DEVOIR DE MEMOIRE

ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation

Compte rendu de l’Assemblée Générale ordinaire du 5 mars 2022

Bernadette Malinvaud, présidente de l’association « ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation » (OHVR), remercie chaleureusement les adhérents de leur présence et de leur fidélité. Elle insiste sur l’immense plaisir de se retrouver après 2 ans de pandémie qui ont empêché l’organisation de toutes les rencontres.

Aujourd’hui, 34 adhérents d’OHVR sont présents auxquels s’ajoutent 49 procurations. Le quorum est atteint.
Bernadette Malinvaud, au nom de tous les membres de l’assemblée, se félicite de la présence de Robert Hébras et d’Agathe, sa petite fille, à qui il a passé le flambeau de la mémoire. Dorénavant, ils interviennent ensemble. Robert sait qu’il peut compter sur elle. Elle sera à la hauteur de sa confiance.

Chacun est très heureux que Robert ait recouvré une meilleure santé qui lui permet de nous faire l’honneur de présider cette assemblée. Et nous sommes tous très fier de sa promotion au grade de Commandeur de l’Ordre National du Mérite. Cette décoration lui a été remise par le Président de la République, le 25 janvier dernier. Cette distinction reconnait son engagement, au service de la mémoire d’Oradour, du souvenir des victimes et comme citoyen porteur d’un message de Paix, depuis de très nombreuses années. Robert reçoit les félicitations de tous accompagnées d’applaudissements nourris. Il reçoit également des mains de la présidente, au nom de l’association, non pas des fleurs, mais des chocolats dont il est très friand et qui sont le remède idéal pour lui apporter toute l’énergie nécessaire pour poursuivre son combat.
Robert très touché remercie de cette délicate attention.

Toutefois, un bémol vient tempérer le bonheur de se retrouver. La présidente sait que chacun des présents a une pensée pour le peuple ukrainien, à plus forte raison à Oradour. Ce peuple subit la politique de terreur d’un président autocrate qui a pour rhétorique celle déjà utilisée il y a 80 ans, pour tuer délibérément. On ne peut que partager la douleur de ce peuple et essayer de l’aider selon nos possibilités. Des crimes de guerre sont aujourd’hui perpétrés dans un pays européen.

Robert souhaite intervenir pour saluer l’assemblée de bon cœur et remercier les présents d’être aussi nombreux. Il est très heureux de nous revoir et assure qu’il sera parmi nous aussi longtemps qu’il le pourra physiquement et moralement.

La présidente présente les excuses de nombreux adhérents qui ont envoyé leur procuration ainsi que celles de Jean Claude Leblois, président du Conseil départemental, représenté par Sylvie Tuyéras, conseillère départementale, adhérente à l’association depuis sa création en 2012, de Pierre Allard, maire de Saint-Junien, lui aussi adhérent depuis 2012.

Elle remercie également Annie Dardillac, maire de Javerdat et tout particulièrement Philippe Lacroix, Maire d’Oradour-sur-Glane, toujours à notre écoute. Comme chaque année, nous le remercions de mettre à notre disposition cette salle communale.
Bernadette Malinvaud cède alors la parole à Philippe Lacroix.

M. le Maire salue l’assemblée, les maires des communes limitrophes, son maire adjoint, Benoit Sadry et particulièrement Robert Hébras. Il revient alors sur la décoration de Robert, le 25 janvier dernier. Il tient à souligner que ce moment a été un grand bonheur pour Robert mais aussi un grand bonheur pour tous. Cette distinction honorait non seulement Robert mais aussi ce qu’il représente. L’émotion de Robert était partagée par les personnes présentes à la cérémonie et par de nombreuses autres au-delà d’Oradour et même au-delà des frontières françaises. Les amis allemands ont manifesté leur amitié et leur soutien en cette journée particulière. Être décoré par la Président de la République est un véritable honneur.
Il revient sur la situation en Ukraine et fait part de son inquiétude. À l’instar de ce qui s’est passé il y a 80 ans, personne ne sait comment peut évoluer un conflit face à un despote. L’association des maires de la Haute-Vienne, en partenariat avec diverses associations, comme partout en France, a mis en place une collecte de produits de première nécessité. D’autres actions seront menées, notamment l’accueil de réfugiés. Chaque pays européen a son rôle à jouer dans le respect des valeurs intransigeantes de la démocratie que l’on doit défendre
.

La présidente reprend la parole afin d’évoquer le souvenir de celles et ceux qui nous ont quitté depuis la dernière assemblée.
Elle s’excuse pour d’éventuels oublis et demande à l’assemblée de les lui signaler.
– Albert Valade, 14 ans au moment du massacre, inlassable témoin du massacre mais aussi très engagé dans la renaissance d’Oradour
– Annie Romério
– Jean Michel Brousse
– Madeleine Albert-Roulhac
– Michel Bois
– Claude Bérody, qui fut commissaire aux comptes
– Christiane Hébras, l’épouse de Robert, disparue en décembre 2020. Nous gardons le souvenir ému de son sourire et de sa chaleureuse bienveillance.
– Serge Martin, survivant du massacre de Maillé que OHVR avait reçu pour une conférence il y a quelques années, avec Romain Taillefait, directeur de la Maison du Souvenir de Maillé. Il est décédé la veille du décès de Christiane.
Une minute de silence est observée à la mémoire de tous.

Robert Hébras reprend la parole. Il souhaite informer l’association d’une visite de la DRAC concernant la conservation des ruines du village. Elles ne seront pas réduites. Elles seront conservées en l’état avec les moyens nécessaires pour leur entretien. Le Président de la République s’y est engagé lors de sa venue en janvier. Les personnes présentes pour cette visite venaient de Paris. Elles souhaitaient savoir si les ruines étaient autant visitées que par le passé, ce qui leur a été confirmé. Robert est satisfait de savoir que le parcours dans le village ne sera pas réduit.
Il ajoute que le Centre de la Mémoire va être rénové à partir de 2024.

Philippe Lacroix complète les propos de Robert. Les inspecteurs ont été reçus par toutes les parties prenantes du site d’Oradour : l’Association Nationale des Familles des Martyrs, le Centre de la mémoire, Robert et Agathe Hébras, le maire et Benoit Sadry. La constatation principale était que les ruines se détérioraient et qu’il n’était plus possible de les entretenir comme il y 30 ans. Un effort financier manifeste devait être fait. Des techniques existent mais il faut en avoir la volonté. Ce message a été transmis au Président de la République lors de sa venue. Un dossier lui a été remis à cette occasion. La somme allouée jusque-là ne suffisait plus si l’on souhaitait conserver à la visite une grande partie du village martyr. Il a été assuré que l’état resterait fidèle à Oradour. Il n’y a pas de raison d’en douter car cela a toujours été le cas. Il y a de plus en plus de murs qui s’effondrent, une végétation qui pousse à l’intérieur et qui n’arrange rien. Il sera tenu compte de notre demande car lorsque le paysage disparaît, c’est toute la mémoire qui s’efface. Philippe Lacroix et Benoit Sadry ont souligné, lors de cette visite, que, certes l’église est un endroit très symbolique mais que les 643 victimes ne faisaient qu’une et que toutes les habitations devaient être traitées avec égard.

Ordre du jour
1 – Approbation du compte-rendu de l’Assemblée Générale du 18 mai 2019.
À l’issue du vote, le compte-rendu de l’Assemblée Générale du 18 mai 2019 est adopté à l’unanimité.

2 – Rapport d’Activités par la présidente, Bernadette Malinvaud
Au cours des années 2020-2021 nous avons tous subi les contraintes sanitaires, le rapport d’activité en est forcément réduit.
Les adhérents ont reçu en juin 2020 un document qui rappelait les deux manifestations qui se sont déroulées en 2019, à l’espace Cité à Limoges, auxquelles ont assisté une soixantaine de personnes :
– La projection du film de Jérôme Amimer : « Récits d’Oradour »
– La conférence d’Héloïse BELOIR sur le thème de : « la conservation des ruines ».

Lors de l’AG 2019, il avait été question du partenariat et de la convention signée avec l’Association des Communes Jumelées de Nouvelle Aquitaine (ACJNA) concernant la projection du film « Mademoiselle Marie » (adaptation filmique de la comédie musicale du même nom présentée à Oradour en 2017).
L’ACJNA a acquis les droits de diffusion du film et propose des projections gratuites sur tout le territoire de la Nouvelle Aquitaine, auprès des scolaires et du grand public des communes jumelées.
À l’initiative du président de l’ACJNA, Maxime Négremont, adhérent d’OHVR, pris aujourd’hui par d’autres engagements et que je vous demande de bien vouloir excuser, après chaque projection, un débat est proposé avec le public en présence d’un membre de l’association des communes jumelées et d’un membre d’OHVR apportant un regard historique sur le contenu du film.
En 2019-2020, OHVR, a participé à 10 ciné-débats dans toute la Nouvelle Aquitaine, concernant plus de 1000 personnes. En 2021, après l’interruption due à la pandémie, 4 séances ont eu lieu et 4 sont déjà prévues en 2022.

Concernant, les interventions en accompagnement de Robert Hébras, la dernière a eu lieu au Lycée Saint Exupéry de Limoges, en février 2020. Elle faisait suite à la projection du film « Mademoiselle Marie ». Les élèves avaient souhaité avoir plus de précisions sur le massacre d’Oradour.

Aujourd’hui, il est hors de question de demander à Robert d’aller dans les lycées et les collèges. Physiquement, il a besoin de repos.
Robert continue à recevoir beaucoup de courrier, tant pour lui dire la satisfaction d’avoir lu son livre « Avant que ma voix ne s’éteigne » que pour lui demander des renseignements divers et variés, des courriers d’adultes mais aussi de jeunes qui veulent faire un travail parallèle à ce qu’ils apprennent au lycée.
Ces demandes se font aussi via la messagerie d’OHVR. La présidente est actuellement en contact avec un jeune de Normandie, depuis 2 ans. Il écrit un livre : « Souvenirs de guerre » dans lequel il intègre un ensemble de témoignages de résistants, de déportés, de prisonniers de guerre et de Robert … Son ouvrage sera publié sous l’égide de l’ONAC.

En août 2020, à la suite des inscriptions révisionnistes peintes sur le mur du CMO, OHVR a porté plainte en appui aux plaintes du président du CMO et du maire d’Oradour. Un communiqué a été publié dans la presse et envoyé par mail à tous les adhérents avec un lien pour signer une pétition de soutien à Robert et aux familles d’Oradour. Cette pétition a obtenu 2309 signatures.

En février 2021, Robert a reçu de son avocat, Maître Gaffet, le règlement de la somme de 2319,03 € clôturant le dossier du « contentieux » avec les ADEIF. Le dossier qui date de 2013 a une fin heureuse en 2021 … La présidente précise que le règlement de ce dossier est dû en partie à la ténacité de Sylvie, membre d’OHVR et secrétaire de Me Gaffet, qui, depuis 2017, a multiplié les recherches et les interventions auprès des instances juridiques concernées.

Par anticipation sur les activités pour 2022, Philippe Pommier intervient pour présenter une conférence à laquelle a été associée OHVR avec 17 autres associations, « La rhétorique de la haine », conférence qui a eu lieu le 4 mars 2022 à Limoges.
Cette conférence a permis de réagir fortement face à un discours de haine qui se répand depuis quelques mois en France à l’approche de l’élection présidentielle. Ces messages de haine couvrent les médias, les chaines d’infos en continu, les réseaux sociaux et on ne peut pas laisser envahir le débat public par ce genre de message. C’est pour cela que nous avons pensé que notre association pouvait être aussi partie prenante dans cette initiative qui a été prise par l’IHS-CGT de la Haute-Vienne, le MRAP, la Libre Pensée, l’association rencontre des historiens du limousin et puis, des associations de mémoire de la déportation, des associations antiracistes, la LICRA, la Ligue des Droits de l’homme, SOS racisme … il y avait en tout 17 associations regroupées qui ont invité l’historien, Gérard Noiriel. Il s’est adressé au cours de deux séances originales – gesticulées – c’est-à-dire théâtralisées avec une comédienne, dans lesquelles il a mis en parallèle les discours de haine qui se répandaient à la fin du 19ème siècle, début du 20ème siècle dans la presse de masse de l’époque, dans des journaux et dans des ouvrages de grande diffusion sur l’antisémitisme, en particulier la France Juive de Drumont et les discours d’aujourd’hui. Ce parallèle s’appuyait sur la construction des discours – la rhétorique – des propos de Drumont et les messages haineux d’Éric Zemmour à l’égard d’un autre bouc émissaire qui est aujourd’hui l’immigré et particulièrement le musulman. Cette initiative a eu un franc succès. Le conférencier tenait à ce qu’il y ait des jeunes et 2 lycées étaient représentés : le lycée Gay Lussac avec 3 classes et le lycée Dautry avec 2 classes soit 150 élèves dont les réactions ont été remarquables. Ce sont des élèves assez motivés car ils suivent des options d’histoire et de géopolitique. Ils ont été particulièrement pertinents dans leurs questions. Le débat qui a suivi la conférence a été très riche. En soirée, la salle était pleine et les organisateurs ont dû refuser du monde. Le lieu choisi : l’espace Simone Weil à Limoges, était aussi symbolique.

Bernadette Malinvaud reprend la parole pour présenter le projet phare de l’association : l’édition d’une BD sur Oradour.
Ce projet est né en partie à l’initiative de Robert qui a fait le constat qu’il y avait beaucoup de livres d’histoire sur Oradour mais qu’il faudrait, pour la mémoire, s’adresser de plus en plus aux jeunes. Et si on faisait une bande dessinée a-t-il proposé ! Mais nous ne savions pas faire. Nous avons dû nous appuyer sur des « professionnels » car ce que nous souhaitions alors par-dessus tout, c’est que cet album soit un ouvrage de référence « inattaquable historiquement ».

Grâce à l’intérêt, à l’investissement d’un auteur, Jean-François Miniac, d’un dessinateur, Bruno Marivain et d’un éditeur Nicolas Anspach la BD est en cours de réalisation.
Jean-François Miniac, après s’être approprié le contenu d’une importante bibliographie est venu, plusieurs fois, sur le site d’Oradour où il s’est « imprégné » des lieux.
Il a longuement interviewé et écouté les deux deniers témoins ; Robert Hébras survivant du massacre et Camille Senon, passagère du tramway venu de Limoges au soir du 10 juin 1944.
Ainsi a-t-il pu écrire un scénario très documenté, rigoureux dans sa précision qui a été validé par un comité de lecture, au cours duquel les représentants de l’association des Familles d’Oradour ont proposé à Jean-François Miniac quelques modifications de détails concernant les dialogues.
Notre exigence première était, en effet, de produire une BD irréprochable sur le plan historique.
Destinée à toutes les catégories de lecteurs elle sera également un « outil » pédagogique intégrant une partie documentaire.
L’éducation nationale, partie prenante de notre projet, proposera aux enseignants une fiche d’exploitation.
Et en complément, pour valoriser l’important et fondamental travail réalisé en amont par Jean-François Miniac un « making of » sera édité en simultané, par « les Ardents Éditeurs ».
Le dessinateur, Bruno Marivain, est venu également à Oradour, visualiser les lieux du récit écrit par Jean-François Miniac et préciser, grâce aux réponses de Robert Hébras, de nombreux détails graphiques.
Le scénariste et son dessinateur d’un commun accord ont contacté Nicolas Anspach qui dirige une maison d’édition belge et a publié de nombreuses BD historiques de grande qualité tant par le graphisme que par les dialogues.
L’éditeur connaissant « l’événement Oradour » a accepté avec enthousiasme leur proposition. Un contrat a été signé récemment.
En ce qui nous concerne, il est essentiel de préciser à nouveau que l’association est à l’initiative du projet, qu’elle veille à la rigueur du contenu historique et qu’elle n’a aucun but lucratif.

Aucune question n’est posée. Nous procédons au vote pour l’approbation de ce rapport d’activités.
Il est adopté à l’unanimité.

3 – Compte Rendu financier par les trésoriers Philippe Pommier et Henri Malinvaud
Philippe Pommier précise qu’avec la parenthèse du Covid, les recettes ont été très réduites et il y a eu quelques dépenses. OHVR est déficitaire. Les soldes sont négatifs mais les comptes sont sains.

4 – Compte Rendu des Vérificateurs aux comptes
Gérard Chambord lit le rapport établi par Jean-Luc Bayard et Gérard Chambord, vérificateurs aux Comptes.
Mesdames, Messieurs,
Conformément à la mission qui nous a été confiée, nous avons vérifié les comptes de l’association « ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation » pour la période de 01.01.2020 au 31.12.2020.
Tous les documents comptables nécessaires à notre examen ont été mis à notre disposition. Nous avons pu ainsi effectuer les contrôles et vérifications nécessaires. Des explications pertinentes et des justificatifs adéquats ont été fournis dans chaque cas.
Dès lors, nous sommes en mesure d’attester que les comptes de l’association « ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation » pour la période du 01.01.2020 au 31.12.2020 sont sincères et corrects. Ils se soldent par des recettes à hauteur de 550,00 € et des dépenses à hauteur de 955,48 €, soit un déficit de 400,48 €.
En conséquence, nous vous proposons d’approuver ces comptes tels qu’ils vous sont présentés.
En foi de quoi, nous avons rédigé le présent rapport.
À Limoges, le 24.02.2022
Le Compte rendu financier 2020 est adopté à l’unanimité

Mesdames, Messieurs,
Conformément à la mission qui nous a été confiée, nous avons vérifié les comptes de l’association « ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation » pour la période de 01.01.2021 au 31.12.2021.
Tous les documents comptables nécessaires à notre examen ont été mis à notre disposition. Nous avons pu ainsi effectuer les contrôles et vérifications nécessaires. Des explications pertinentes et des justificatifs adéquats ont été fournis dans chaque cas.
Dès lors, nous sommes en mesure d’attester que les comptes de l’association « ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation » pour la période du 01.01.2021 au 31.12.2021 sont sincères et corrects. Ils se soldent par des recettes à hauteur de 690,00 € et des dépenses à hauteur de 1813,72 €, soit un déficit de 1123,72 €.
En conséquence, nous vous proposons d’approuver ces comptes tels qu’ils vous sont présentés.
En foi de quoi, nous avons rédigé le présent rapport.
À Limoges, le 24.02.2022
Le Compte rendu financier 2021 est adopté à l’unanimité

5 – Renouvellement du tiers sortant des membres du Conseil d’Administration :
Sylvie Codecco, Sandra Combeau, Palmira Desseix, Claudine Fourgnaud, Henri Malinvaud, Anne Marie Montaudon et François Thomas sont administrateurs sortants.
Ils se représentent à l’exception d’Anne Marie Montaudon et de François Thomas
Odile Danthieux est démissionnaire en 2020.

3 postes sont à pourvoir.
Il y a 3 nouvelles candidatures : Héloïse Belloir, Dominique Danthieux, Agathe Hébras
Les 5 membres sortants sont, réélus à l’unanimité.
Les 3 nouveaux candidats, sont élus à l’unanimité

Le Vérificateur aux Comptes sortant, Gérard Chambord se représente. Il est également réélu à l’unanimité

6 – Fixation du montant de la cotisation annuelle.
Le montant de la cotisation reste inchangé, à 10,00 €.

7 – Projets pour 2022
– La poursuite des ciné débats avec « Mademoiselle Marie »
– Des actions selon les circonstances
– Le suivi de la BD

8 – Questions diverses :
Claudine Fourgnaud souhaite connaître les projets de la municipalité concernant Oradour.
Philippe Lacroix précise qu’il y a un plan pluriannuel pour l’entretien des ruines. Il a été demandé que la somme allouée soit un peu plus conséquente compte tenu de la dégradation plus rapide du village martyr.
Les autres projets sont plutôt municipaux :
– Travail en coopération avec la ville d’Hersbruck en Moyenne Franconie. Benoit et Philippe s’y sont rendus en novembre pour mettre en place des projets culturels, scolaires et sportifs. Ils ont répondu présents à Fritz Körber. Les représentants de cette ville allemande seront accueillis pour la commémoration du 10 juin pour entamer des relations un peu plus approfondies dans cette perspective.
– La Communauté de communes a restitué la Maison d’Oradour à la mairie d’Oradour pour l’euro symbolique. Il n’est pas question d’y faire un projet mémoriel, il y a déjà le village martyr et le CMO dont la scénographie va être revue après le 10 juin 2024. Cette Maison d’Oradour doit être tournée vers l’avenir. La Commission Culture du conseil municipal, sous l’égide de Benoît Sadry, va travailler à l’élaboration d’un projet qui devra tenir compte à la fois de l’histoire de cette maison mais aussi des infrastructures particulières qui pourraient y voir le jour : salle de conférence, salle d’exposition, …Le projet doit être commun avec l’ANFM et le CMO.

L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 11h30.

La secrétaire de séance,
Sylvie Codecco

Mail : oradour.hvr@laposte.net
Site : http://wwww.oradourhvr.fr</span

Allocution du Président de l’ANFMOG le 10 juin 2022

Le 10 juin 2022 le Ministre de la Justice Éric Dupont-Moretti, assistait à la commémoration du massacre d’Oradour-sur-Glane.
Benoît Sadry, président de l’Association Nationale des Familles des Martyrs et adhérent de l’association OHVR depuis 2012, nous autorise à publier le texte de son allocution.

Monsieur le Ministre,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les représentants des délégations françaises et étrangères,
Mesdames et Messieurs en vos grades et qualités,

Monsieur le Garde des Sceaux, au nom de l’Association Nationale des Familles des Martyrs d’Oradour-sur-Glane, qu’il m’est donné de représenter depuis quelques mois, je tiens à vous exprimer notre reconnaissance pour avoir accepté de présider cette journée anniversaire.
Au cours de cet hommage aux victimes du massacre du 10 Juin 1944, vous pourrez vous rendre compte que le crime de guerre – qui a été méthodiquement exécuté ici il y a 78 ans – a profondément marqué notre commune, aussi bien dans l’esprit de ses habitants que dans la chair de ses familles.

Au-delà de l’abject massacre d’une population tranquille et innocente, Paul Eluard a parfaitement résumé l’horreur de cette tragédie lorsqu’il écrivait à son ami, le sculpteur espagnol Fenosa :
« Ici, des hommes firent à leurs mères et à toutes les femmes, la plus grave injure, ils n’épargnèrent pas les enfants ».
En mémoire des 152 écoliers de l’ancien village d’Oradour, les élèves d’aujourd’hui auront une place particulière tout au long de cette cérémonie. Je tiens à les remercier, ainsi que leurs enseignants, pour leur implication dans l’hommage qui va être rendu tout à l’heure.
Je tiens également à saluer la classe Défense de l’Institution Beaupeyrat de Limoges pour sa présence, ainsi que ses deux encadrants pour leur engagement à faire vivre le devoir de mémoire.

Si par le passé – et notamment dans la période préparatoire au procès qui s’est tenu à Bordeaux en 1953 – notre association a eu de multiples occasions d’aller rencontrer vos prédécesseurs à Paris, vous êtes seulement le second Ministre de la Justice à être accueilli à Oradour.

Pourtant, en jetant un regard sur les huit décennies passées, les mots « Justice » et « Oradour » semblent deux termes difficilement conciliables, et qui dans tous les cas ne vont pas de soi.
Il y a quelques années, un journaliste a utilisé l’expression « d’inaudible justice » dans le cas d’Oradour, c’est ce qui semble en effet le mieux correspondre à cette relation.
Lors des salutations du maire il y a quelques instants, vous avez pu être surpris de la présence importante de représentants venus d’Alsace, parmi lesquels une délégation de Strasbourg conduite par son maire, ainsi qu’une délégation d’élus de la ville de Schiltigheim. Leur présence ici aujourd’hui est particulièrement symbolique et rappelle à chacun d’entre nous la déchirure qui a existé entre nos deux régions pendant des décennies.

En effet, le 12 janvier 1953, quasiment neuf ans après les faits, devant le tribunal militaire de Bordeaux, 21 soldats ayant participé au massacre d’Oradour sous l’uniforme de la Division S.S. Das Reich étaient présentés à leurs juges. Le besoin de justice des familles – malgré les lenteurs de la procédure et les multiples renvois – était énorme.
Pour autant, s’agissant d’une juridiction militaire, les familles n’ont pas pu se constituer partie civile. Avant même qu’il ne débute, ce procès annonçait déjà pour elles et pour les survivants une succession de déceptions. En plus, aucun officier responsable ne figurait sur le banc des accusés, seuls un adjudant et un sergent se partageaient les plus hauts grades, tous les autres n’étant que de simples soldats.
Comble du malheur pour la France de l’après-guerre, treize de ces soldats étaient des Alsaciens.
Par les ondes avec la voix de Frédéric Pottecher, et dans les colonnes des journaux sous la plume de Jean-Marc Theolleyre par exemple, les Français ont suivi avec passion ce procès pendant près d’un mois.
Deux mémoires s’y sont confrontées, deux crimes de guerre subis par des Français s’y sont opposés – le massacre d’Oradour-sur-Glane d’un côté et, de l’autre, le drame de l’incorporation de force vécu par l’Alsace.
Après des débats tendus, et pourtant admirablement menés par le président Marcel Nussy Saint-Säens, le verdict prononcé le 13 février 1953 décevait tout le monde. A Oradour, les peines étaient jugées insuffisantes et trop clémentes. En Alsace, au contraire, la condamnation à des peines de 5 à 8 ans de prison pour les 13 incorporés de force étaient totalement inadmissibles.
Pendant près d’une semaine, la France s’est trouvée déchirée par ces deux crimes de guerre. Le 21 février 1953, alors que l’encre du jugement était à peine sèche, alors que déjà, en plein procès, le législateur avait modifié la loi sur la responsabilité collective de 1948, le Parlement votait – au nom de l’unité nationale – une loi d’amnistie en faveur des 13 condamnés alsaciens.

Dans le cas d’Oradour, ce qui rend l’amnistie choquante, c’est qu’elle supprime rétroactivement le caractère d’infraction des faits. A Bordeaux, quelques jours plus tôt, dans son réquisitoire devant le tribunal militaire, le lieutenant-colonel Gardon avait eu cette citation presque prémonitoire, qui résume parfaitement la situation juridique créée par l’amnistie, en reprenant l’image de cette scène du Richard III de Shakespeare, lorsque le duc de Gloucester, couvert du sang du roi, supplie la reine : « Dites que je ne l’ai pas tué ! », et la reine de répondre : « Dites qu’il n’est pas mort ».
A Oradour, la conséquence de cette amnistie a bien supprimé l’infraction. Dans l’esprit des gens d’ici, dans l’esprit des familles, ce massacre resterait à présent le symbole du crime impuni.
En réfléchissant, avec le recul des décennies, sur ces deux crimes de guerre, il apparaît que la grâce aurait pu ne pas avoir ici les mêmes conséquences. Elle aurait permis, en effet, d’affirmer officiellement qu’il y avait bien eu un crime commis à Oradour, mais qu’au nom de circonstances exceptionnelles – dans les faits, cet autre crime de guerre abominable que fut l’incorporation de force – une dispense de peine était obligatoire, voire même naturelle.

A Oradour, il résultera de cette amnistie une rupture des relations avec l’État qui compliquera singulièrement la renaissance de cette ville martyre. À l’exception notoire du Général de Gaulle, le 20 mai 1962, aucun représentant de l’État ne sera plus reçu officiellement jusqu’en 1971.
Dès le vote de la loi d’amnistie, l’Association Nationale des Familles des Martyrs rend la Croix de la Légion d’Honneur et la Croix de Guerre attribuées aux victimes. Elle décide aussi de faire construire à ses frais un tombeau dans le cimetière pour recevoir les cendres des victimes et d’abandonner le monument érigé par l’État. Enfin, elle fait apposer à chaque entrée du village martyr la liste des parlementaires ayant voté la loi d’amnistie ainsi que les noms des 13 incorporés de force qui en avaient bénéficié.

Il faudra attendre le mois d’avril 1998, pour que de jeunes alsaciens soient accueillis au sein des familles d’Oradour. Malgré ce contexte douloureux entre nos deux provinces, un ancien « Malgré-nous » détenu en Russie au camp de Tambov, Charles Gantzer, avait souhaité de son vivant, rétablir le dialogue à la faveur d’un échange de jeunes.
Son initiative heureuse permit quelques mois plus tard au maire de Strasbourg de présider la cérémonie commémorative du 44ème anniversaire du massacre. Depuis, malgré ce passé difficile, les relations se sont apaisées tout en respectant la mémoire des victimes. Des élus d’Alsace ont su prendre le chemin d’Oradour, comme ceux d’ici ont su trouver celui de l’Alsace. En évoquant ces initiatives, je veux naturellement souligner, et saluer, la présence aujourd’hui des élus de Strasbourg et de Schiltigheim. Je veux aussi saluer Raymond Frugier, ancien maire d’Oradour, Marcel Darthout et Claude Milord, mes prédécesseurs, sans leur détermination et leur engagement, cette ouverture aurait été difficile.

La justice française n’a donc pas su apporter l’espérance qu’elle avait fait naître dans l’immédiat après-guerre au sein des familles. Par l’amnistie, le procès de Bordeaux fut discrédité et son souvenir déformé. Il en fut de même avec la justice allemande où, bien souvent, des raisons politiques, voire diplomatiques, ont empêché les tentatives de poursuite des criminels de la Division Das Reich.
Si notre amie allemande, l’historienne Andrea Erkenbrecher, nous a permis de connaître récemment toutes les actions qui ont été engagée en Allemagne de l’Ouest et en Allemagne de l’Est depuis la guerre, la justice rendue par les tribunaux allemands laisse cependant une certaine amertume et un sentiment d’inachevé.

D’une part, les plus hauts responsables du massacre, parmi lesquels le général S.S. Heinz Lammerding, n’ont jamais été inquiétés par la justice, ni jamais extradé malgré les demandes répétées de la France. Ce dernier – après avoir été entrepreneur dans le bâtiment toute sa vie – est mort en toute tranquillité dans son lit en 1971 à Düsseldorf.
Il faut attendre mai 1983 pour qu’un tribunal de Berlin-Est juge le sous-lieutenant Heinz Barth. Ce dernier reconnaît que le 10 Juin 1944 les ordres avait été donnés par le commandant Dickman, et qu’ils consistaient à détruire la localité et ses habitants, y compris femmes et enfants. Reconnu coupable, Barth fut condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Cependant, malgré ce jugement sévère, le condamné continua à bénéficier d’une pension d’anciens combattants. En raison d’une santé déclinante, il fut finalement remis en liberté en 1997.
Il mourut paisiblement à son domicile en août 2007.

En 2011, une nouvelle enquête est diligentée en Allemagne par le Parquet de Dortmund. Six soldats, encore en vie, voient leur domicile perquisitionné. Après plusieurs mois d’enquête, après une visite des ruines permettant encore de relever des impacts de balles sur certains murs, après l’audition de l’ensemble des témoins du massacre d’Oradour, le procureur Andreas Brendel inculpe, en 2013, l’un des mitrailleurs ayant participé, notamment, à l’exécution des hommes dans le Chais Denis et à celle des femmes et des enfants dans l’église. En juin 2015, malgré les éléments concordants apportés par le procureur, la Cour d’Appel de Cologne a prononcé un non-lieu en faveur de cet ancien S.S. estimant que sa participation ne pouvait pas être clairement établie.

Au final, on peut s’interroger sur ce que peut représenter la justice après un tel crime. Est-ce vraiment la justice au sens du droit appliqué que demande les victimes ? Est-ce qu’on ne court pas le risque d’être forcément déçu par la réponse qu’apportera la justice ? Et, au final, quelle sens a la justice pour la nouvelle génération qui vit aujourd’hui à Oradour ?

Peut-être la réponse à ces questions était-elle déjà dans le message lu par le préfet régional, le 21 juin 1944, au cimetière où les victimes venaient d’être inhumées :
« Quelles que soient les raisons invoquées, rien ne peut justifier le caractère effroyable de ce drame, contraire à la convention de La Haye, contraire aux lois françaises et allemandes […]. Adieu, habitants d’Oradour-sur-Glane […]. Nous jurons sur vos tombes que nous ne reculeront devant aucun effort pour empêcher qu’à l’avenir d’autres subissent votre sort. Ce sera là toute notre raison d’être : que votre martyr serve à sauver les vivants ».
Dans des termes tout à fait similaires, le général de Gaulle, déclarait ici, quelques mois plus tard, le 4 mars 1945 :
« Oradour est le symbole des malheurs de la Patrie. Il convient d’en conserver le souvenir, car il ne faut plus jamais qu’un pareil malheur ne se reproduise ».

C’est le sens de l’hommage rendu aux victimes aujourd’hui, c’est le sens de notre engagement à porter leur mémoire, non pas seulement en se rappelant du martyre qu’elles ont subi, mais en portant leur souvenir pour que d’autres n’aient pas à vivre un tel calvaire.
De même, qu’en tirant les leçons des jours qui ont suivi la tragédie, d’autres – dans des circonstances semblables – puissent bénéficier d’un soutien psychologique qui fut oublié ici, d’une reconstruction de leurs habitations qui les prendrait en compte, d’une meilleure réponse à leur besoin de justice.
Aujourd’hui, par votre présence Monsieur le Ministre, avec les représentants de l’Alsace, avec Mme la Consule générale d’Allemagne, avec notre ami le maire de Dachau, Florian Hartman, avec une délégation importante d’élus du Bezirk de Moyenne Franconie, parmi lesquels notre ami le maire d’Hersbruck, Robert Ilg, avec toutes les délégations et le public présent, nous savons que le plus bel hommage, la meilleure justice que nous puissions rendre aux victimes d’un tel massacre 78 ans après, c’est de s’unir ensemble pour construire sur notre sol européen, un espace de paix et de sécurité.
Cette conviction, cet engagement européen, ont été ici renforcés par la visite, le 4 septembre 2013, du président allemand Joachim Gauck, accompagné de son homologue le président Hollande, venu officiellement reconnaître le crime de guerre perpétré ici par « une unité sous commandement allemand » afin que puisse naître « un chemin vers l’avenir, un avenir commun, un avenir pacifique et dans le partenariat entre la France et l’Allemagne ».
Ainsi, notre idéal européen, fondé sur la liberté, la dignité de l’homme, la justice et la solidarité, est né des cendres de la Seconde guerre mondiale. Avec les délégations présentes ici aujourd’hui, notre histoire européenne s’inscrit aussi bien dans les massacres d’Oradour et de Maillé, qu’à travers les déportés de Tulle à Dachaü, les détenus du Camp des Milles à Aix-en-Provence ou ceux du camp d’Hersbrück dépendant de celui de Flossenbürg.
Demain, il nous faudra aussi inclure dans cette histoire et dans cette mémoire européenne, les crimes perpétrés actuellement en Ukraine, les images de Boutcha ou de Kramatorsk nous rappellent tellement celles qu’Oradour donnaient à voir au lendemain du massacre.

Puissions-nous aujourd’hui, dans la cérémonie que nous allons vivre ensemble dans quelques minutes en mémoire des martyrs d’Oradour, avoir aussi une pensée pour les victimes civiles de ce conflit aux portes de l’Europe, ainsi que pour les victimes des attentats de Paris du 13 novembre 2015 dont le verdict du procès est attendu dans quelques jours.

Je vous remercie.

Benoît SADRY
Président de l’Association Nationale des Familles des Martyrs

Oradour-sur-Glane, le 10 juin 2022

Le Ministre a assuré aux représentants des familles avoir entendu ce message fort, avoir conscience des manquements de la justice. Souhaitant s’exprimer officiellement pour l’Histoire, il a émis le vœu d’organiser une cérémonie à la Chancellerie avec les familles et descendants.

Ruines d’Oradour-sur-Glane : les conserver, pourquoi et comment ?

Le 21 novembre 2019, à l’espace Simone Veil, OHVR avait organisé la projection du film documentaire réalisé par Jérôme Amimer : « Récits d’Oradour ».
Marqué par le destin de sa grand-mère russe dont le village fut, comme Oradour, brûlé par les armées nazies, le réalisateur porte un regard grave sur les ruines filmées en plans longs et fixes en noir et blanc.
Ses visites régulières à Oradour lui ont permis de constater les transformations subies par les ruines sous l’effet des éléments naturels (gel, pluie, vent) et, aussi des travaux de consolidation menés pour les conserver. En accompagnant ses images, des commentaires délivrés par quatre intervenants n’ayant pas connu l’événement, Jérôme Amimer pose, à plusieurs voix, l’enjeu de la transmission, le questionnement entre le temps des témoins et celui de nouvelle générations pour qui le sens des ruines devra perdurer. D’où la nécessité et l’importance de leur conservation qui fut l’objet de la conférence présentée par Héloïse Belloir le 28 novembre.

Héloïse a soutenu en 2012 un mémoire « Les enjeux liés à la préservation du site d’Oradour-sur-Glane : conserver, informer, transmettre ».
Aussi après avoir dressé l’inventaire des destructions : 328 bâtiments incendiés la conférencière rappelle le processus qui conduisit à la promulgation de la loi spéciale du 10 mai 1946, relative à la conservation des ruines d’Oradour.
Cette loi, en classant l’ensemble des vestiges du village au registre des monuments historiques transfère la propriété des ruines à l’État, en interdit la destruction et oblige à mettre en œuvre des moyens financiers et techniques pour en assure l’entretien.
Héloïse insiste sur la particularité liée à cette conservation des ruines : il s’agit non de les restaurer mais de les maintenir « dans le meilleur état de destruction possible » (Jacques Duhamel ministre des Affaires culturelles de 1971 à 1973).
Pour ce faire, plusieurs politiques de conservation ont été menées jusqu’à nos jours. Héloïse les présente avec précision et rigueur en caractérisant chacune d’elle :
• de 1944 à 1966 les préoccupations essentielles sont le simple entretien des ruines et des jardins. Après les travaux de déblaiement il s’agissait de nettoyer et consolider les murs menacés d’effondrement, de renforcer les structures fragilisées. S’ajoutaient à ce programme l’entretien de la végétation qui reprenait ses droits et la construction d’un mur d’enceinte (de 1945 à 1947).
• de 1966 à 1983 l’entretien courant se poursuit et alterne avec de gros travaux ponctuels comme des purges ( la destruction de conduits de cheminée dangereux), de gros travaux de réparation (notamment sur la rue principale), la mise en place de barrières de protection pour interdire l’accès dans le cœur d’îlots instables. Malgré les mesures conservatoires engagées, les ruines se dégradent ce qui entraîne la définition de nouvelles politiques de conservation.
• ainsi de 1983 à 1993 le nouveau programme fixe deux objectifs et dégage deux axes d’intervention :
– garantir la sécurité des visiteurs par la mise en place d’un circuit de visite qui définit et privilégie les axes jugés majeurs.
– respecter la volonté du législateur de 1946 : « témoigner à travers le temps » en maintenant l’état des vestiges du massacre du 10 juin 1944.
Durant ces dix années la préservation prioritaire des façades des rues principales permet d’assurer une conservation indéniable de celles-ci au détriment des cœurs d’ilots. Elle accentue le contraste dans la sauvegarde des vestiges et provoque une nouvelle étude qui débouche sur un programme porteur d’une vision tournée vers l’avenir « pour témoigner devant les générations à venir ».
• en effet à partir de 1994 et jusqu’à la fin 2008 est envisagé un programme d’intervention sur le site découpé en 12 îlots incluant les parcelles intérieures, les arrières plans et les axes secondaires délaissés afin de privilégier une lecture générale du village.
Cependant en 1995 les budgets jugés trop conséquents sont revus à la baisse. À partir de cette date la conservation des ruines consiste, alors, à accompagner l’évolution inéluctable des ruines à l’échelle des îlots. L’État conserve, assure « une survivance douce » du site en concentrant ses efforts sur le quartier de l’Église porteur de l’essentiel du symbole.
Il faut, ici noter, les dégâts causés par la tempête de 1999 qui modifient totalement l’apparence du site exigeant de nouveaux travaux.
• depuis 2008, on ne pratique plus de gros travaux. Désormais les interventions s’inscrivent dans une politique d’entretien au coup par coup, essentiellement sur la maçonnerie, sur les espaces verts et sur l’Église qui occupe une place à part, parce que symbolique, dans la survivance du site.
En conclusion à cet exposé très documenté, Héloïse Belloir évoque quelques-unes des limites inhérentes à la conservation du site.
– La problématique de l’authenticité qui est au cœur de préoccupations d’ordre éthique, déontologique et esthétique.
– La dénaturation des vestiges : en voulant conjurer les effets du temps les interventions outrepassent le simple maintien en l’état et falsifient la lecture du site.
– Le constat que la disparition des vestiges s’accompagne d’une certaine perte de Mémoire du drame et de l’apparition de nouvelles lectures. Parmi ces dernières, citons une lecture ethnographique accentuée par la mise en place de plaques de couleur indiquant la profession des habitants. Cette signalétique ne fait plus référence au drame mais à l’histoire du village avant le drame.
Le Centre de la Mémoire ouvert depuis 1999 a vocation, entre autre, à remédier à ces limites en informant le visiteur par un récit historique et une incitation à une réflexion de paix liée à une recherche de vigilance permanente.
À la suite de ces deux manifestations, le public, très attentif et à la recherche d’informations, a longuement échangé avec le réalisateur Jérôme Amimer et la conférencière Héloïse Belloir.

Bernadette Malinvaud

Redémarrage du site OHVR

Pour information

Depuis plusieurs mois notre site OHVR ne pouvait rien publier suite à un dysfonctionnement inexpliqué de notre hébergeur gratuit.
Après l’intervention, longue et délicate, d’un gestionnaire professionnel de sites, les données ont pu être presque totalement récupérées et transférées sur un hébergeur payant.
Malheureusement, les publications de 2019 ont été perdues.
Nous repartons maintenant sur de bonnes bases.
Comptant sur la compréhension de tous.

Henri Malinvaud webmaster OHVR

Deux rencontres avec les Collégiens

Les collégiens de Charlotte (Caroline du Nord USA)

Dans le cadre d’un échange scolaire, 21 élèves du collège Waddell Language Academy de Charlotte (Caroline du Nord, USA) séjournaient dans les familles de leurs correspondants du collège Auguste Renoir à Limoges.
Le 19 mars 2018, accompagnés de leurs professeurs, ils ont visité l’exposition permanente du Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane (CMO), les ruines du village martyr puis ont rencontré Robert Hébras. Pendant une heure, tout en précisant le récit des événements vécus le 10 juin 1944, il répondit à leurs nombreuses questions.

Collège des Clairs Soleils de Besançon

Et le 2 mai 2018 c’est au collège des Clairs Soleils à Besançon que Robert Hébras témoigna devant 150 élèves de troisième. Ici, c’est un élève, qui après avoir découvert les ruines d’Oradour-sur-Glane en même temps que le récit de Robert Hébras, a proposé à sa professeure d’Histoire d’inviter ce « dernier survivant » du massacre du 10 juin 1944, à venir « parler à ses camarades ».
Robert Hébras était particulièrement heureux et fier de cette initiative qui répondait à un des ces vœux les plus chers : faire de ces jeunes qui l’entendent des « passeurs », des messagers de cette mémoire.
Merci à cet élève, merci aux enseignants du collège des Clairs Soleils de Besançon.

Récits d’Oradour de Jérôme Amimer

Ce documentaire a été projeté au Ciné-Bourse à Saint-Junien le 26 avril, en présence de l’auteur, de deux des personnes qu’il a enregistrées, de Robert Hébras et de Philippe Lacroix, maire d’Oradour.
Gravité, subjectivité et universalité du message, voilà ce que perçoit le spectateur.
Grave est le regard porté sur les ruines qui sont filmées en plans longs et fixes, dans un noir et blanc intemporel et par l’insertion de documents photographiques, sans commentaire superflu ; ce parti pris dépasse l’esthétisme, évite le pathos et exprime le respect dû à ce lieu hanté par le souvenir des 642 victimes du 10 juin 1944.
Graves et subjectifs sont les propos de l’auteur et des quatre intervenants qu’il a retenus.
Jérôme Amimer marqué par le destin de sa grand-mère russe, survivante d’un massacre au sud de Pskov, lie l’évocation de ce passé familial à sa représentation du drame d’Oradour, un « monument intérieur » dans son espace mental.
Jean-Michel Ducouret, en tant que guide, témoigne de l’atmosphère de recueillement qui a prévalu et prévaut encore dans la visite, entre pèlerinage et tourisme de mémoire. Relatant les travaux de consolidation et d’entretien, il insiste sur l’importance de la conservation des ruines.
Héloïse Belloir, historienne, rejoint cette préoccupation, inquiète de l’avenir d’un lieu érodé par le temps et la reprise de la vie. Dans son étude des « monuments et documents non intentionnels », traces à partir desquelles se construit la mémoire, elle a trouvé matière à Oradour dans les objets de la vie quotidienne, recueillis, réintroduits, mis en scène, sacralisés en reliques des martyrs : des documents à contextualiser, des indices de vies fauchées par le massacre.
Claude Milord, président de l’Association des familles de martyrs d’Oradour, rappelle les relations avec l’État, en particulier la rupture après le procès de Bordeaux, à l’issue duquel les incorporés alsaciens furent amnistiés (et non « graciés »). Il insiste sur la « solidarité » envers et entre les familles et sur le poids du deuil qui marque durablement cette « communauté de souffrance ».
Benoît Sadry, élu municipal, aborde le long chemin de l’apaisement dans l’opinion des habitants, avec la réception de personnalités nationales, le rapprochement avec l’Alsace et l’Allemagne, la mise en place de la statue de Fenosa (refusée par l’évêché, et non par la commune) ; des habitants auparavant écartés des décisions de la reconstruction, « dépossédés de leur village » et sans soutien psychologique en ce temps-là.
Des « récits » particuliers, où affleure l’émotion, parfois discutables, mais légitimes, suscitant la réflexion.
Points de vue personnels mais de portée universelle, érigeant Oradour en symbole, « miroir d’autres désastres », contemporains (innombrables massacres du front oriental) et aussi actuels, des crimes qui frappent l’humanité toute entière.
Dans le débat qui a suivi la projection, Robert Hébras a tenu à rappeler que, pendant neuf ans, les habitants d’Oradour, logés en baraquements, ont subi l’épreuve de la traversée quotidienne du village en ruine.
En conclusion, Jérôme Amimer livre une œuvre utile, posant à plusieurs voix l’enjeu de la transmission (aucun des interlocuteurs n’a vécu l’évènement), un questionnement significatif de la transition entre le temps des témoins et celui des nouvelles générations pour qui le sens des ruines d’Oradour devra perdurer. C’est déjà la mission des services des Monuments historiques et du CMO, un devoir d’histoire.

Philippe Pommier

Compte rendu de l’Assemblée Générale ordinaire du 24 mars 2018

 

Bernadette Malinvaud présidente de l’association, remercie Philippe Lacroix, Maire d’Oradour-sur-Glane, membre de l’association qui nous permet, une fois encore, de tenir notre AG dans cette salle, à titre gracieux.

Remerciements pour leur présence à Pierre Allard, maire de Saint Junien, Joël Ratier, président de la communauté de communes Porte Océane du Limousin, Claude Milord, président de l’Association Nationale des Familles des Martyrs d’Oradour sur Glane (ANFMOG), Annie Dardilhac maire de Javerdat.

Excusés: Palmira Desseix, Philippe Grancoing, Michèle Soult, Camille Senon, Albert Valade et de nombreux adhérents qui ont donné procuration.

Secrétaire de séance Sandra Combeau.

Aujourd’hui OHVR compte 152 adhérents, 42 sont présents, s’ajoutent 34 procurations, le quorum est atteint.
La présidente déclare la séance ouverte :
Elle remercie Sandra Combeau d’assurer le secrétariat de séance.

Depuis 2015 à la demande de Monsieur Guy Lacorre sont évoquées les personnes disparues durant l’année précédente.
En 2017, à notre connaissance, nous ont quitté Henri Aupetit, Guy Lacorre, Pierre Laborie et Jacqueline Pinède dont Robert Hébras évoque la mémoire :

Jacqueline Pinède

« Sommée de quitter Bayonne, sa ville natale, en 1943 (cf. « Ordre d’expulsion », visible au service des archives du Centre de la Mémoire), Jacqueline Pinède et sa famille de confession juive, trouvent refuge à Oradour-sur-Glane. Dissimulée sous un escalier en pierre avec sa sœur et son petit frère, elle échappe au massacre. Ce 10 juin 1944, elle perd son père, sa mère et sa grand-mère qui font partie des 642 victimes d’Oradour. »
Dès lors, Jacqueline et Robert resteront en relation.
Elle est décédée en février 2017. Robert, accompagné de Benoît Sadry, représentant l’Association des Familles des Martyrs, ont assisté à ses obsèques à Bayonne. Elle était une des dernières rescapées.

Une minute de silence est observée.

Ordre du jour
1) Approbation du compte rendu de l’assemblée générale du 4 février 2017.
Après vote, le compte rendu est adopté à l’unanimité.
2) Rapport d’activité par la présidente
Comme les années précédentes nous avons accompagné Robert Hébras :
En mai 2017 à Billom Communauté Urbaine de Clermont-Ferrand. Organisée par la section de la FNIDRP, avec le soutien de la municipalité et des enseignants, 400 élèves de collèges publics et privés ainsi que 300 adultes sont venus à la rencontre de Robert Hébras. Ils ont pu assister à la projection du documentaire de Michaël Faugeroux « Le droit à la mémoire », suivie de questions et d’échanges avec Robert.
Il faut savoir que la population de Billom est très impliquée dans le travail de Mémoire, car marquée par la seconde guerre mondiale et les actions de la résistance. Le 16/12/1943, suite à une dénonciation, une rafle détruisit un maquis entier. Plus de 90 personnes furent fusillées, une centaine déportées. Une remarquable exposition présentait l’histoire des maquis de la région.
1er décembre 2017, déplacement à Paris au Lycée Louis-le-Grand, répondant à une demande du proviseur et des professeurs d’histoire. Plus de 500 élèves des clases de secondes, premières, terminales et classes préparatoires étaient présents dans une salle comble. Très intéressés ils assaillirent Robert de questions et eurent du mal à le laisser partir. Le message d’un professeur confirme « les élèves ont retenu énormément de choses : cela a provoqué d’intenses réflexions chez eux et entre eux ». Ce qui permet à Bernadette Malinvaud de faire part d’une évolution constatée au cours des trois années d’accompagnement dans les collèges et lycées en France et en Allemagne. Robert reste évidemment toujours et avant tout le témoin mais il et aussi conduit, par les questions de élèves, à retracer son cheminement psychologique et intellectuel qui ont permis son engagement et son rôle dans la réconciliation et l’amitié franco-allemande. Il tient aussi à leur transmettre ses espoirs liés à la construction européenne, certes fragile, mais absolument nécessaire.
Constat également que ces élèves font de plus en plus part de leurs propres inquiétudes et questionnements face à l’avenir. Ils craignent les fractures, le terrorisme, la recrudescence du nationalisme, l’exclusion, le racisme… À cela, Robert Hébras, qui ne minimise pas les risques, trouve les mots pour les rassurer, les encourager et leur redonner confiance en plaçant lui-même sa confiance en eux. Il les invite aussi à toujours faire preuve de vigilance et d’engagement. Il agit ainsi indéniablement en faveur de l’action citoyenne. Ces interventions créent un lien fort avec la jeunesse, car au-delà de la transmission de son témoignage, il éclaire l’avenir.
En novembre, à l’espace CITE (devenu Simone Veil), dans le cadre de la semaine du documentaire, en partenariat avec le musée de la Résistance et l’ONAC (Office National des Anciens Combattants) a été projeté le film « Maillé, le massacre oublié ». Une séance était destinée aux élèves, l’autre en soirée ouverte à tout public. Des remerciements sont adressés tout particulièrement à Murielle Champeymont, responsable du service éducatif, et à Sylvie Codecco, adjointe au directeur de l’ONAC, qui ont œuvré pour la réussite de ce projet.
Le massacre de Maillé a eu lieu le 25 août 1944. 124 habitants dont 48 enfants sont massacrés par les Waffen SS de la 17ème Panzer Grenadier Division. Une grande partie des habitations est détruite par le feu et le bombardement qui succède au massacre. Après la guerre on reconstruit sur les ruines, les traces du drame disparaissent et les survivants demeurent silencieux.
Malgré une commémoration chaque année, cette dernière se trouve dans l’ombre de celle de la libération de Paris. En 2003, suite à une collecte de témoignages effectuée par Marie-Françoise Gaucher, un film a été réalisé afin de rappeler les faits dramatiques ayant touchés ce village. Serge Martin, rescapé du massacre, présent lors de cette projection à Limoges, avait 10 ans en 1944. Ses deux parents, son frère et ses deux sœurs ont été massacrés. Président de l’Association « Pour le Souvenir de Maillé », il témoigne, accompagné par Romain Taillefet, directeur de la Maison du Souvenir de Maillé, structure mémorielle inaugurée en 2006.
À l’issue de la projection, ont eu lieu des échanges avec les publics scolaires et adultes pour répondre aux nombreuses questions.
Mars : Un article du journal le Monde du 14 mars 2017 nous a fait réagir. Il annonce le projet de créer un Mur des noms à Schirmeck en Alsace, à l’initiative du président du Conseil Régional du Grand Est, à la demande d’associations de descendants de « malgré nous ».
Le projet prévoit « de faire figurer, par ordre alphabétique, les noms de 52 000 Alsaciens et Mosellans, tués durant la guerre 1935-1945. Parmi eux, des soldats de l’armée française, mais aussi des soldats incorporés dans l’armée française en 1939-1940, les déportés juifs, les résistants, ou encore les jeunes alsaciens et mosellans enrôlés de force dans la Wehrmacht et la Waffen SS. ». Si cette demande semble légitime, une liste mêlant sans distinction les noms, où les uns seraient les victimes des autres nous est apparue très contestable. Un courrier, cosigné par Robert à été envoyé à Monsieur le Secrétaire d’État aux Anciens Combattants (avril 2017). Pour information, une copie a été transmise, au président du Grand Est, au président de la Nouvelle Aquitaine, au Préfet de la Haute-Vienne. Aucune réponse ne nous est parvenue. Seule information : le projet, qui a aussi suscité en Alsace de nombreuses protestations d’associations, serait au point mort. Il convient de rester vigilant à l’égard de ces projets qui peuvent être à double tranchant.
Un deuxième courrier avait été effectué également et cosigné par la Mairie d’Oradour, l’ANFMOG et le président du Centre de la Mémoire à l’attention de M. Richert.
Nous avons aussi participé à quelques manifestations :
27 septembre : accompagnement de Robert Hébras au bureau du Parlement Européen à Paris, où Sylvie Guillaume, vice-présidente du Parlement européen, lui remit la médaille du Prix du Citoyen Européen. Chaque année, depuis 2008, ce prix est décerné par le Parlement Européen à ceux qui, par des actions ou des initiatives remarquables, facilitent la coopération transnationale et promeuvent les valeurs européennes. La candidature de Robert Hébras était présentée et soutenue par Jean-Paul Denanot, Député Européen. À noter qu’il est assez rare que ce prix soit remis à une personne en particulier. Il s’agit généralement d’associations.
À la suite de cette cérémonie, la Maison de l’Europe-Centre Europe Direct Limousin a tenu à organiser une cérémonie pour souligner cette décoration reçue par Robert, dans le cadre du salon du dessin de presse de Saint-juste-le Martel Sans surprise aucune, pour ceux qui connaissent Robert, il a rappelé « n’avoir fait que son devoir d’homme ».
Octobre : Accueil d’une délégation de Billom en présence du maire de cette commune. Robert Hébras les a accompagné pour la visite du village. Le maire d’Oradour ayant rejoint la délégation au tombeau des martyrs, deux gerbes de fleurs ont été déposées et une minute de silence fut observée. La délégation a effectué la visite de l’exposition permanente du Centre de la Mémoire l’après-midi.

Robert Hébras souhaite prendre la parole :
Il évoque sa difficulté, bien compréhensible, à répondre à toutes les invitations. Il souhaiterait donc être plus accompagné et soutenu par l’association.
L’engagement sans faille et le courage à toujours aller à la rencontre des collèges et lycées (quotidiennement selon les périodes), expliquent, en partie, le fait que Robert soit souvent identifié directement comme porteur d’un symbole, et donc invité à titre individuel par différentes associations, institutions, etc… Bernadette Malinvaud répond en précisant la difficulté à s’imposer alors que l’invitation est adressée spécifiquement à celui qui incarne la légitimité de la Mémoire d’Oradour. Le maire d’Oradour fait savoir qu’en effet, les invitations ne lui parviennent pas toujours.
À cet égard, il est rappelé la nature atypique de l’association OHVR née d’un procès, alors que Robert était seul face à une situation injuste et inacceptable. Notre association demeure toujours très attentive à ne pas empiéter sur les compétences de la Municipalité, de l’ANFMOG, du Centre de la Mémoire, même sil est souhaitable que des projets communs puissent être menés.
En prolongement, une discussion s’instaure parmi les adhérents sur l’avenir et la mission de l’association. Proposition est faite de revoir ses statuts.
Dernier point : le 9 février 2018, réception d’un décompte, transmis par Maître Gaffet, concernant les sommes de remboursement des frais de justice restant dues à Robert. Le décompte a été transmis à l’Avoué pour règlement. Même s’il s’agit d’une bonne nouvelle, Philippe Pommier fait remarquer, à juste titre, la lenteur de la procédure comparée à la rapidité avec laquelle Robert Hébras avait vu sa voiture gagée immédiatement après sa condamnation par la Cour d’Appel de Colmar.

Après vote le rapport d’activités est adopté à l’unanimité

3) Compte Rendu financier par le trésorier Philippe Pommier

Une avance pour un déplacement (215,20 euros) est décomptée dans le total des dépenses et son remboursement est ajouté dans celui des recettes.
Le solde de l’exercice est excédentaire de 896,01 €.
Le montant du livret A au 2 janvier 2018 est de 11 187,38 €.

4) Compte Rendu des Vérificateurs comptes
Henri Malinvaud, trésorier adjoint, lit le rapport établi par Jean-Luc Bayard et Gérard Chambord.
« Conformément à la mission qui nous est confiée, nous avons vérifié les comptes de l’association ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation pour la période du 01.01.2017 au 31.12.2017.
Tous les documents comptables nécessaires à notre examen ont été mis à notre disposition. Nous avons pu ainsi effectuer les contrôles et vérifications nécessaires. Des explications pertinentes et des justificatifs adéquats ont été fournis à chaque cas.
Dés lors, nous sommes en mesure d’attester que les comptes de l’association ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation pour la période du 01.01.2017 au 31.12.2017 sont sincères et corrects. Ils se soldent par des recettes à hauteur de 1 898,48€ et des dépenses à hauteur de 1 002,47 €, soit un excédent de 896,01 €.
En conséquence, nous vous proposons d’approuver ces comptes tels qu’ils vous sont présentés.
En foi de quoi, nous avons rédigé le présent rapport. »

Après vote, le rapport financier est adopté à l’unanimité.

5) Renouvellement du tiers des membres du CA :
Sylvie Codecco, Palmira Desseix, Claudine Fourgniaud et Henri Malinvaud administrateurs sortants se représentent. Il n’y a pas de nouvelle candidature.

Les membres sortants sont réélus à l’unanimité.

6) Renouvellement du Vérificateur aux comptes : Gérard Chambord se représente.
Gérard Chambord est réélu à l’unanimité.

7) Fixation du montant de la cotisation annuelle : Le Conseil d’Administration propose le maintien à 10€.

Après vote, accord à l’unanimité

8) Perspectives pour 2018
Proposition d’aide financière pour un voyage d’élèves sur des lieux de mémoire (Musée de la Résistance et de la déportation de Besançon, Maison d’Yzieu, Musée de la Résistance de Lyon et prison de Montluc). Participation à hauteur de 300 euros.
Sylvie Codecco nous fait part de la présentation en avant-première d’un film « Récits d’Oradour » réalisé par Jérôme Amimer. Plusieurs membres d’OHVR confirment l’intérêt certain de ce film qui évoque le traumatisme d’Oradour, sa transmission et l’héritage porté par l’auteur en écho à l’histoire de sa grand-mère qui a vu son village de Russie brûler. Ce film présente plusieurs approches : historiques, conservation des ruines etc…Claude Milord est d’ailleurs associé à ce film. Il informe que le DVD de ce film, proposé à la vente de la librairie du CMO lors du dernier CA, n’a pas été retenu.
Pierre Allard précise que le directeur du Centre de la Mémoire a tenu compte de l’avis de ses experts pour lesquels ce film « n’apporte rien de plus sur l’histoire d’Oradour-sur-Glane ». « Le CMO n’est pas un supermarché ».

9) Questions diverses
Répondant à une question concernant un projet de mise en place de panneaux explicatifs au village martyr qu’il avait évoqué au cours de l’AG 2017, Claude Milord informe que ce projet est actuellement au point mort. Il espère que la conservatrice de la DRAC, nouvellement nommée, pourra porter ce projet à son terme.
Vigilance toujours nécessaire : Un groupe néo-nazi, « la Division Nationaliste Révolutionnaire », a tenté d’installer un local à Tulle. L’intervention de plusieurs associations et la décision du préfet de Corrèze l’en ont empêché. Ce collectif tient des propos odieux et calomnieux sur un site internet.

L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée, laissant place au partage du « verre de l’amitié »

 

La secrétaire de séance,

Sandra Combeau

 

Mail : oradour.hvr@laposte.net
Site : http://www.oradourhvr.fr

 

Robert Hébras au Lycée Louis le Grand

Le 1er décembre 2017, l’amphithéâtre du Lycée Louis le Grand était comble. Élèves de 2ème, 1ère, terminale, khâgne, hypokhâgne, enseignants se pressaient pour écouter le témoignage de Robert Hébras.
Une nouvelle fois, après la projection du film-interview réalisé par Michael Faugeroux, « le droit à la Mémoire », Robert Hébras fut assailli de questions.
Questions concernant le massacre d’Oradour, ses circonstances, ses acteurs et aussi le processus de reconstruction de ce survivant en dehors de tout accompagnement psychologique.
Interrogations portant sur la Mémoire et sa transmission : pour lui, il s’agit essentiellement de maintenir celle des 642 victimes tout en participant à la réconciliation franco-allemande.
Furent également abordées les questions concernant la vie quotidienne des Limousins durant la période 1940-1944, les réactions des représentants du gouvernement de Vichy face à ce massacre.

Deux heures d’échanges intenses, conclues par Robert Hébras qui rappela à tous les jeunes l’importance d’être vigilants. Vigilance face à la haine, face à tous les extrémismes et sectarismes. Nécessité du dialogue entre les Peuples pour maintenir la Paix.

« Maillé, le massacre oublié » projeté à l’Espace CITE à Limoges

Le 25 août 1944, 124 habitants, dont 48 enfants, du bourg de Maillé, en Touraine, sont massacrés par des soldats allemands. Une grande partie du village est détruite par le feu puis par le bombardement qui succède au massacre.
Dès 1945 on reconstruit, les ruines disparaissent. Les commémorations locales, chaque 25 août, sont occultées par celles de la libération de Paris le même jour. Les rescapés ne parlent pas jusqu’en 1994, date à laquelle une exposition des Archives Départementales révèle aux habitants l’existence d’un jugement du tribunal militaire de Bordeaux.
La parole des rescapés se libère alors. Ce sont quelques uns de leurs témoignages présentés dans le film documentaire « Maillé, le massacre oublié », réalisé par Marie-Françoise Gaucher en 2003, que le public limousin a découvert le 16 novembre 2017. 120 collégiens et lycéens et environ 75 adultes, ont pu, après cette projection, dialoguer avec Monsieur Serge Martin.

Monsieur Serge Martin

Le 25 août 1944, il avait 10 ans et était chez ses grands-parents à 3 kilomètres de Maillé. Sa mère, son père, son frère, ses deux sœurs ont été massacrés. Comme tous les autres rescapés, il n’a pas parlé pendant 50 ans. Aujourd’hui, président de l’association « Pour le Souvenir de Maillé » il répond aux questions, il explique.
S’il ne pardonne rien aux acteurs, il insiste sur l’absence totale de haine à l’égard des générations suivantes qui ne doivent pas se sentir responsables. Il redit l’impérative nécessité de la réconciliation et de l’amitié franco-allemande fondées sur la connaissance historique, transmise, notamment, depuis 2006 par la Maison du Souvenir de Maillé. Romain Taillefait, responsable de cette structure mémorielle, en accompagnant le témoignage de Monsieur Martin, inscrit ce crime de guerre commis par les Waffen-SS de la 17ème Panzer Grenadier Division, dans le contexte historique et la mémoire collective de la 2ème guerre mondiale.
En Touraine, conclut-il « on a l’impression que cette histoire demeure méconnue. À vous de la transmettre autour de vous »

 

Romain Taillefait et Serge Martin

JOHANN CHAPOUTOT écrit dans Libération

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