DEVOIR DE MEMOIRE

ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation

Ruines d’Oradour-sur-Glane : les conserver, pourquoi et comment ?

Le 21 novembre 2019, à l’espace Simone Veil, OHVR avait organisé la projection du film documentaire réalisé par Jérôme Amimer : « Récits d’Oradour ».
Marqué par le destin de sa grand-mère russe dont le village fut, comme Oradour, brûlé par les armées nazies, le réalisateur porte un regard grave sur les ruines filmées en plans longs et fixes en noir et blanc.
Ses visites régulières à Oradour lui ont permis de constater les transformations subies par les ruines sous l’effet des éléments naturels (gel, pluie, vent) et, aussi des travaux de consolidation menés pour les conserver. En accompagnant ses images, des commentaires délivrés par quatre intervenants n’ayant pas connu l’événement, Jérôme Amimer pose, à plusieurs voix, l’enjeu de la transmission, le questionnement entre le temps des témoins et celui de nouvelle générations pour qui le sens des ruines devra perdurer. D’où la nécessité et l’importance de leur conservation qui fut l’objet de la conférence présentée par Héloïse Belloir le 28 novembre.

Héloïse a soutenu en 2012 un mémoire « Les enjeux liés à la préservation du site d’Oradour-sur-Glane : conserver, informer, transmettre ».
Aussi après avoir dressé l’inventaire des destructions : 328 bâtiments incendiés la conférencière rappelle le processus qui conduisit à la promulgation de la loi spéciale du 10 mai 1946, relative à la conservation des ruines d’Oradour.
Cette loi, en classant l’ensemble des vestiges du village au registre des monuments historiques transfère la propriété des ruines à l’État, en interdit la destruction et oblige à mettre en œuvre des moyens financiers et techniques pour en assure l’entretien.
Héloïse insiste sur la particularité liée à cette conservation des ruines : il s’agit non de les restaurer mais de les maintenir « dans le meilleur état de destruction possible » (Jacques Duhamel ministre des Affaires culturelles de 1971 à 1973).
Pour ce faire, plusieurs politiques de conservation ont été menées jusqu’à nos jours. Héloïse les présente avec précision et rigueur en caractérisant chacune d’elle :
• de 1944 à 1966 les préoccupations essentielles sont le simple entretien des ruines et des jardins. Après les travaux de déblaiement il s’agissait de nettoyer et consolider les murs menacés d’effondrement, de renforcer les structures fragilisées. S’ajoutaient à ce programme l’entretien de la végétation qui reprenait ses droits et la construction d’un mur d’enceinte (de 1945 à 1947).
• de 1966 à 1983 l’entretien courant se poursuit et alterne avec de gros travaux ponctuels comme des purges ( la destruction de conduits de cheminée dangereux), de gros travaux de réparation (notamment sur la rue principale), la mise en place de barrières de protection pour interdire l’accès dans le cœur d’îlots instables. Malgré les mesures conservatoires engagées, les ruines se dégradent ce qui entraîne la définition de nouvelles politiques de conservation.
• ainsi de 1983 à 1993 le nouveau programme fixe deux objectifs et dégage deux axes d’intervention :
– garantir la sécurité des visiteurs par la mise en place d’un circuit de visite qui définit et privilégie les axes jugés majeurs.
– respecter la volonté du législateur de 1946 : « témoigner à travers le temps » en maintenant l’état des vestiges du massacre du 10 juin 1944.
Durant ces dix années la préservation prioritaire des façades des rues principales permet d’assurer une conservation indéniable de celles-ci au détriment des cœurs d’ilots. Elle accentue le contraste dans la sauvegarde des vestiges et provoque une nouvelle étude qui débouche sur un programme porteur d’une vision tournée vers l’avenir « pour témoigner devant les générations à venir ».
• en effet à partir de 1994 et jusqu’à la fin 2008 est envisagé un programme d’intervention sur le site découpé en 12 îlots incluant les parcelles intérieures, les arrières plans et les axes secondaires délaissés afin de privilégier une lecture générale du village.
Cependant en 1995 les budgets jugés trop conséquents sont revus à la baisse. À partir de cette date la conservation des ruines consiste, alors, à accompagner l’évolution inéluctable des ruines à l’échelle des îlots. L’État conserve, assure « une survivance douce » du site en concentrant ses efforts sur le quartier de l’Église porteur de l’essentiel du symbole.
Il faut, ici noter, les dégâts causés par la tempête de 1999 qui modifient totalement l’apparence du site exigeant de nouveaux travaux.
• depuis 2008, on ne pratique plus de gros travaux. Désormais les interventions s’inscrivent dans une politique d’entretien au coup par coup, essentiellement sur la maçonnerie, sur les espaces verts et sur l’Église qui occupe une place à part, parce que symbolique, dans la survivance du site.
En conclusion à cet exposé très documenté, Héloïse Belloir évoque quelques-unes des limites inhérentes à la conservation du site.
– La problématique de l’authenticité qui est au cœur de préoccupations d’ordre éthique, déontologique et esthétique.
– La dénaturation des vestiges : en voulant conjurer les effets du temps les interventions outrepassent le simple maintien en l’état et falsifient la lecture du site.
– Le constat que la disparition des vestiges s’accompagne d’une certaine perte de Mémoire du drame et de l’apparition de nouvelles lectures. Parmi ces dernières, citons une lecture ethnographique accentuée par la mise en place de plaques de couleur indiquant la profession des habitants. Cette signalétique ne fait plus référence au drame mais à l’histoire du village avant le drame.
Le Centre de la Mémoire ouvert depuis 1999 a vocation, entre autre, à remédier à ces limites en informant le visiteur par un récit historique et une incitation à une réflexion de paix liée à une recherche de vigilance permanente.
À la suite de ces deux manifestations, le public, très attentif et à la recherche d’informations, a longuement échangé avec le réalisateur Jérôme Amimer et la conférencière Héloïse Belloir.

Bernadette Malinvaud

Redémarrage du site OHVR

Pour information

Depuis plusieurs mois notre site OHVR ne pouvait rien publier suite à un dysfonctionnement inexpliqué de notre hébergeur gratuit.
Après l’intervention, longue et délicate, d’un gestionnaire professionnel de sites, les données ont pu être presque totalement récupérées et transférées sur un hébergeur payant.
Malheureusement, les publications de 2019 ont été perdues.
Nous repartons maintenant sur de bonnes bases.
Comptant sur la compréhension de tous.

Henri Malinvaud webmaster OHVR

Deux rencontres avec les Collégiens

Les collégiens de Charlotte (Caroline du Nord USA)

Dans le cadre d’un échange scolaire, 21 élèves du collège Waddell Language Academy de Charlotte (Caroline du Nord, USA) séjournaient dans les familles de leurs correspondants du collège Auguste Renoir à Limoges.
Le 19 mars 2018, accompagnés de leurs professeurs, ils ont visité l’exposition permanente du Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane (CMO), les ruines du village martyr puis ont rencontré Robert Hébras. Pendant une heure, tout en précisant le récit des événements vécus le 10 juin 1944, il répondit à leurs nombreuses questions.

Collège des Clairs Soleils de Besançon

Et le 2 mai 2018 c’est au collège des Clairs Soleils à Besançon que Robert Hébras témoigna devant 150 élèves de troisième. Ici, c’est un élève, qui après avoir découvert les ruines d’Oradour-sur-Glane en même temps que le récit de Robert Hébras, a proposé à sa professeure d’Histoire d’inviter ce « dernier survivant » du massacre du 10 juin 1944, à venir « parler à ses camarades ».
Robert Hébras était particulièrement heureux et fier de cette initiative qui répondait à un des ces vœux les plus chers : faire de ces jeunes qui l’entendent des « passeurs », des messagers de cette mémoire.
Merci à cet élève, merci aux enseignants du collège des Clairs Soleils de Besançon.

Récits d’Oradour de Jérôme Amimer

Ce documentaire a été projeté au Ciné-Bourse à Saint-Junien le 26 avril, en présence de l’auteur, de deux des personnes qu’il a enregistrées, de Robert Hébras et de Philippe Lacroix, maire d’Oradour.
Gravité, subjectivité et universalité du message, voilà ce que perçoit le spectateur.
Grave est le regard porté sur les ruines qui sont filmées en plans longs et fixes, dans un noir et blanc intemporel et par l’insertion de documents photographiques, sans commentaire superflu ; ce parti pris dépasse l’esthétisme, évite le pathos et exprime le respect dû à ce lieu hanté par le souvenir des 642 victimes du 10 juin 1944.
Graves et subjectifs sont les propos de l’auteur et des quatre intervenants qu’il a retenus.
Jérôme Amimer marqué par le destin de sa grand-mère russe, survivante d’un massacre au sud de Pskov, lie l’évocation de ce passé familial à sa représentation du drame d’Oradour, un « monument intérieur » dans son espace mental.
Jean-Michel Ducouret, en tant que guide, témoigne de l’atmosphère de recueillement qui a prévalu et prévaut encore dans la visite, entre pèlerinage et tourisme de mémoire. Relatant les travaux de consolidation et d’entretien, il insiste sur l’importance de la conservation des ruines.
Héloïse Belloir, historienne, rejoint cette préoccupation, inquiète de l’avenir d’un lieu érodé par le temps et la reprise de la vie. Dans son étude des « monuments et documents non intentionnels », traces à partir desquelles se construit la mémoire, elle a trouvé matière à Oradour dans les objets de la vie quotidienne, recueillis, réintroduits, mis en scène, sacralisés en reliques des martyrs : des documents à contextualiser, des indices de vies fauchées par le massacre.
Claude Milord, président de l’Association des familles de martyrs d’Oradour, rappelle les relations avec l’État, en particulier la rupture après le procès de Bordeaux, à l’issue duquel les incorporés alsaciens furent amnistiés (et non « graciés »). Il insiste sur la « solidarité » envers et entre les familles et sur le poids du deuil qui marque durablement cette « communauté de souffrance ».
Benoît Sadry, élu municipal, aborde le long chemin de l’apaisement dans l’opinion des habitants, avec la réception de personnalités nationales, le rapprochement avec l’Alsace et l’Allemagne, la mise en place de la statue de Fenosa (refusée par l’évêché, et non par la commune) ; des habitants auparavant écartés des décisions de la reconstruction, « dépossédés de leur village » et sans soutien psychologique en ce temps-là.
Des « récits » particuliers, où affleure l’émotion, parfois discutables, mais légitimes, suscitant la réflexion.
Points de vue personnels mais de portée universelle, érigeant Oradour en symbole, « miroir d’autres désastres », contemporains (innombrables massacres du front oriental) et aussi actuels, des crimes qui frappent l’humanité toute entière.
Dans le débat qui a suivi la projection, Robert Hébras a tenu à rappeler que, pendant neuf ans, les habitants d’Oradour, logés en baraquements, ont subi l’épreuve de la traversée quotidienne du village en ruine.
En conclusion, Jérôme Amimer livre une œuvre utile, posant à plusieurs voix l’enjeu de la transmission (aucun des interlocuteurs n’a vécu l’évènement), un questionnement significatif de la transition entre le temps des témoins et celui des nouvelles générations pour qui le sens des ruines d’Oradour devra perdurer. C’est déjà la mission des services des Monuments historiques et du CMO, un devoir d’histoire.

Philippe Pommier

Compte rendu de l’Assemblée Générale ordinaire du 24 mars 2018

 

Bernadette Malinvaud présidente de l’association, remercie Philippe Lacroix, Maire d’Oradour-sur-Glane, membre de l’association qui nous permet, une fois encore, de tenir notre AG dans cette salle, à titre gracieux.

Remerciements pour leur présence à Pierre Allard, maire de Saint Junien, Joël Ratier, président de la communauté de communes Porte Océane du Limousin, Claude Milord, président de l’Association Nationale des Familles des Martyrs d’Oradour sur Glane (ANFMOG), Annie Dardilhac maire de Javerdat.

Excusés: Palmira Desseix, Philippe Grancoing, Michèle Soult, Camille Senon, Albert Valade et de nombreux adhérents qui ont donné procuration.

Secrétaire de séance Sandra Combeau.

Aujourd’hui OHVR compte 152 adhérents, 42 sont présents, s’ajoutent 34 procurations, le quorum est atteint.
La présidente déclare la séance ouverte :
Elle remercie Sandra Combeau d’assurer le secrétariat de séance.

Depuis 2015 à la demande de Monsieur Guy Lacorre sont évoquées les personnes disparues durant l’année précédente.
En 2017, à notre connaissance, nous ont quitté Henri Aupetit, Guy Lacorre, Pierre Laborie et Jacqueline Pinède dont Robert Hébras évoque la mémoire :

Jacqueline Pinède

« Sommée de quitter Bayonne, sa ville natale, en 1943 (cf. « Ordre d’expulsion », visible au service des archives du Centre de la Mémoire), Jacqueline Pinède et sa famille de confession juive, trouvent refuge à Oradour-sur-Glane. Dissimulée sous un escalier en pierre avec sa sœur et son petit frère, elle échappe au massacre. Ce 10 juin 1944, elle perd son père, sa mère et sa grand-mère qui font partie des 642 victimes d’Oradour. »
Dès lors, Jacqueline et Robert resteront en relation.
Elle est décédée en février 2017. Robert, accompagné de Benoît Sadry, représentant l’Association des Familles des Martyrs, ont assisté à ses obsèques à Bayonne. Elle était une des dernières rescapées.

Une minute de silence est observée.

Ordre du jour
1) Approbation du compte rendu de l’assemblée générale du 4 février 2017.
Après vote, le compte rendu est adopté à l’unanimité.
2) Rapport d’activité par la présidente
Comme les années précédentes nous avons accompagné Robert Hébras :
En mai 2017 à Billom Communauté Urbaine de Clermont-Ferrand. Organisée par la section de la FNIDRP, avec le soutien de la municipalité et des enseignants, 400 élèves de collèges publics et privés ainsi que 300 adultes sont venus à la rencontre de Robert Hébras. Ils ont pu assister à la projection du documentaire de Michaël Faugeroux « Le droit à la mémoire », suivie de questions et d’échanges avec Robert.
Il faut savoir que la population de Billom est très impliquée dans le travail de Mémoire, car marquée par la seconde guerre mondiale et les actions de la résistance. Le 16/12/1943, suite à une dénonciation, une rafle détruisit un maquis entier. Plus de 90 personnes furent fusillées, une centaine déportées. Une remarquable exposition présentait l’histoire des maquis de la région.
1er décembre 2017, déplacement à Paris au Lycée Louis-le-Grand, répondant à une demande du proviseur et des professeurs d’histoire. Plus de 500 élèves des clases de secondes, premières, terminales et classes préparatoires étaient présents dans une salle comble. Très intéressés ils assaillirent Robert de questions et eurent du mal à le laisser partir. Le message d’un professeur confirme « les élèves ont retenu énormément de choses : cela a provoqué d’intenses réflexions chez eux et entre eux ». Ce qui permet à Bernadette Malinvaud de faire part d’une évolution constatée au cours des trois années d’accompagnement dans les collèges et lycées en France et en Allemagne. Robert reste évidemment toujours et avant tout le témoin mais il et aussi conduit, par les questions de élèves, à retracer son cheminement psychologique et intellectuel qui ont permis son engagement et son rôle dans la réconciliation et l’amitié franco-allemande. Il tient aussi à leur transmettre ses espoirs liés à la construction européenne, certes fragile, mais absolument nécessaire.
Constat également que ces élèves font de plus en plus part de leurs propres inquiétudes et questionnements face à l’avenir. Ils craignent les fractures, le terrorisme, la recrudescence du nationalisme, l’exclusion, le racisme… À cela, Robert Hébras, qui ne minimise pas les risques, trouve les mots pour les rassurer, les encourager et leur redonner confiance en plaçant lui-même sa confiance en eux. Il les invite aussi à toujours faire preuve de vigilance et d’engagement. Il agit ainsi indéniablement en faveur de l’action citoyenne. Ces interventions créent un lien fort avec la jeunesse, car au-delà de la transmission de son témoignage, il éclaire l’avenir.
En novembre, à l’espace CITE (devenu Simone Veil), dans le cadre de la semaine du documentaire, en partenariat avec le musée de la Résistance et l’ONAC (Office National des Anciens Combattants) a été projeté le film « Maillé, le massacre oublié ». Une séance était destinée aux élèves, l’autre en soirée ouverte à tout public. Des remerciements sont adressés tout particulièrement à Murielle Champeymont, responsable du service éducatif, et à Sylvie Codecco, adjointe au directeur de l’ONAC, qui ont œuvré pour la réussite de ce projet.
Le massacre de Maillé a eu lieu le 25 août 1944. 124 habitants dont 48 enfants sont massacrés par les Waffen SS de la 17ème Panzer Grenadier Division. Une grande partie des habitations est détruite par le feu et le bombardement qui succède au massacre. Après la guerre on reconstruit sur les ruines, les traces du drame disparaissent et les survivants demeurent silencieux.
Malgré une commémoration chaque année, cette dernière se trouve dans l’ombre de celle de la libération de Paris. En 2003, suite à une collecte de témoignages effectuée par Marie-Françoise Gaucher, un film a été réalisé afin de rappeler les faits dramatiques ayant touchés ce village. Serge Martin, rescapé du massacre, présent lors de cette projection à Limoges, avait 10 ans en 1944. Ses deux parents, son frère et ses deux sœurs ont été massacrés. Président de l’Association « Pour le Souvenir de Maillé », il témoigne, accompagné par Romain Taillefet, directeur de la Maison du Souvenir de Maillé, structure mémorielle inaugurée en 2006.
À l’issue de la projection, ont eu lieu des échanges avec les publics scolaires et adultes pour répondre aux nombreuses questions.
Mars : Un article du journal le Monde du 14 mars 2017 nous a fait réagir. Il annonce le projet de créer un Mur des noms à Schirmeck en Alsace, à l’initiative du président du Conseil Régional du Grand Est, à la demande d’associations de descendants de « malgré nous ».
Le projet prévoit « de faire figurer, par ordre alphabétique, les noms de 52 000 Alsaciens et Mosellans, tués durant la guerre 1935-1945. Parmi eux, des soldats de l’armée française, mais aussi des soldats incorporés dans l’armée française en 1939-1940, les déportés juifs, les résistants, ou encore les jeunes alsaciens et mosellans enrôlés de force dans la Wehrmacht et la Waffen SS. ». Si cette demande semble légitime, une liste mêlant sans distinction les noms, où les uns seraient les victimes des autres nous est apparue très contestable. Un courrier, cosigné par Robert à été envoyé à Monsieur le Secrétaire d’État aux Anciens Combattants (avril 2017). Pour information, une copie a été transmise, au président du Grand Est, au président de la Nouvelle Aquitaine, au Préfet de la Haute-Vienne. Aucune réponse ne nous est parvenue. Seule information : le projet, qui a aussi suscité en Alsace de nombreuses protestations d’associations, serait au point mort. Il convient de rester vigilant à l’égard de ces projets qui peuvent être à double tranchant.
Un deuxième courrier avait été effectué également et cosigné par la Mairie d’Oradour, l’ANFMOG et le président du Centre de la Mémoire à l’attention de M. Richert.
Nous avons aussi participé à quelques manifestations :
27 septembre : accompagnement de Robert Hébras au bureau du Parlement Européen à Paris, où Sylvie Guillaume, vice-présidente du Parlement européen, lui remit la médaille du Prix du Citoyen Européen. Chaque année, depuis 2008, ce prix est décerné par le Parlement Européen à ceux qui, par des actions ou des initiatives remarquables, facilitent la coopération transnationale et promeuvent les valeurs européennes. La candidature de Robert Hébras était présentée et soutenue par Jean-Paul Denanot, Député Européen. À noter qu’il est assez rare que ce prix soit remis à une personne en particulier. Il s’agit généralement d’associations.
À la suite de cette cérémonie, la Maison de l’Europe-Centre Europe Direct Limousin a tenu à organiser une cérémonie pour souligner cette décoration reçue par Robert, dans le cadre du salon du dessin de presse de Saint-juste-le Martel Sans surprise aucune, pour ceux qui connaissent Robert, il a rappelé « n’avoir fait que son devoir d’homme ».
Octobre : Accueil d’une délégation de Billom en présence du maire de cette commune. Robert Hébras les a accompagné pour la visite du village. Le maire d’Oradour ayant rejoint la délégation au tombeau des martyrs, deux gerbes de fleurs ont été déposées et une minute de silence fut observée. La délégation a effectué la visite de l’exposition permanente du Centre de la Mémoire l’après-midi.

Robert Hébras souhaite prendre la parole :
Il évoque sa difficulté, bien compréhensible, à répondre à toutes les invitations. Il souhaiterait donc être plus accompagné et soutenu par l’association.
L’engagement sans faille et le courage à toujours aller à la rencontre des collèges et lycées (quotidiennement selon les périodes), expliquent, en partie, le fait que Robert soit souvent identifié directement comme porteur d’un symbole, et donc invité à titre individuel par différentes associations, institutions, etc… Bernadette Malinvaud répond en précisant la difficulté à s’imposer alors que l’invitation est adressée spécifiquement à celui qui incarne la légitimité de la Mémoire d’Oradour. Le maire d’Oradour fait savoir qu’en effet, les invitations ne lui parviennent pas toujours.
À cet égard, il est rappelé la nature atypique de l’association OHVR née d’un procès, alors que Robert était seul face à une situation injuste et inacceptable. Notre association demeure toujours très attentive à ne pas empiéter sur les compétences de la Municipalité, de l’ANFMOG, du Centre de la Mémoire, même sil est souhaitable que des projets communs puissent être menés.
En prolongement, une discussion s’instaure parmi les adhérents sur l’avenir et la mission de l’association. Proposition est faite de revoir ses statuts.
Dernier point : le 9 février 2018, réception d’un décompte, transmis par Maître Gaffet, concernant les sommes de remboursement des frais de justice restant dues à Robert. Le décompte a été transmis à l’Avoué pour règlement. Même s’il s’agit d’une bonne nouvelle, Philippe Pommier fait remarquer, à juste titre, la lenteur de la procédure comparée à la rapidité avec laquelle Robert Hébras avait vu sa voiture gagée immédiatement après sa condamnation par la Cour d’Appel de Colmar.

Après vote le rapport d’activités est adopté à l’unanimité

3) Compte Rendu financier par le trésorier Philippe Pommier

Une avance pour un déplacement (215,20 euros) est décomptée dans le total des dépenses et son remboursement est ajouté dans celui des recettes.
Le solde de l’exercice est excédentaire de 896,01 €.
Le montant du livret A au 2 janvier 2018 est de 11 187,38 €.

4) Compte Rendu des Vérificateurs comptes
Henri Malinvaud, trésorier adjoint, lit le rapport établi par Jean-Luc Bayard et Gérard Chambord.
« Conformément à la mission qui nous est confiée, nous avons vérifié les comptes de l’association ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation pour la période du 01.01.2017 au 31.12.2017.
Tous les documents comptables nécessaires à notre examen ont été mis à notre disposition. Nous avons pu ainsi effectuer les contrôles et vérifications nécessaires. Des explications pertinentes et des justificatifs adéquats ont été fournis à chaque cas.
Dés lors, nous sommes en mesure d’attester que les comptes de l’association ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation pour la période du 01.01.2017 au 31.12.2017 sont sincères et corrects. Ils se soldent par des recettes à hauteur de 1 898,48€ et des dépenses à hauteur de 1 002,47 €, soit un excédent de 896,01 €.
En conséquence, nous vous proposons d’approuver ces comptes tels qu’ils vous sont présentés.
En foi de quoi, nous avons rédigé le présent rapport. »

Après vote, le rapport financier est adopté à l’unanimité.

5) Renouvellement du tiers des membres du CA :
Sylvie Codecco, Palmira Desseix, Claudine Fourgniaud et Henri Malinvaud administrateurs sortants se représentent. Il n’y a pas de nouvelle candidature.

Les membres sortants sont réélus à l’unanimité.

6) Renouvellement du Vérificateur aux comptes : Gérard Chambord se représente.
Gérard Chambord est réélu à l’unanimité.

7) Fixation du montant de la cotisation annuelle : Le Conseil d’Administration propose le maintien à 10€.

Après vote, accord à l’unanimité

8) Perspectives pour 2018
Proposition d’aide financière pour un voyage d’élèves sur des lieux de mémoire (Musée de la Résistance et de la déportation de Besançon, Maison d’Yzieu, Musée de la Résistance de Lyon et prison de Montluc). Participation à hauteur de 300 euros.
Sylvie Codecco nous fait part de la présentation en avant-première d’un film « Récits d’Oradour » réalisé par Jérôme Amimer. Plusieurs membres d’OHVR confirment l’intérêt certain de ce film qui évoque le traumatisme d’Oradour, sa transmission et l’héritage porté par l’auteur en écho à l’histoire de sa grand-mère qui a vu son village de Russie brûler. Ce film présente plusieurs approches : historiques, conservation des ruines etc…Claude Milord est d’ailleurs associé à ce film. Il informe que le DVD de ce film, proposé à la vente de la librairie du CMO lors du dernier CA, n’a pas été retenu.
Pierre Allard précise que le directeur du Centre de la Mémoire a tenu compte de l’avis de ses experts pour lesquels ce film « n’apporte rien de plus sur l’histoire d’Oradour-sur-Glane ». « Le CMO n’est pas un supermarché ».

9) Questions diverses
Répondant à une question concernant un projet de mise en place de panneaux explicatifs au village martyr qu’il avait évoqué au cours de l’AG 2017, Claude Milord informe que ce projet est actuellement au point mort. Il espère que la conservatrice de la DRAC, nouvellement nommée, pourra porter ce projet à son terme.
Vigilance toujours nécessaire : Un groupe néo-nazi, « la Division Nationaliste Révolutionnaire », a tenté d’installer un local à Tulle. L’intervention de plusieurs associations et la décision du préfet de Corrèze l’en ont empêché. Ce collectif tient des propos odieux et calomnieux sur un site internet.

L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée, laissant place au partage du « verre de l’amitié »

 

La secrétaire de séance,

Sandra Combeau

 

Mail : oradour.hvr@laposte.net
Site : http://www.oradourhvr.fr

 

Robert Hébras au Lycée Louis le Grand

Le 1er décembre 2017, l’amphithéâtre du Lycée Louis le Grand était comble. Élèves de 2ème, 1ère, terminale, khâgne, hypokhâgne, enseignants se pressaient pour écouter le témoignage de Robert Hébras.
Une nouvelle fois, après la projection du film-interview réalisé par Michael Faugeroux, « le droit à la Mémoire », Robert Hébras fut assailli de questions.
Questions concernant le massacre d’Oradour, ses circonstances, ses acteurs et aussi le processus de reconstruction de ce survivant en dehors de tout accompagnement psychologique.
Interrogations portant sur la Mémoire et sa transmission : pour lui, il s’agit essentiellement de maintenir celle des 642 victimes tout en participant à la réconciliation franco-allemande.
Furent également abordées les questions concernant la vie quotidienne des Limousins durant la période 1940-1944, les réactions des représentants du gouvernement de Vichy face à ce massacre.

Deux heures d’échanges intenses, conclues par Robert Hébras qui rappela à tous les jeunes l’importance d’être vigilants. Vigilance face à la haine, face à tous les extrémismes et sectarismes. Nécessité du dialogue entre les Peuples pour maintenir la Paix.

« Maillé, le massacre oublié » projeté à l’Espace CITE à Limoges

Le 25 août 1944, 124 habitants, dont 48 enfants, du bourg de Maillé, en Touraine, sont massacrés par des soldats allemands. Une grande partie du village est détruite par le feu puis par le bombardement qui succède au massacre.
Dès 1945 on reconstruit, les ruines disparaissent. Les commémorations locales, chaque 25 août, sont occultées par celles de la libération de Paris le même jour. Les rescapés ne parlent pas jusqu’en 1994, date à laquelle une exposition des Archives Départementales révèle aux habitants l’existence d’un jugement du tribunal militaire de Bordeaux.
La parole des rescapés se libère alors. Ce sont quelques uns de leurs témoignages présentés dans le film documentaire « Maillé, le massacre oublié », réalisé par Marie-Françoise Gaucher en 2003, que le public limousin a découvert le 16 novembre 2017. 120 collégiens et lycéens et environ 75 adultes, ont pu, après cette projection, dialoguer avec Monsieur Serge Martin.

Monsieur Serge Martin

Le 25 août 1944, il avait 10 ans et était chez ses grands-parents à 3 kilomètres de Maillé. Sa mère, son père, son frère, ses deux sœurs ont été massacrés. Comme tous les autres rescapés, il n’a pas parlé pendant 50 ans. Aujourd’hui, président de l’association « Pour le Souvenir de Maillé » il répond aux questions, il explique.
S’il ne pardonne rien aux acteurs, il insiste sur l’absence totale de haine à l’égard des générations suivantes qui ne doivent pas se sentir responsables. Il redit l’impérative nécessité de la réconciliation et de l’amitié franco-allemande fondées sur la connaissance historique, transmise, notamment, depuis 2006 par la Maison du Souvenir de Maillé. Romain Taillefait, responsable de cette structure mémorielle, en accompagnant le témoignage de Monsieur Martin, inscrit ce crime de guerre commis par les Waffen-SS de la 17ème Panzer Grenadier Division, dans le contexte historique et la mémoire collective de la 2ème guerre mondiale.
En Touraine, conclut-il « on a l’impression que cette histoire demeure méconnue. À vous de la transmettre autour de vous »

 

Romain Taillefait et Serge Martin

JOHANN CHAPOUTOT écrit dans Libération

Projection du film « Maillé, le massacre oublié » Espace Cité

Le musée de la Résistance de Limoges, en partenariat avec l’Office national des Anciens Combattants de la Haute-Vienne et l’Association « Oradour. Histoire, Vigilance et Réconciliation » (OHVR) organise la projection du film « Maillé, le massacre oublié » :

Jeudi 16 novembre à 18h30 à l’Espace Cité
2, rue de la Providence à Limoges.

Le 25 août 1944, Paris est libéré. Ce même jour une unité SS pénètre dans le bourg de Maillé en Touraine et l’encercle.
Hommes, femmes, enfants sont systématiquement massacrés et les bâtiments incendiés. 124 victimes âgées de 3 mois à 89 ans périssent.
Le film retrace ce massacre à travers les témoignages de rescapés, dont la plupart n’avaient pas 15 ans à l’époque.
La projection du film sera suivie d’une discussion avec Serge Martin, rescapé du massacre de Maillé et président de l’association pour le Souvenir de Maillé et Romain Taillefait, responsable de la maison du Souvenir de Maillé.

Robert Hébras, survivant du massacre d’Oradour-sur-Glane, sera également présent.

Entrée Libre

Le prix du Citoyen Européen décerné à Robert Hébras

Le prix du Citoyen Européen est, depuis 2008, décerné chaque année par le Parlement européen à ceux qui, par des projets ou initiatives, facilitent la coopération transnationale et promeuvent les valeurs européennes.
En 2017, le député européen Jean-Paul Denanot a soutenu la candidature de Robert Hébras qui, depuis de nombreuses années, œuvre pour la réconciliation entre la France, l’Allemagne et l’Autriche tout en maintenant vivante la Mémoire des 642 victimes du massacre d’Oradour-sur-Glane le 10 juin1944.
Le 27 septembre 2017, Robert Hébras et trois autres lauréats ont reçu leur médaille au bureau du Parlement européen à Paris.

 

Ce fut l’occasion pour Robert Hébras d’insister sur la nécessité d’une construction européenne solide, volontaire dans un monde « où Oradour se reproduit trop souvent ».

En octobre, avec ses homologues de 25 pays de l’Union Européenne, il sera de nouveau honoré lors d’une cérémonie au Parlement européen à Bruxelles.

Article publié par le journal Le Populaire du Centre
le 29 septembre 2017

 

 


La Maison de l’Europe- Centre Europe Direct Limousin a tenu à fêter cette distinction le 7 octobre 2017. Elle a choisi, pour cette manifestation, le cadre du Salon international du dessin de Presse de l’Humour de Saint-Just-le-Martel.
C’est devant l’exposition « Décoder les Etoiles » où cinquante dessins de presse évoquent les enjeux d’un demi siècle de politique européenne, que la présidente, Lucile Valadas, a remercié puis félicité Robert Hébras pour cette « distinction largement méritée. ».
Le député européen, Jean-Paul Denanot, en joignant ses remerciements a rappelé le rôle essentiel tenu par Robert Hébras, inlassable militant pour la paix et la réconciliation, tout en n’oubliant pas le passé. Un long engagement qui justifie pleinement le prix décerné à un « grand citoyen européen ».
Heureux, Robert Hébras rappelle qu’il fait « son devoir d’Homme ».

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