : 31 voix et Alain Couegnas : 18 voix.

 La présidente présente les actions programmées pour 2014 :
Ÿ 18 et 19 mars, à l’initiative de Michael Faugeroux, membre de l’association et professeur au lycée français de Munich projection du film documentaire “Le droit à la mémoire” à l’université et au lycée suivie d’un débat.
Ÿ14 juin au Ciné-Bourse de Saint-Junien projection du film de Marc Desoutter “Oradour les voix intérieures”, en présence  du réalisateur et du producteur Jean-Pierre Dusséaux.
Nous envisageons d’organiser une table ronde avec le procureur italien Marco de Paolis et des juristes français.

À 17 heures la présidente déclare l’Assemblée générale terminée.

Le CA se réunit pour l’élection du bureau.
Sont élus à l’unanimité des membres présents du Conseil d’Administration :
Présidente : Bernadette Malinvaud. Vice-présidente : Sylvie Codecco. Secrétaire : Philippe Grandcoing. Secrétaire-Adjoint : Vincent Brousse. Trésorier : Philippe Pommier. Trésorier-Adjoint : Henri Malinvaud.

Adhérents de JPRH décédés : Marie-Amélie Milor, Georges Coly, Jean-Claude Gasteix, Jean Gavinet, Michel Grany, Guy Lépinay.

 
Le secrétaire : Vincent Brousse

Assemblée Générale Extraordinaire « Justice pour Robert Hébras » du 24 novembre 2013

AG_24-11-2013004Compte-rendu de l’AG extraordinaire de l’association
« Justice Pour Robert Hébras » du 24 novembre 2013

 

Dûment convoquée, l’A.G. débute à 15h15. 129 adhérents à jour de cotisation, sur 860 sont présents et ont émargé. Plus de 80 se sont excusés.
B.Malinvaud, présidente, ouvre l’A.G., excuse plusieurs adhérents empêchés, dont les maires d’Oradour & de Saint-Junien. Lesquels sont représentés par un autre élu

.
AG_24-11-2013010R.Hébras, remercie les adhérents de J.P.R.H, et ses deux avocats, grâce à qui il a pu supporter « le calvaire que j’ai subi, pendant 4 ans, grâce à vous tous. » Il demande une minute de silence pour les 642 victimes du massacre et réitère sa volonté de témoigner en leurs noms « aussi longtemps qu’il sera en vie. »
Après la minute de silence, observée par toute la salle, debout, B.Malinvaud remercie l’assistance pour sa solidarité, sa générosité. 860 adhérents, dont beaucoup d’excusés ne pouvant être là. Ce grand élan de solidarité provient de tous les horizons sociaux, professionnels, confessionnels, régionaux. Y compris d’Allemagne et du Royaume-Uni. L’article 2 de l’association a été ainsi pleinement atteint. L’arrêt de la Cour de Cassation du 16 octobre 2013 a lavé Robert Hébras de tout soupçon.

AG_24-11-2013013Me Françoise Thouin-Palat, avocate de R.Hébras auprès de la Cour de Cassation, commence par féliciter Me Philip Gaffet, pour son travail en amont. Car on ne peut présenter des éléments ou des faits nouveaux en Cassation. Si le dossier n’avait pas été solide, la décision de la Cour n’aurait pas pu être aussi nette. A savoir, sans renvoi en Appel, et avec ordonnance de publication. La décision concernant R.H va donc être publiée et fera date dans l’Histoire de la Justice. Il va rester dans les annales. C’est en s’appuyant sur l’article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, à savoir « la liberté de jouir de la liberté d’expression quasi totale » que la Cour a rendu son arrêt. Concernant le litige, à savoir est-ce que R.H a excédé la liberté d’expression ?; la Cour a répondu par la négative. C’est bien une question historique légitime qui a été l’objet de cette polémique.
Le fait que la Cour ait cassé sans renvoi, phénomène extrêmement rare, témoigne de la force de cette décision. C’est l’enseignement le plus extraordinaire que nous pouvons en tirer.
La salle est invitée à poser des questions. Une seule en émane, concernant la composition de la Chambre de la Cour. Me Thouin-Palat indique qu’elle était composée de 15 membres.
B.Malinvaud, fait un bilan succinct des activités de l’association, précisant que les deux films de M.Wilmart réalisés en 1988 ont été projetés à la BFM, en juin & octobre 2013, avec chaque fois une salle pleine à craquer.
La brochure co-écrite par I.Frandon & M.Niguès, adhérentes de J.P.R.H. et vendue au profit de cette association, a été d’ores et déjà vendue à 350 exemplaires.
Des projets de projection d’un autre film sur Oradour est prévue au Ciné-Bourse de Saint-Junien, en 2014. De même que la projection à Munich du film réalisé par M.Faugeroux, adhérent lui-aussi de J.P.R.H. Des représentants de l’association se rendront, accompagnés de R.H. à Munich, pour participer à une conférence à la mairie & à l’Université de Munich.
P.Pommier, trésorier, après avoir remercié H.Malinvaud trésorier-adjoint, présente des comptes, reflets de la solidarité extraordinaire des adhérents. 14 000* euros de cotisations, dont 1/3 accompagnés de dons. 3 200* euros de ventes de brochures. Ce qui a garanti l’indépendance de l’association. 2 000* euros avaient été versés aux parties adverses, ils vont être remboursés à J.P.R.H. Les frais de courrier se montent à 1900* euros.
* tous ces chiffres sont arrondis, ils seront présentés très précisément lors de l’AG ordinaire de janvier 2014.

AG_24-11-2013015Le CA de J.P.R.H. s’étant réuni et ayant décidé à l’unanimité de pérenniser l’association, P.Grandcoing, secrétaire-adjoint présente le projet :
L’arrêt de la Cour de Cassation du 16 octobre dernier casse et annule sans renvoi l’arrêt rendu le 14 septembre 2012 par la Cour d’appel de Colmar. L’association, créée en octobre 2012 pour soutenir et aider Robert Hébras, a donc atteint l’objectif qu’elle s’était fixé : la bonne foi de Robert Hébras est reconnue. La mémoire des victimes d’Oradour est respectée.
Elle pourrait donc se dissoudre. Toutefois, considérant que le procès fait à Robert Hébras ne constitue hélas pas un fait unique et exceptionnel mais qu’il est à craindre que le drame d’Oradour soit de nouveau objet de polémiques. Considérant également que le débat historique au sujet des événements du 10 juin 1944 est non seulement légitime mais souhaitable ainsi que le reconnaît implicitement l’arrêt de la Cour de Cassation, mais qu’il ne doit pas être le prétexte à défendre telle ou telle cause au mépris de la vérité des faits, considérant enfin que le procès fait à Robert Hébras montre combien son message fondé sur la double exigence de la mémoire et de la réconciliation n’est toujours pas compris ou entendu par certains
le conseil d’administration propose de poursuivre l’action de l’association après en avoir modifié les buts et la dénomination. Elle pourrait se nommer par exemple :
“Oradour, Histoire, Vigilance et Réconciliation”
Ses buts seraient de perpétuer l’engagement de Robert Hébras et de tous ceux qui ont œuvré pour que ne soit pas altérée la vérité du drame du 10 juin 1944 mais aussi pour que cette défense de la vérité historique serve à la compréhension des mécanismes qui peuvent mener à de tels crimes, non pour perpétuer haines et rancœurs, mais pour construire un dialogue apaisé entre les hommes et les peuples.
L’association n’entend nullement se substituer aux structures déjà existantes (Association Nationales des familles de martyrs d’Oradour-sur-Glane, CMO) mais elle se propose d’apporter une autre dimension par rapport à l’action de ces structures : diffuser en tous lieux et sous toutes les formes possibles le souvenir d’Oradour et le message de vérité et de réconciliation qui donne sens à la mémoire de l’événement.
A ces fins, elle se propose de contribuer à toute manifestation ou production (conférences, colloques, expositions, voyages, concours, publications écrites et audiovisuelles…) correspondant aux buts définis ci-dessus.
La parole est donnée à la salle, Alain Charbonnier, professeur d’Histoire approuve chaudement le fait que l’association se poursuive. Il insiste sur la nécessité de « s’adresser aux jeunes générations, aux élèves de toutes les régions. Il s’agit d’être des passeurs de mémoire, en lien avec le CMO. » M. Botella qui dit avoir beaucoup discuté avec M. Frugier, évoque la nécessité de classer le village martyr comme bien mondial de l’UNESCO. « Notre association pourrait être un levier pour classer au titre mondial les ruines d’Oradour-sur-Glane. » Une dame sans s’identifier demande s’il ne serait pas mieux de dissoudre J.P.R.H et de créer une nouvelle association.
P.Grandcoing répond par l’avantage de s’appuyer sur l’existant, démontrant la simplicité administrative que ce choix justifie, entre autres raisons…

AG_24-11-2013017Mason Norton, historien britannique du Edge Hill University intervient ensuite :
« Enfin, la justice française a été juste pour Oradour. La Cour de Cassation a débouté les associations malgré-nous lors de son jugement à Paris le 16 octobre. Les témoins et les historiens ont maintenant le droit de douter, un droit important pour tous. Le programme du Conseil National de la Résistance qui est peut-être la constitution morale de la France tandis que celle de 1958 est sa constitution politique, a prévu la garantie de la liberté d’expression- cette garantie a été renforcée par ce jugement.
Evidemment, celle-ci est l’heure pour, si le mot est apte, la félicitation. Le peuple limousin a toujours marché contre le vent, que ce soit dans l’agriculture pour survivre sur une terre peu favorable aux cultures, ou que ce soit contre les tyrannies économiques (comme au 19e siècle et au début du 20e- cf. les grèves du 1905) ou politiques (les politiques qui menaient la première guerre mondiale, la fédération haut-viennoise SFIO étant la première de l’opposer, et aussi, bien sûr, les terreurs du nazisme et du vichysme). La lutte pour obtenir la justice pour Robert Hébras est la preuve vivante encore que la résistance du peuple limousin existe encore au 21e siècle, et qu’une partie de l’identité régionale existe encore malgré les forces et pressions de la mondialisation. Et ici j’exprime, dans la certitude que mes collègues dans l’association J P. R H. vont me rejoindre, mes remerciements les plus sincères aux fondateurs de l’association, B et H Malinvaud, M. Wilmart, P. Grandcoing, V. Brousse, S. Codecco, P. Pommier et tous ceux qui ont rejoint l’association au cours des treize mois d’incertitude, et leurs efforts, mais aussi, il faut reconnaître la dignité et le courage que Robert Hébras a montré et a tenu pendant l’affaire.
Je voudrais aussi exprimer ici l’espoir que les soutiens des malgré-nous reconnaissent aujourd’hui que cette triste affaire, en rouvrant la guerre franco-française, ne fait qu’une chose- donner la victoire à ce syndrome de Vichy, cette maladie du passé. Je suis sûr que les enquêtes menées par le parquet de Dortmund vont bientôt montrer que la plupart des alsaciens étaient des incorporés de force- quelque chose que personne ici en Limousin n’a jamais nié. Oradour, c’est une tragédie humaine, pas une tragédie limousine ou alsacienne. Espérons tous que cette enquête en Allemagne apportera enfin une vraie justice pour tous. A moins que les ADEIF décident de poursuivre ce cas devant la cour européenne des droits humains à Strasbourg, l’affaire est donc terminée. Mais en tant qu’historien, je connais, si je ne connais rien d’autre sur l’Histoire, que les expériences sont utiles uniquement si on tire les leçons qu’elles peuvent nous enseigner. Aujourd’hui, il faut en tirer.
Premièrement, il faut suivre l’exemple de Robert Hébras, et arrêtons la victimisation dans l’histoire. Une maître de conférences en littérature et civilisation française à l’université de Leicester qui travaille sur les violences sexuelles faites contre les femmes, Nicole Fayard, s’insurgeait récemment contre le terme ‘victimes des abus sexuels’, demandant que le terme ‘survivants des abus sexuels’ soit utilisé. Pourquoi? Parce que pour elle, le mot ‘victime’ entraîne une mentalité fatale, soi-destructrice. Donc, les 642 tués à Oradour sont des victimes, les enfants juifs déportés sans retour de Châteauneuf-la-Forêt en avril 1944 sont des victimes, les résistants tués au combat au Mont Gargan ou déportés sans retour ou fusillés sont des victimes. Mais Robert Hébras est un survivant, qui témoigne contre les terreurs du nazisme. Chaque visite guidée des ruines qu’il fait, fait de la résistance, montre sa survie, nie la victoire allemande. Thérèse Menot, par son courage, par son témoignage, a montré qu’elle n’était plus victime, mais une survivante. Louis Gendillou a subi les tortures les plus atroces du régime pétainiste, qui voulait le rendre muet- mais par son action, son désir de combattre, continue de témoigner et de se battre contre les terreurs du fascisme, devenant un survivant. Est-ce que par être victime que Camille Senon pouvait trouver le courage de prendre la parole à Cologne en 1976 ? Non, c’est par être survivante, déterminée de réconcilier la France et l’Allemagne, de témoigner de l’horreur d’Oradour. Je peux continuer ad infinitum- surtout quand on pense des siens des anciens résistants, beaucoup trop nombreux pour les tous citer ici.
Deuxièmement, il nous reste encore un grand travail à faire, mais cela doit réunir les historiens du Limousin et de l’Alsace. Le jour de la disculpation judiciaire de Robert Hébras, j’ai cherché sur You Tube pour la vidéo contenant sa réaction. En effet, j’ai trouvé le nom de site- c’était sur Dailymotion- mais ayant tapé Robert Hébras pour mes termes de recherche, qu’est-ce que je trouve sur la première page des résultats ? Une vidéo dont le titre est Oradour : Reynouard interpelle le survivant Hébras. Inutile de vous dire que le créateur de cette vidéo, qui dure 23 minutes et me donne la nausée au fond de mon ventre est Vincent Reynouard, négationniste notoire. Ayant enseigné dans un lycée en France, j’ai pu constater que beaucoup de lycéens, et collégiens, utilisent des sites comme You Tube pour leurs devoirs. L’idée que des élèves peuvent tomber sur quelque chose comme ça, et qu’ils peuvent penser que cela est vrai, est une idée qui doit nous inquiéter tous. Pour ma génération d’historiens (avant qu’on me pose la question, j’ai 26 ans), pour qui l’introduction à la politique française a été le 21 avril (2002), et pour ceux d’entre nous qui peuvent se souvenir de la menace de l’Algérie française et l’OAS, et qui voyons aujourd’hui le vieux spectre de l’extrême-droite remonter comme Banquo (allusion à Macbeth de W.Sh.) à la fête, cela est choquant, qu’une organisation des médias mondiaux peut avoir une telle vidéo si disponible, si accessible aux jeunes impressionnables. Au moins quand ils étaient invités chez TF1 et Dechavanne, il y avait quelqu’un pour les contredire ! Il faut, donc, qu’on combatte ce vieux fantôme, celui du nazisme, du fascisme et de l’intolérance et que l’on combatte ensemble, limougeauds et alsaciens, français et françaises, humains et humaines. Sinon, on risque de perdre la prochaine bataille.
Finalement, s’il y a des travaux à faire, il faut qu’on les fasse ensemble. L’association J.P.R.H. a vu les gens de toutes origines sociales, de toute école et appartenance historique, philosophique et politique. La pétition en ligne est signée par des gens appartenant aux professions beaucoup trop nombreuses pour les tous citer ici. Cette association, cette cause, nous a montré que l’histoire est importante pour nous tous. L’histoire n’est pas le privilège des universitaires, dont certains (ici je cite l’Américain John Merriman) croient que la dernière révolution en Limousin était 1905. Ce constat condamne la Résistance, par exemple, à l’oubli, contre laquelle G. Perlier s’exprimait récemment avec un article dans la presse limousine. L’histoire, avec les langues vivantes, la philosophie et la littérature, est la plus démocratique des disciplines. Dans cet esprit, avec l’approche du 70e anniversaire de la Libération l’année prochaine, il faudra que les passionnés de l’histoire contemporaine en Limousin se joignent ensemble- peu importe s’ils sont des acteurs, des journalistes, des universitaires, des amateurs compétents, des enseignants du second degré- pour écrire l’histoire accessible du temps présent en Limousin, pour le Limousin.
L’heure de l’écriture est arrivée. Écrivons-la ensemble pour empêcher l’oubli, le malentendu, la fausse représentation, et la fausse philosophie de l’extrême-droite. Et surtout, si on prône la réconciliation, entre le Limousin et l’Alsace, entre la France et l’Allemagne, souvenons aussi, voire surtout, des mots célèbres du poète gallois Dylan Thomas : « Do not go gentle into that good night/Rage, rage against the dying of the light » 1.
Jean-Pierre Juillard, demande si en cas de renouvellement de l’Association, elle ne devrait pas, selon lui, rester dans des limites précises, et travailler davantage sur « les mots », évoquant « le risque d’un vocabulaire qui se détraque. S’agissant d’aller dans le sens d’une réconciliation entre Mémoire, Histoire et Récit, il envisagerait plutôt un travail lié au vocabulaire plutôt que sur des problèmes strictement matériels. Pour lui, le sujet des Ruines ne doit pas être central. P.Grandcoing s’interroge sur la nécessité d’une rencontre entre historiens du Limousin & de l’Alsace, pour que 2 régions aux expériences historiques très différentes puissent enfin dialoguer. Il n’y a plus une histoire commune, on n’arrive pas à construire un dialogue, une réalité acceptée par tous.

AG_24-11-2013001A une question portant sur l’existence ou non d’une passerelle avec l’A.N.A.C.R.,
B.Malinvaud répond que cette dernière a déjà soutenu l’action de notre association tant à l’échelle régionale qu’à l’échelle nationale et que même si, pour l’heure il n’existe pas de passerelle à proprement dit, rien n’empêche qu’il y en ait une. Est évoquée la rencontre de Bordeaux du jeudi 21 novembre où Robert Hébras a rencontré un survivant du massacre de Sant’Anna di Stazzema du 12 août 1944.
À une question portant sur l’importance du Procès de Bordeaux en 1953, Philip Gaffet, répond : Cela pose deux questions: un soldat peut-il refuser un ordre ? Et le problème de la qualification du crime du 10 juin 1944 (crime de guerre/crime contre l’humanité ?). Selon lui, et après cette rencontre avec ce procureur italien, à Bordeaux, qui poursuit encore des criminels nazis, on pourrait envisager de changer la qualification du crime commis à Oradour. Mais il s’agit là pour lui d’une réflexion citoyenne et non du juriste qu’il représente. P.Pommier précise qu’en effet un travail d’Histoire doit continuer de se faire, puisque nous ne sommes plus dans le même contexte et que, de plus, nous bénéficions d’un recul temporel.
Nous procédons au vote: Inscrits & votants : 129. Pour la transformation de l’association 114. Pour la dissolution 15.
Le secrétaire V.Brousse
______________
1‘N’entre pas apaisé dans cette bonne nuit/ Mais rage, rage encore lorsque meurt la lumière.’(Traduction par Lionel-Édouard Martin).

Projection Film le 9 octobre 2013

Association Justice pour Robert Hébras

en partenariat avec l’INA

Projection du film* :

Oradour

Aujourd’hui la Mémoire

réalisé par Michel Follin et Marc Wilmart (1988)

Mecredi 9 octobre à 18h30

salle de conférences de la BFM de Limoges

En présence de Robert Hébras, survivant du massacre du

10 juin 1944 et de Marc Wilmart

                                      Entrée libre

 INAlogo Justice pour Rrobert Hebras doc

 

 

 

http://www.soutienhebras.fr

*1ère partie : “Les Voix de la Douleur”, projetée le 18-06-2013

Diffusion Les Ombres d’Oradour

Couv-OmbresHM4

Émues par la condamnation frappant Robert Hébras, Isabelle Frandon et Monique Niguès, ont écrit, en hommage, un texte accompagné de photographies.

  Elles ont souhaité l’offrir à l’association, qui a décidé de l’éditer, sous la forme d’un ouvrage, afin que leur démarche soit connue du plus grand nombre.

Les Ombres d’Oradour qui paraît aujourd’hui est vendu au prix de 8€. Le profit de cette vente est intégralement destiné au soutien de l’action et à la défense de Robert Hébras.

           Le bureau de “ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation”

 

ciseaux…………………………………………………………………………………………………………….

 

LOGO NOIR docBon de Commande Les Ombres d’Oradour

 à association

“ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation

 3 impasse des Genêts 87170 Isle

 

 

Nom :         …………………………………………
Prénom :     ………………………………………….
Adresse :  …………………………………………………………………………………………………………………………
Je souhaite acquérir ……..exemplaire(s) de l’ouvrage Les ombres d’Oradour au prix unitaire de 8€ (port gratuit) et je joins mon règlement par chèque de …………€ à l’ordre de l’association “ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation”

Fait à : …………………….

Le : …………………….

                                                                                         Signature

Assemblée Générale « Justice pour Robert Hébras » du 12 janvier 2013

agrh_12_01_2013_0151 Assemblée générale de l’association
 « Justice pour Robert Hébras” du 12 janvier 2013

 

330 participants ou représentés sur 490 adhérents. Début à 14h 55

Ÿ Accueil des participants par M. Raymond Frugier, maire d’Oradour.
Intervention dans laquelle il salue la nombreuse participation à l’assemblée qui apporte un soutien “mérité et légitime” à Robert Hébras.
Il exprime aussi le souhait que rien ne mette en cause le rapprochement entre Oradour et l’Alsace, les relations entre l’Alsace et le Limousin.

Ÿ Ouverture de l’Assemblée par Mme Bernadette Malinvaud, présidente.
Rappel de la chronologie des événements qui ont mené à la création de l’association depuis l’annonce de la condamnation, par la presse, le 15 septembre 2012 et d’abord la rédaction d’une pétition par Philippe Pommier, Vincent Brousse, Bernadette Malinvaud, Marc Wilmart
Présentation de cette pétition à la presse le 20 septembre, collecte des premières signatures et constitution d’un comité de soutien.
Création de l’association en octobre 2012 (dépôt des statuts le 2, publication au JO le 13). Envoi d’une lettre à la presse locale, nationale mais aussi aux élus, à des membres du gouvernement et au Président de la République (lecture d’une partie de la réponse de ce dernier).
Dans son intervention, la présidente précise les motivations des fondateurs de l’association et les objectifs assignés : soutien moral primordial, ensuite aide financière.
L’intervention se termine par le rappel de l’action de Mr Robert Hébras et des circonstances qui ont débouché sur la condamnation.
La présidente exprime le vœu d’un pourvoi en cassation pour “rétablir la dignité du témoin”.

Ÿ Présentation du contexte historique par M. Philippe Pommier
Philippe Pommier intervient pour regretter l’instrumentalisation de l’histoire dans l’arrêt de la cour de Colmar, au risque de réveiller un conflit de mémoires, dont notre association veut se garder. La mise en cause de R. Hébras par les associations plaignantes et par les juges revient à opposer des victimes : les accusés des procès de Bordeaux victimisés, les victimes du crime d’Oradour minimisées ; cela contraint à faire deux rappels historiques à propos des expressions reprochées à Robert Hébras, lorsqu’il évoque les accusés du procès de Bordeaux, il y a soixante ans. (Voir Annexe)

Ÿ Intervention de M. Robert Hébras
Présentation d’une chronologie de l’affaire et d’abord rappel que le livre, “10 juin 1944 Oradour- sur- Glane le Drame Heure par Heure”, a été écrit en 1992 (citation du paragraphe contesté). A l’ouverture du Centre de la Mémoire, intervention d’associations d’incorporés de force, sans suite. En 2004, Robert Hébras, dans un esprit de conciliation, retire les expressions litigieuses.
En 2008, lors d’une réédition, une erreur de l’éditeur réintroduit la version contestée, et cela à l’insu de son auteur qui, lorsqu’il la découvre, prévient l’éditeur. Ce dernier tarde à retirer l’ouvrage de la vente. Il s’ensuit le dépôt de plainte par les ADEIF, le procès devant le TGI de Strasbourg qui les déboute (octobre 2010) et leur appel devant la Cour de Colmar qui rend son arrêt le 14 septembre 2012.
Remerciements de Robert Hébras qui estime que sa condamnation se répercute sur les victimes qui pour la deuxième fois en soixante-ans sont ignorées.
Annonce du pourvoi en cassation.

Ÿ Présentation des caractères juridiques de l’affaire par Me Philip Gaffet.
Il s’agit d’une infraction en matière civile et d’une affaire d’édition. Les associations d’incorporés de force se plaignent d’un préjudice moral du fait du contenu d’un ouvrage acheté en Alsace (d’où la compétence du tribunal de Strasbourg) et demandent une réparation symbolique.
Ce sont des propos qui sont mis en cause : or en France et en Europe existe le principe de la liberté d’expression. Il y a donc contradiction.
Il y a eu volonté manifeste de ces associations de ne plus transiger et d’instrumentaliser la justice face à un accusé “de bonne foi” et un éditeur qui ne conteste pas l’erreur.
Conviction que le pourvoi doit aboutir et que le dépaysement sera assuré afin d’avoir un regard neutre.

Ÿ Prises de parole.
Mme Bernadette Bernard, d’Oradour-sur-Glane s’adresse à l’assemblée pour rendre hommage à Robert Hébras. Il serait souhaitable que l’on fasse connaître, au plan national, ce drame humain. Elle demande que les historiens, les cinéastes s’intéressent aux hommes et femmes qui luttent pour la paix et la justice.

Ÿ M. Marcel Darthout rappelle son itinéraire de jeunesse, l’épreuve partagée avec Robert Hébras, et sa perception des déplacés alsaciens présents en 1939 et 1940.

Ÿ M. Gérard Viollet, au nom de l’ANACR soutient la démarche engagée par Mr Robert Hébras . Il estime qu’en Alsace certains font du zèle et qu’il s’agit de défendre l’honneur d’un homme.

Une question est posée concernant les réactions de l’éditeur. Maître Gaffet indique que l’éditeur est en redressement judiciaire. Il n’est pas autonome financièrement : c’est l’administrateur provisoire qui gère ses comptes.
Robert Hébras annonce que “sa voiture est gagée” depuis le 18 décembre 2012.

M. Michel Kiener évoque les sentiments exprimés par les déplacés alsaciens à leur arrivée en Limousin au début de la Seconde guerre.
Exprime son profond respect pour Mr Robert Hébras capable de ne pas céder à la rancœur et de passer à autre chose sans jamais oublier.
Formule le vœu que les associations de “malgré nous » reconnaissent qu’elles se sont trompées en accusant un “juste”.

Ÿ M. François Thomas, président de la Société des Membres de la Légion d’Honneur 87, insiste sur la nécessité de propager nos messages vers les plus jeunes afin que le souvenir de ce massacre soit transmis à ceux qui ne l’ont pas vécu.

Ÿ Vote de résolutions proposées par la présidente.
▪ Accord sur l’action menée et son renouvellement si la procédure dure plus d’un an (à l’unanimité).
▪ Accord pour agir devant la Cour européenne des droits de l’Homme si recours refusé (à l’unanimité) – précisions apportées par Maître Philip Gaffet.

Ÿ Constitution du Conseil d’administration.
Appel à candidatures :
6 noms proposés : Danthieux Odile, Desseix Palmira, Fourgnaud Claudine, Grandcoing Philippe, Malinvaud Henri et Montaudon Anne-Marie.
3 candidatures déclarées : Combeau Sandra, Guiot Edith et Thomas François
Le vote a eu lieu à bulletins secrets : tous les candidats sont élus

Ÿ Intervention de M. Marc Wilmart.
▪ Rappelle le tournage du film Oradour en 1987-1988 et évoque le souvenir de certains témoins, aujourd’hui disparus, ou encore vivants, qui apparaissent dans le film et à qui il rend hommage.
▪ Rappelle la signification de la permanence du site mais aussi celle de l’amnistie.
▪ S’attache à dégager le sens de la condamnation de Colmar : “68 ans plus tard, s’appuyer sur la loi pour faire condamner une victime est inqualifiable. Que se passe-t-il dans le mental de ceux qui font condamner un survivant d’Oradour ?”.
▪ S’interroge sur les comportements – en particulier sur l’obéissance – dans le cadre d’autres guerres, en particulier coloniales.
▪ S’interroge sur les motivations des plaignants.
▪ Dégage la signification essentielle de l’association : défendre une victime.
▪ Considère que “le traitement subi par Robert Hébras est une injure aux 642 victimes”.
Insiste sur la nécessité d’une mobilisation des réseaux personnels, de faire en sorte que l’argent ne soit pas une contrainte. (Voir Annexe)

A 17 heures, la présidente déclare l’Assemblée générale terminée et demande aux élus de bien vouloir rester pour un bref Conseil d’Administration dont le but est sa mise en place.

Composition du Conseil d’Administration :
Le bureau :
Présidente : Malinvaud Bernadette
Vice-président : Wilmart Marc
Secrétaire : Brousse Vincent
Secrétaire adjoint : Grandcoing Philippe
Trésorier : Pommier Philippe
Trésorier adjoint : Malinvaud Henri

Les membres du CA :
Combeau Sandra
Danthieux Odile
Desseix Palmira
Fourgnaud Claudine
Guiot Edith
Montaudon Anne-Marie
Thomas François

Les secrétaires de séance : La Présidente :
Bernard Pommaret Bernadette Malinvaud
Henri Malinvaud

 

Annexe 1 : synthèse de l’intervention de Philippe Pommier

Du 12 janvier au 13 février 1953, un procès attendu, douloureux et décevant : le tribunal militaire de Bordeaux, où les survivants ont porté des témoignages bouleversants, mais n’ont pu se porter parties civiles, n’a jugé que des accusés de rang subalterne : 21 “lampistes”, dont 14 Alsaciens, sur 66 survivants de la compagnie de Waffen-SS, tous les officiers supérieurs ayant soit disparu, soit échappé aux recherches ou à l’extradition. Au cours des audiences, les familles d’Oradour ont été exaspérées par la passivité, l’amnésie et les contradictions d’accusés évasifs sur leur enrôlement, à peine effleurés par le remords. Le verdict (deux condamnations à mort, dont une pour le sergent alsacien engagé volontaire et des peines de prison ou de travaux forcés de 5 à 8 ans pour les 13 autres Alsaciens) a provoqué une profonde déchirure : d’abord, une réaction outragée en Alsace, où se multiplient protestations et pressions sur le gouvernement et le Parlement ; puis en Limousin le ressentiment après l’amnistie du 20 février perçue comme un déni de justice et “une insulte aux martyrs” : Oradour se replia dans sa douleur et son amertume, refusant longtemps les honneurs des représentants de l’Etat.

Ce procès intervenait dans un contexte d’amnistie des collaborateurs (lois de 1951 et 1953), défavorable à l’héritage de la Libération, dans un climat de guerre froide, avec pour adversaire de l’opinion dominante non plus le fascisme déchu, mais la menace soviétique, un climat de division à propos du réarmement allemand, dans le débat sur la Communauté européenne de défense, enfin dans la perspective d’élections municipales disputées (26 avril-3 mai 1953).

L’incorporation de force, invoquée par les défenseurs à Bordeaux et les ADEIF (Associations Des Evadés et Incorporés de Force) alsaciennes, est un fait incontestable, qui n’exonère pas les exécutants de leur participation au crime inouï d’Oradour.

Elle s’intégrait dans l’annexion de l’Alsace-Moselle par Hitler, au mépris des clauses de l’armistice du 22 juin 1940, dans la politique nazie de germanisation de la population et d’embrigadement de la jeunesse (Jeunesse hitlérienne, Service du travail du Reich). Elle fut précédée d’un recrutement de volontaires (sans grand succès : 2 100 avant l’été 1942). Elle fut imposée en Alsace par l’ordonnance du Gauleiter Robert Wagner le 25 août 1942, et étendue lorsque les réserves vinrent à manquer, y compris dans la Waffen-SS, qui n’avait plus assez de volontaires. Dix des accusés alsaciens sont de la classe 1926. La répression subie ou redoutée, les représailles envers les familles, la “rééducation” dans le camp de Schirmeck dissuadaient de tenter l’insoumission. Recrues réputées peu sûres, les “malgré nous” furent d’abord envoyés sur le front russe ; un tiers des 130 000 Alsaciens et Mosellans n’est pas revenu ; faits prisonniers, ils ont subi les dures conditions des camps soviétiques (ex. Tambow). Engagés dans les opérations à l’ouest, en 1944, les incorporés de force n’ont pu ni su désobéir aux ordres drastiques d’un commandement aux abois.
Le doute émis dans son texte par Robert Hébras, – qu’il a levé volontiers – ne portait que sur les Waffen-SS impliqués à Oradour et n’était pas du tout la négation de l’incorporation forcée en général. Quant à ceux qui s’érigent en représentants des victimes de cette incorporation, honorent-ils leur cause en s’acharnant contre une des victimes du 10 juin 1944 ?

Cette vindicte va à rebours des gestes de réconciliation initiés par les municipalités du Dr Lapuelle, en 1994, et de Raymond Frugier, en 1997, assumés lors des visites d’élus alsaciens en 1998 (Roland Ries, maire de Strasbourg) et en 2004 (Adrien Zeller, président de la région Alsace, envisagea une “demande de pardon” dans le Monde du 9 juin 2004). Le président Chirac a célébré “une mémoire réconciliée”, lors de l’inauguration du Centre de la mémoire en 1999, un lieu au service d’un idéal de paix, “sans le voile de l’oubli” (selon Catherine Trautmann, alors ministre de la Culture).

Entre Limousin et Alsace, une exigence de compassion et de compréhension mutuelles s’impose. En modifiant sa brochure, Robert Hébras y a répondu ; son effort et sa bonne foi doivent être reconnus.

Quelques références pour en savoir plus :
Découvrir le Centre de la Mémoire. Oradour-sur-Glane, par Bernadette Malinvaud et Pascal Plas, CRDP du Limousin, 2000
« L’historien face au massacre : écrire l’histoire d’Oradour », par Dominique Danthieux, in Limousin, terre d’historiens, Pulim 2012.
« Le procès d’Oradour », par Jean-Pierre Rioux, L’Histoire n° 64, février 1984.
Procès d’après-guerre, par Jean-Marc Théolleyre, La Découverte-Le Monde, 1985.
Oradour. Arrêt sur mémoire, par Sarah Farmer,.Calmann-Lévy, 1994, rééd. Perrin-Tempus, 2007.
Oradour. La politique et la justice, par Jean-Jacques Fouché, Editions Lucien Souny, 2004.
« Les incorporés de force alsaciens. Déni, convocation et provocation de la mémoire », par Freddy Raphaël et Geneviève Herberich-Marx, Vingtième siècle 6-1985;
Les Malgré-nous : histoire de l’incorporation de force des Alsaciens-Mosellans dans l’armée allemande, par Eugène Riedweg, Editions du Rhin, 1995.
« De la Wehrmacht aux camps soviétiques. La tragédie des « malgré nous », par Gaël Mouellec, L’Histoire n° 255, juin 2001

Annexe 2 : Extrait de l’intervention de Marc Wilmart

(…) En 1988, lors de la préparation du film Oradour – Les Voix de la douleur et Aujourd’hui la mémoire,* nous étions surtout intéressés par l’effet du traumatisme, comment des décennies plus tard il se traduisait dans le quotidien, quelles traces indélébiles il laissait, à commencer par la conservation du village, unique au monde. Objet ô combien symbolique d’un deuil impossible, monumental.
Comprendre Oradour, c’est percevoir, à travers le site, les objets sacrés et les rites, l’onde de choc permanente du malheur.
Onde de choc ravivée aujourd’hui par des ressentiments venus de l’extérieur. C’est une épouvantable histoire de guerre, histoire d’un crime devenu symbole de la barbarie. Histoire d’un bataillon de soldats appartenant au fer de lance du nazisme, les troupes d’assaut SS. Ils portaient tous le même uniforme MAIS n’étaient pas tous ‘’volontaires’’. Il y avait en effet les SS volontaires et les SS contraints et forcés. Ainsi est offert le choix entre pléonasme et oxymore. Bref, il y avait des hommes aux ordres qui ont assassiné en un après-midi 642 personnes.

Bien des années plus tard, lorsqu’il y eut un procès, la politique imposa une amnistie pour ceux considérés comme appartenant aux “non volontaires’’. La loi jeta ainsi un voile sur cet aspect de l’histoire et chacun rentra chez soi, non sans frustration. L’amnistie devenait une sorte d’absolution exemptant tout problème de conscience. A la lecture de certains écrits, il faudrait admettre qu’il n’y eut, parmi les Français, que des victimes, celles d’Oradour et celles qui furent contraintes par d’autres.

Revendiquer un dispositif législatif qui a effacé artificiellement la peine n’exclut pas le crime. N’est-il pas logique qu’un survivant, témoin direct du drame, confronté à une loi de circonstance soit amené à se poser des questions ?

Parmi les hommes identifiés, présents ici le 10 juin 44, en fut-il un seul qui se manifesta d’une façon ou d’une autre auprès des familles ?

A fortiori, 68 ans plus tard, s’appuyer sur la loi pour faire condamner un homme qui a été fusillé et qui perdit les siens reste inqualifiable. Une question reste sans réponse : que se passe-t-il dans le mental de quelqu’un qui est parvenu à faire condamner… un survivant d’Oradour ?

Voilà le paradoxe auquel nous sommes confrontés : la justice sélective, celle qui punit une victime et à mis définitivement hors de cause de possibles bourreaux, pour des raisons politiques, pour une raison d’Etat.

Cela amène à faire un commentaire qui concerne l’actualité.
A l’écoute des médias on entend régulièrement le débat sur la transparence exigée de ceux qui ont participé aux guerres coloniales : l’Algérie, l’Indochine, Madagascar, le Vietnam…. Exigée de ceux qui se sont livrés à des génocides récents, en Yougoslavie par exemple. Parfois des soldats, des officiers, des chefs d’Etat comparaissent devant des tribunaux. Les historiens, les enquêteurs sont au travail, mais à Oradour les zones d’ombre persistent.

J’ouvre une parenthèse à propos de l’obéissance :
Dans les guerres combien de conscrits ont été forcés d’obéir ? N’y avait-il que des volontaires dans les contingents des guerres coloniales ? N’y avait-il que des volontaires parmi les millions de morts des conflits mondiaux ? L’immense majorité des conscrits fut contrainte, ce qui n’interdit pas d’examiner, voire de condamner, les exactions lorsqu’elles furent révélées. Et qu’importent les origines ou l’appartenance géographique de leurs auteurs.

Je pense à cet instant à cet écolier lorrain qui fut le seul à désobéir, ici, le 10 juin 1944. Il quitta les rangs de ses camarades et s’enfuit en courant vers la Glane. Roger Godfrin, petit garçon au destin tragique. En 1988, nous sommes allés enregistrer son témoignage chez lui, en Lorraine. Je lui avais évidemment demandé ce qui avait pu le déterminer à désobéir, il répondit ‘’maman nous avait dit, si vous voyez des uniformes allemands, il faut vous sauver’’. Roger a donc désobéi. Il fut le seul survivant de la famille.
Je reviens à l’actualité et à la problématique qui nous rassemble : aujourd’hui, il est possible de tenir des propos antisémites, nazis, racistes, homophobes à l’échelle de la planète, sur un espace où la loi reste impuissante (sauf pour faire respecter les droits d’auteur). Le tweet est devenu le porte-voix offert à n’importe qui, avec la garantie de l’anonymat.
Par contre, pour Robert Hebras, témoin direct et victime d’un crime de guerre, la liberté d’expression a d’autres conséquences. Il a eu le malheur d’émettre un doute sur le statut de soldat vêtu de l’uniforme SS, à savoir s’ils étaient volontaires ou contraints. Cela lui vaut 10 000 € d’indemnités et une saisie conservatoire de son automobile. Il ne pourrait donc la vendre sans être obligé de verser le produit de la vente aux plaignants.
Mais enfin, que veut-on de Robert Hebras, pourquoi cet acharnement ? Le survivant est-il menaçant à ce point ? Et que menacerait-il ?

Seule nous anime ici l’injustice faite à un homme, survivant d’un massacre devenu symbole mondial de la barbarie. Une plaie que le Limousin porte en lui, un objet devenu sacré, commémoré, un deuil rendu impossible par la conservation, monumentale, unique au monde d’un village “dans le meilleur état de destruction possible” comme le déclara un officiel à la fin de la guerre.
Il n’est en rien question d’esprit partisan, d’appartenance à telle ou telle obédience, réseau, parti, club, mouvement, organisation ,cercle ou secte … Notre action n’a qu’une raison d’être : prendre la défense d’une victime dont la vie fut détruite, dont la mère et les deux sœurs furent assassinées, ici, le 10 juin 1944 dans d’atroces conditions.

Le traitement subi par Robert Hebras est une injure aux 642 victimes. Il devrait spontanément soulever l’indignation et la solidarité. Que faut-il de PLUS pour mobiliser les consciences ?

Condamné à la souffrance et au deuil perpétuel par la sauvagerie, condamné en appel par des magistrats. Tel est le destin d’un Survivant. Et l’on entend ici et là qu’il ne faut pas commenter la décision d’un tribunal. Mais, en démocratie, il est autorisé de contester la loi, il est permis de contester un jugement surtout lorsqu’il n’est pas définitif et que l’accusé a décidé de se pourvoir en cassation.

Ici, en Limousin, au pays de la capitale du maquis, il faudrait tout compte fait se taire ? Accepter, obéir, ne pas interroger les faits, l’Histoire ? Surtout, ne pas interroger les consciences ? Le courage, la solidarité, voilà semble-t-il de gênantes substances.

Il faut se mobiliser, résoudre l’aspect financier de cette procédure. L’argent exigé n’achètera pas la dignité. Le combat est ailleurs que sur nos comptes en banque, il repose sur des principes de considération et de justice.

* coproduction France 3 – Conseil Général de la Haute Vienne
Durée : 2h 08 – DVD – INA

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