DEVOIR DE MEMOIRE

ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation

Jean Marcel Darthout est décédé le 4 octobre 2016

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« Je n’oublierai jamais cet homme avec lequel j’ai survécu au pire et espéré le meilleur ».
Par ces quelques mots Robert Hébras résume le destin des deux derniers survivants de la grange Laudy où ils furent mitraillés le 10 juin 1944 par les Waffen SS de la division Das Reich.
Depuis plusieurs années la santé de Jean Marcel Darthout ne lui permettait plus de mener, aux côtés de son compagnon, le travail de Mémoire et l’effort de Réconciliation, entretenus et souhaités par ces deux témoins.
Le poids de porter leur message commun, ne pas oublier mais œuvrer pour construire une mémoire apaisée, revient désormais à Robert Hébras, seul.

Témoignages en Allemagne et en France

L’association « Oradour. Histoire, Vigilance et Réconciliation » (OHVR) poursuit l’accompagnement de Robert Hébras dans sa transmission de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane.

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Munich

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Munich

– à Munich :
Le 28 avril 2016 au lycée français Jean Renoir, plus de 220 élèves ont questionné Robert Hébras et échangé avec lui durant plus de deux heures.
Le 29 avril 2016, au Centre de Documentation et de Recherche sur le national-socialisme, un très nombreux public a participé à une table ronde. Robert Hébras était entouré de Bernadette Malinvaud, présidente d’OHVR, de Michaël Faugeroux réalisateur du documentaire « Le Droit à la Mémoire », d’Andréa Erkenbrecher historienne et juriste allemande, de Philippe Lacroix, maire d’Oradour-sur-Glane.

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– à Riom (Puy-de-Dôme) : le 29 mai 2016, ce sont 450 élèves de trois collèges participant au parcours citoyen, puis un public d’adultes, qui interrogent Robert Hébras après la projection du film « Le Droit à la Mémoire »

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Riom

 

 

 

 

– il en est de même au Lycée franco-allemand de Buc (Yvelines) les 24 et 25 mai 2016 face à plus de 200 élèves de 3ème et de terminale.

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– à Isle le 15 mai 2016 lors de la rencontre organisée par le Comité de Jumelage, 45 Allemands de Gunzenhausen (ville allemande jumelée avec Isle) et leur famille d’accueil dialoguèrent avec Robert Hébras, notamment sur sa démarche réconciliatrice.
L’après-midi, il les guida dans les ruines après une visite au Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane.

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Buc

 

 

Face à ces divers publics, au-delà de son témoignage sur ce massacre commis par des Waffen SS de la division Das Reich, Robert Hébras rappelle la responsabilité de l’idéologie nazie. Il insiste sur la nécessité d’être aujourd’hui vigilant face à la montée des haines, exclusions et terrorismes. Cette démarche s’inscrit alors dans une large perspective citoyenne mettant, en particulier les jeunes, en garde contre ces résurgences nauséabondes.

Intime conviction, conjecture hasardeuse

Notre attention a été attirée par un article du Populaire du Centre du 9 février 2016, annonçant une explication du choix d’Oradour par les SS dans une publication1 dont l’auteur, M. Georges Pont, originaire de Rochechouart, présente des gages de sérieux, en tant que docteur en droit et ancien magistrat à la cour d’appel à Bordeaux.

Le titre du livre Le Doigt du lieutenant peut intriguer ; un bandeau l’explicite : « Oradour-sur-Glane… Un village rayé de la carte de France » ; la 4ème de couverture propose « des réponses précises à la question » : « Pourquoi Oradour ? » Voilà qui mérite un effort de lecture.

Une grande part des 130 pages est autobiographique. A plus de soixante-dix ans de distance, l’auteur fait resurgir les sentiments d’un adolescent de 1944, avec ses audaces de jeune résistant, ses frayeurs, ses émotions du moment : lyrique dans son prologue, il ferait sourire si le contexte n’était pas si grave (« ces cerises pulpeuses d’un rouge vif comme du sang »…) ; bucolique, ce familier de la vie paysanne des temps de peine et d’espérance2; avance la saison des moissons : « les blés étaient murs » … en ce début juin, p. 7 ; décidément en avance, il anticipe aussi la nouvelle du débarquement, p. 15 ; nauséeux sur un détail morbide, p. 37-38 : il décrit l’ostension sacrilège, sur la table familiale, d’ « un petit pied d’enfant » ramassé par son père, directeur d’école, pour preuve du massacre et finalement jeté « dans la fosse d’aisance » ! Prélèvement et geste que le docteur en droit aurait pu rétrospectivement qualifier de délictueux. Est-ce un reste de naïveté épargné par le cours des ans et une longue expérience des prétoires ? Concédons à l’auteur un accent de sincérité ; il nous renvoie l’écho de réactions spontanées. Le désir de publier un récit à la première personne d’un évènement historique, vécu à proximité, est après tout respectable.

En revanche, force est de constater que la promesse de « précisions », « grâce à de nouveaux témoignages et des éléments matériels », n’est pas tenue. Sont compilées de longues citations : d’un instituteur de Javerdat, non nommé, qui conclut dès le 11 juin à la préméditation, p. 54 ; d’une institutrice, non identifiée et sans date, qui intègre le récit de Madame Rouffange (sic)3, p. 58. A mi-parcours l’auteur ouvre le chapitre intitulé « Pourquoi ? » Ses références bibliographiques4 ne le satisfont pas. Seul, Raymond Ruffin trouve grâce à ses yeux. Ce spécialiste de la Résistance… en Normandie lui donne une clé d’explication : les représailles pour l’enlèvement de Kempfe (sic) et de Gerlach… L’auteur adhère à cette hypothèse, depuis longtemps contestée, à savoir que, le 9 juin, Karl Gerlach, officier d’ordonnance du régiment Der Führer, à la recherche de cantonnements près de Nieul, a été capturé par des maquisards près de Blond et confié à des Gardes mobiles de réserve ralliés à la Résistance. Il aurait été conduit et dépouillé de son uniforme à Peyrilhac ; parvenu à s’échapper, il croit avoir été malmené à Oradour, localité lue sur un poteau indicateur. Parvenu à Limoges, il aurait pointé son index sur ce village devant Diekmann, le chef de bataillon chargé d’exercer des représailles. Le sort d’Oradour aurait donc été scellé par une erreur de localisation. Version invérifiable. G. Pont s’appuie sur la déposition de Gerlach devant un tribunal de Hambourg, en septembre 1951 ; il tente, avec le concours d’un autre ancien magistrat, originaire de Peyrilhac, de recouper ou d’infirmer les propos du SS, en s’appuyant sur des écrits déjà publiés par d’anciens résistants et les souvenirs de témoins souvent indirects. Ces derniers, désignés sous leurs initiales (pourquoi ce quasi-anonymat aujourd’hui ? n’est-ce pas une limite à leur crédibilité), s’avèrent confus et contradictoires, de l’aveu même de l’auteur. Le lecteur ne peut que confirmer. L’usage de l’italique est aléatoire, ce qui ajoute à la confusion. Rien de clair, donc, ni de nouveau au terme de cette « enquête ». Le petit opus de M. Georges Pont risque de réactiver une rumeur plus qu’il ne sert à la recherche de la vérité. Cela peut donner crédit, involontairement, aux justifications a posteriori que les SS survivants ont données de l’injustifiable. Cela dit sans procès d’intention à l’auteur.

Faute de preuves, l’ancien président de cour de justice s’en remet à son intime conviction, affirmée en majuscules (p. 129). Certes, M. Pont ne transgresse pas le code de procédure pénale. Dans son activité passée le président Pont devait juger en conscience. Mais l’histoire n’est pas la justice ; elle exige des démonstrations ; elle doit dépasser les conjectures et soumettre les témoignages au crible d’une analyse critique. Il aurait été nécessaire d’étayer le présent récit par des arguments incontestables, pour réaliser son ambition : apporter une « petite pierre au monument de l’histoire ».

 

Philippe Pommier

 


1 Georges Pont, Le Doigt du lieutenant. Aix-en-Provence, éditions Persée, coll. Les Archives du Temps, 2015.
2 D’après des titres précédents du même auteur.
3 Marguerite Rouffanche, la survivante de l’église. L’orthographe des noms propres est erratique : Kempfe pour Kämpfe, l’officier capturé près de Saint-Léonard, le sous-préfet Pauchou affublé d’un « x », Grammond pour le maquis de Grandmont… La localisation n’est pas plus sûre : l’axe des trajets de la Das Reich est devenu la RN21, p. 78.
4 De Guy Pauchou à Jean-Jacques Fouché, en passant par Jacques Delarue et Jens Kruuse, ce dernier retiré du présentoir de la Caisse des MH en 1980.

La Justice allemande et le massacre d’Oradour

Munich-C_04-16-05aD’ici peu, une thèse devrait être soutenue sur les comportements des Allemands face au massacre d’Oradour-sur-Glane. Son auteur, l’historienne Andrea Erkenbrecher, experte auprès du parquet de Dortmund, a tenu une conférence à l’initiative du CMO et de la municipalité d’Oradour, le 1er avril. Après une introduction de Benoît Sadry, qui a récapitulé les vicissitudes de la justice en France sur ce massacre, un « crime impuni », Andrea Erkenbrecher a présenté ses recherches sur les procédures engagées et entravées outre-Rhin., sous un titre synthétique : « Omissions, non lieux et un procès exemplaire (?) »

De sa présentation détaillée et méthodique, retenons d’une part que nombreux ont été les Waffen-SS impliqués dans le massacre d’Oradour épargnés par l’hécatombe de la fin de la guerre : 69 survivants en 1945, soit près de la moitié de l’effectif, et encore 48 en 1994 étaient susceptibles de poursuites ; d’autre part, que la justice de la République fédérale a procédé à une douzaine de mises en examen, toutes closes par des non-lieux, et à deux enquêtes sans suite. Sur la dernière en date, Andrea Erkenbrecher est tenue par un devoir de réserve.

La conférencière a précisé qu’en droit allemand la distinction entre homicide et meurtre en temps de guerre est déterminante ; seul le second est imprescriptible ; la qualification (selon des critères de préméditation, de cruauté, de cupidité, de discrimination…) est difficile à établir.

A l’origine de l’impunité ainsi constatée, des omissions et des obstructions de diverses origines : de la part des autorités de la RFA, des puissances occupantes, dans un contexte de reconstruction, de guerre froide et de partition de l’Allemagne ; en RDA, le massacre a été instrumentalisé pour se démarquer de la partie occidentale ; le régime n’a ouvert qu’un procès tardif, érigé en exemple (procès Heinz Barth, 1983). Les autorités françaises ont manqué de constance dans les demandes d’extradition ; elles n’ont pas communiqué d’éléments à charge suffisants pour obtenir celle du général Lammerding, le plus haut responsable de la division Das Reich.

Au terme de son exposé, elle a exprimé le regret des occasions manquées : « Aujourd’hui on voudrait, on ne peut plus… ».

Cette intervention augure d’une étude rigoureuse et précieuse pour l’histoire du crime de guerre commis à Oradour. Dans un proche avenir, nous espérons que la thèse d’Andrea Erkenbrecher bénéficiera d’une large publicité et d’une édition française, attendue avec le plus vif intérêt.

Philippe Pommier

 

Compte rendu de l’A G ordinaire du 19 mars 2016

L’assemblée générale s’est tenue le 19 mars dernier dans la salle des fêtes Robert Lapuelle d’Oradour-sur Glane. 62 personnes étaient présentes, 79 avaient donné procuration.
Le quorum étant atteint, la présidente Bernadette Malinvaud a déclaré la séance ouverte et a prononcé un mot d’accueil. Elle a remercié les membres de l’association présents et présenté les excuses de nombreuses personnes : Vincent Brousse, Sylvie Codecco, Odile Danthieux, Palmira Desseix, Anne Marie Montaudon et François Thomas, tous membres du conseil d’administration, Catherine Beaubatie, députée, Jean-Claude Leblois, président du Conseil départemental représenté par Fabrice Escure, Pierre Allard, maire de Saint-Junien, Joël Ratier, président de la communauté de communes, Richard Jezierski, directeur du CMO, ainsi que Philippe Lacroix, maire d’Oradour, qui a rejoint l’assemblée en cours de réunion.
Robert Hébras, président d’honneur, prend ensuite la parole pour quelques mots de remerciement, en particulier à l’adresse de l’Association des familles.
P1070317La présidente met au vote le compte-rendu de l’assemblée générale de 2015 qui est adopté à l’unanimité.
Elle présente ensuite le rapport d’activités pour l’année écoulée.
– En avril 2015, Nora Cortiñas, une des mères argentines de la place de Mai, répondant à l’invitation de l’Université de Limoges, a animé deux conférences. Le 9 avril Robert fut à sa demande son guide dans le village-martyr et Amandine Cerutti, initiatrice de ces rencontres, la traductrice.
– Le 12 mai 2015 Robert Hébras était invité au collège Paul Ramadier de Firmi (banlieue de Decazeville) où les élèves de deux classes de 3ème avaient mené un travail interdisciplinaire (histoire, arts plastiques, éducation musicale). Après avoir visité à Oradour, le Centre de la Mémoire, le village martyr, le nouveau bourg et effectué un travail de recherche au sein du CMO sur les témoignages écrits et oraux, ils ont réalisé une œuvre visuelle et sonore intitulée « Destins croisés. Un témoignage de la seconde guerre mondiale par le prisme du massacre d’Oradour ». Les élèves, avec l’aide de Robert Hébras, ont planté un arbre de la mémoire puis déposé une gerbe au monument aux morts. La journée s’est terminée par un échange entre les élèves et Robert, ému et impressionné par la force de cette réalisation originale qui témoigne de la qualité du travail, de l’intensité de la réflexion des élèves, de leur investissement et de celui de leurs enseignants.
– Le 29 mai au Ciné-Bourse de St Junien, a été projeté un film documentaire réalisé par Brandon Waret : « Oradour, symbole de la barbarie nazie ». La qualité de ce documentaire réside dans la précision et la rigueur avec laquelle est montré le processus de formation et d’entraînement des soldats SS.
L’association a aussi été maître d’œuvre de plusieurs actions :
– le 16 avril 2015 à l’invitation de Pierre Monnet, directeur de l’Institut français d’histoire en Allemagne, Robert Hébras, est intervenu à l’Université Goethe de Francfort. Après la projection du documentaire de Michaël Faugeroux « Le Droit à la Mémoire » il a dialogué avec plus de 200 personnes. Le lendemain, au Lycée français Victor Hugo, 140 élèves de 3ème et 1ère posèrent de nombreuses questions concourant à préciser leur perception du massacre et à nourrir leur réflexion sur l’actualité et notamment sur les actes terroristes.
– une demande d’autorisation a été faite auprès de la Direction Départementale de Finances Publiques de la Haute-Vienne permettant de délivrer des reçus fiscaux pour faire bénéficier aux donateurs d’une réduction d’impôts. Cette demande a été acceptée le 1er mars.
Au cours de cette année 2015, Robert a reçu deux distinctions : le 29 juin, jour de son anniversaire, le Consul Général d’Allemagne à Bordeaux lui a remis la Croix d’Officier de l’Ordre de Mérite de la République fédérale d’Allemagne. Le 28 novembre, le préfet de la Haute-Vienne, préfet du Limousin le décora de la médaille d’Officier des Palmes Académiques. La présidente félicite Robert pour ces deux distinctions.
Le rapport moral est mis aux voix. Il est approuvé à l’unanimité.
Philippe Pommier, trésorier de l’association, présente le rapport financier. Le total des recettes se monte à 2 618,64€ (Intérêts sur livret : 91,64€, Cotisations : 2 010,00€ soit 210 adhérents à 10,00€, Dons : 347,00€, Ventes plaquettes : 170,00€). Les dépenses s’élèvent à 2 840,08€. L’exercice se solde donc par un déficit de 221,44€. Le vérificateur aux comptes Claude Berody, en son nom et au nom de Jean-Luc Bayard atteste que les comptes sont sincères et corrects et propose d’approuver les comptes de l’exercice précédent.
Le rapport financier est approuvé à l’unanimité.
Conformément aux statuts, un tiers des membres du Conseil d’administration est soumis à renouvellement, soit Bernadette Malinvaud, Philippe Pommier et Philippe Grandcoing qui se représentent ainsi que Vincent Brousse qui ne se représente pas. La présidente rappelle le rôle joué par Vincent, présent dès l’origine de cette aventure et le remercie chaleureusement. Michèle Soult, déléguée de l’AFMD pour la Charente est candidate. Sur proposition, les candidatures sont soumises à un vote à main levée global. Les quatre candidats sont élus à l’unanimité des présents.
Claude Berody ne souhaitant pas rester vérificateur aux comptes, un poste est vacant. La présidente le remercie, soulignant son efficacité et sa bonne humeur constante. Gérard Chambord, candidat, est élu à l’unanimité.
Il est décidé que la cotisation pour 2017 sera maintenue à 10 €.
– La présidente présente ensuite les actions prévues pour 2016
La première a déjà eu lieu, les 3 et 4 février, suite à l’invitation du Maire de Schorndorf, ville jumelée depuis 1969 avec Tulle. Robert a témoigné et répondu aux questions qui ont suivi la projection du film « Le Droit à la Mémoire ». La veille il a rencontré une centaine d’élèves allemands. En réponse aux questions sur l’actualité, Robert a insisté sur l’importance du témoignage sans haine, sur la nécessaire transmission de la mémoire, sur l’importance d’apprendre et de comprendre pour faire face aux risques de résurgences du passé.
– le 28 avril l’association participe à une table ronde organisée par le Centre de Documentation sur le National-socialisme de Munich avec le concours d’une historienne allemande, Andréa Erckenbrecher, et de Philippe Lacroix. Le lendemain Robert rencontrera une nouvelle fois, les élèves du lycée français Jean Renoir de Munich.
– le 9 mai deux rencontres auront lieu à Riom, organisées par M.Binot, principal du collège : l’une avec les collégiens, l’autre avec les citoyens.
– le comité de jumelage de la commune d’Isle reçoit une délégation allemande de Gunzenhausen du 14 au 16 mai autour du thème : « Vivre ensemble en Europe : hier, aujourd’hui, demain ». Pour le volet « hier » se déroulant le dimanche 15, l’association est sollicitée. Le matin, après la projection « du Droit à la Mémoire », aura lieu un échange entre Robert Hébras et le public. Des élèves du collège d’Isle présenteront leurs travaux concernant la réconciliation. L’après-midi sera consacrée à la visite du CMO et du village martyr avec Robert Hébras. Chantal Robert, présidente du Comité de Jumelage, invite les membres d’OHVR à ces manifestations.
– le 24 mai une intervention est prévue au Lycée franco-allemand de Buc (Yvelines).
Pour Robert, ces moments d’échanges partagés avec les collégiens, lycéens, étudiants constituent une priorité. Notre accompagnement, en soutenant son témoignage et son message de paix, permet de les intégrer dans leur contexte historique.
La présidente donne ensuite la parole à la salle pour les questions diverses
Philippe Pommier fait le point sur la procédure de remboursement des frais de justice liés aux procès. Un huissier a exigé de Robert Hébras le paiement des frais de la procédure de Colmar, soit 80 €.Le dossier n’ayant pas été suivi par l’avocat, il s’est trouvé dans l’obligation de débourser 157 € en raison des frais de procédure, somme que l’association lui a remboursée. Une démarche est en cours pour obtenir de la part des associations alsaciennes le remboursement des frais de justice prévu par l’arrêt de la Cour de Cassation.
Une personne s’interroge sur le contenu de la conférence organisée la veille par Pascal Plas en compagnie de Raymond Frugier. La présidente, qui a assisté à la conférence explique qu’il s’agissait d’une conférence grand public, associant un chercheur et un acteur. Elle s’est déroulée en trois temps : la genèse de laP1070335a protection, la complexification du lieu du fait de ses enjeux et l’évolution du site. Philippe Grandcoing signale que le même jour il a participé aux journées d’études organisées à Paris par le Ministère de la Culture autour du thème « Conserver malgré tout ? » où il a présenté avec Adeline Rabaté, Conservatrice des Monuments Historiques, le dossier d’Oradour.
Philippe Lacroix prend alors la parole pour rappeler que le CMO est au départ une initiative de la municipalité dirigée alors par R. Lapuelle et qui a trouvé un écho favorable auprès de Jean-Claude Peyronnet alors président du Conseil Général. Il souligne également le rôle de l’Association Nationale des Familles des Martyrs d’Oradour (ANFMOG) dans le processus de réconciliation. Il remercie particulièrement Camille Senon pour son action et lui remet la médaille de la Ville d’Oradour. Camille, très émue, le remercie chaleureusement.

L’ordre du jour étant épuisé, la présidente clôt l’assemblée et invite tous les présents à un verre de l’amitié.

 

Le secrétaire de séance

Philippe Grandcoinng

 


Renouvellement de la cotisation 2016 de l’association « ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation » pour les adhérents qui n’ont pas encore renouvelé leur adhésion.
Règlement par chèque (10 €) libellé à l’ordre d’« ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation » à envoyer au trésorier : Philippe Pommier, 71 avenue de Naugeat, 87000 Limoges

Nom : …………………….

Prénom : …………………….

Demeurant à : …………………………………………………..

Ville : ……………..

Code Postal : …………..

Email : ………………………………………………….

Signature de l’adhérent(e) : ……………….

 

Schorndorf les 3 et 4 mars 2016

Sch_4-03-2016_004Invité par Matthias Klopfer, maire de Schorndorf, Robert Hébras a une nouvelle fois témoigné auprès de la population allemande.
Cette ville de Bade-Wurtemberg est jumelée depuis 1969 avec Tulle. En 2014, pour le soixante-dixième anniversaire des massacres commis par la division Waffen SS Das Reich à Oradour-sur-Glane et à Tulle en 1944, la municipalité avait organisé des lectures et expositions.

C’est donc un auditoire sensibilisé, informé qui a assisté à la projection du film documentaire réalisé par Michaël Faugeroux « Le Droit à la Mémoire ». Ce dernier accompagnait, avec Bernadette Malinvaud présidente de « ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation », Robert Hébras qui, en répondant aux diverses questions insista sur la nécessaire connaissance de ces événements historiques et sur sa volonté de maintenir vivante la mémoire des 642 victimes, notamment des femmes et des enfants massacrés dans l’église.

En même temps il rappela aussi l’importance du dialogue, fondement de la réconciliation, de la compréhension mutuelle.

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Soirée film à la Mairie

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Realschule Gottlieb-Daimler

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Lycée Max Plank

Priorité absolue pour Robert Hébras, il avait rencontré le 3 mars 140 élèves et leurs professeurs. Leurs interrogations concernèrent le vécu de ce témoin, les motivations de son engagement comme « porteur de mémoire » et « messager de la réconciliation », l’importance et l’impact de ses interventions en Allemagne, sa réflexion à propos de l’actualité. Robert Hébras répéta combien était importante pour lui la lutte contre l’oubli des victimes, en désignant clairement le responsable : l’idéologie nazie.

Et c’est toujours avec le même sourire bienveillant, la même joviale sérénité qu’il invita fermement les jeunes à la plus grande vigilance en précisant que le contexte actuel marqué par le chômage, les résurgences de réflexes de haine, les discours populistes lui rappelaient de manière inquiétante les années qui ont précédé le second conflit mondial.

Pour conclure son intervention, il leur rappela la nécessité de veiller constamment au maintien de la démocratie.

Convocation AG ordinaire du 19 mars 2016

Isle le 27 février 2016

 

Chère adhérente, cher adhérent,

 

Au nom du Conseil d’Administration, je vous invite à participer à l’Assemblée Générale ordinaire de notre association « ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation » qui se tiendra le samedi 19 mars 2016 à 10h30 dans la salle Robert Lapuelle (ancienne salle des Fêtes) d’Oradour-sur-Glane (place du champ de Foire) mise à disposition par Monsieur le Maire, Philippe Lacroix.

Ordre du jour :
– Approbation du compte rendu de l’Assemblée Générale Ordinaire du 28 mars 2015.
– Présentation du rapport d’activité par la présidente.
– Présentation du rapport financier par le trésorier.
– Compte rendu des vérificateurs aux comptes.
– Renouvellement du 1/3 sortant des membres du Conseil d’Administration et du Vérificateur aux Comptes.
– Fixation du montant de la cotisation annuelle pour 2017.
– Actions programmées en 2016.
– Questions diverses

Les adhérents désirant présenter leur candidature au Conseil d’Administration et au poste de Vérificateur aux Comptes doivent le faire avant le 12 mars 2016 par courrier adressé à la présidente.

Tous les documents nécessaires à votre information sont joints à cette convocation.

Conformément au règlement intérieur (article 13), un quorum du quart plus un des adhérents présents ou représentés, à jour de leur cotisation, doit être atteint pour que l’Assemblée délibère valablement.

Je vous rappelle qu’en cas d’empêchement, vous pouvez vous faire représenter par un adhérent de votre choix, muni d’un pouvoir ci-joint, dûment rempli et signé.

Vous pouvez consulter le site de l’association pour plus d’information :

http://www.oradourhvr.fr

Comptant sur votre présence, veuillez croire, chère adhérente, cher adhérent, en mes cordiales salutations.

 

La présidente,
Bernadette Malinvaud

 

Mason Norton, Edge Hill University : Après 2015 ou Comment peut-on être historien

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Mason Norton

En 2015, nous avons tous été abasourdis par les attentats des 7-9 janvier et du 13 novembre. La liberté elle-même a été ciblée: liberté d’expression, liberté de sortir,  liberté de vivre. Une année qui a commencé avec l’attaque contre Charlie-Hebdo s’est terminée sous un état d’urgence et dans une actualité politique marquée par les spectres du djihadisme d’un côté et du frontisme de l’autre. Dans une atmosphère aussi tendue, on pourrait se sentir piégé entre les diables et les chacals.

Face à cette double menace, le recours à l’Histoire est tentant : le rappel d’un temps où, comme l’écrit Ralph Schor1 « les plus haineux des antisémites […] préféraient « mille fois » obéir au Führer plutôt qu’à Blum ». Un tel choix est inadmissible, aujourd’hui comme hier. La haine évoquée par Schor entraînait, pour partie, la danse macabre d’une décennie meurtrière, agitait les ligues, provoquait l’émeute dans les rues de Paris et connaissait son épilogue sanglant et terrifiant dans les camps d’extermination du IIIème Reich et dans le bourg d’Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944. La grande leçon d’Oradour, c’est de servir de rappel perpétuel des crimes engendrés par les fanatismes.

Pourtant, si on doit remémorer, sans relâche, cette leçon, rappeler ces faits historiques, il faut aussi se garder de faire de l’Histoire un roman national, avec mission d’inculquer le patriotisme. L’Histoire est avant tout une discipline, une méthodologie, une étude scientifique des êtres humains dans leur temps : une façon d’aller aux traces pour comprendre le réel. Si ceux et celles qui apprennent l’Histoire ont un sentiment du patriotisme à la fin de leurs études, ce n’est pas quelque chose du négatif ; le patriotisme n’est pas la pire des récupérations de l’Histoire. Mais il ne doit pas être l’enseignement principal de l’Histoire, et le patriotisme ne veut pas dire une obéissance totale à l’État. Il y a des circonstances où, comme disait l’historien américain Howard Zinn, «la dissidence est la plus haute forme du patriotisme ».2

L’expérience nous montre que la solution des maux d’une société ne se trouve pas dans un état d’urgence. Pour preuve, les pleins pouvoirs votés au maréchal Pétain, ou encore l’état d’urgence décrété en pleine guerre d’Algérie, sous couvert d’union nationale. Ce régime d’exception couvrait l’utilisation de la torture par les forces françaises, et les massacres du 17 octobre 1961 et du 8 février 1962.3 Deux massacres dont un des responsables fut un certain Maurice Papon, condamné par la suite pour sa participation en Gironde, sous l’occupation, à la déportation des juifs. De même, dans les Îles Britanniques, la politique de détention sans procès (internment), entre 1971 et 1975, n’a rien fait pour résoudre la situation catastrophique en Irlande du Nord ; ce conflit appelé The Troubles, qui a duré près de trente ans, a coûté la vie à plus de 3 000 personnes.4 Si la paix est enfin revenue en Irlande du Nord, c’est par un long processus de réconciliation entre les communautés opposées, conclu en 1998 avec le Good Friday Agreement. Ce qui est remarquable, c’est le nombre de fois où la raison d’État devient irraisonnable.

En temps de crise, les nationalistes avancent la thèse d’un « déclin » ou d’une « perte des valeurs ». La perte des valeurs a eu lieu effectivement pendant la Seconde Guerre mondiale : elle s’appelait la « Révolution nationale ». Vichy proférait souvent cette rhétorique du renouveau national en présentant le maréchal Pétain comme le sauveur de la Nation. Le langage vichyste peut encore nous paraître familier, hélas. Le projet constitutionnel du 30 janvier 1944 n’a jamais été promulgué, mais nous semble révélateur de l’idéologie maréchaliste :

Article premier : « La liberté et la dignité de la personne humaine sont des valeurs suprêmes et des biens intangibles. Leur sauvetage exige de l’État l’ordre et la justice et des citoyens la discipline.

La Constitution délimite à cet effet les devoirs et les droits respectifs de la puissance publique et des citoyens en instituant un État dont l’autorité s’appuie sur l’adhésion de la Nation. »5

Cette liberté et cette dignité ont été déniées par cet « État français » à ceux qui avaient le malheur d’être classés « indésirables », comme nous le montre un adhérent de notre association, Guy Perlier6. Tout en parlant de liberté et de dignité, Vichy pratiquait la répression et participait à la déshumanisation. Les fanatismes n’apportent aucune solution ; ils ne désignent que des boucs émissaires. Et c’est là que les innocents souffrent. Ceux qui ont subi l’arrivée des SS à Oradour le 10 juin 1944 et leur passage par Tulle la veille, mais aussi les victimes des odieux attentats de 2015.

Le travail historique en lui-même ne peut pas expliquer le présent, et certainement pas imaginer le futur. Les historien-ne-s ont beaucoup à faire pour « pronostiquer » le passé, sans tenter d’annoncer l’avenir. Mais il faut avoir connaissance du passé pour comprendre le présent et se montrer circonspect, car, derrière la tentation des fruits du nationalisme, des serpents se cachent dans le jardin. Donc, à partir de la connaissance de l’Histoire, à partir des travaux, des analyses et des réflexions qu’elle suscite, on peut arriver à un message de vigilance et de réconciliation, les motivations de notre association. C’est aussi servir des valeurs d’humanité. Les raisons d’être de notre association sont plus que jamais d’actualité.

Oradour-sur-Glane se trouve en Limousin. C’est aussi en Limousin que, dans la clandestinité, au hameau des Fougères, en 1941-1942, Marc Bloch a rédigé son ouvrage classique, Apologie pour l’histoire ou métier d’historien. 7Marc Bloch utilisait le mot « apologie » dans son sens original, du grec ancien apologia : une défense pour l’action. En 2016 encore, soyons historiens et condamnons sans relâche ceux qui veulent remettre en cause la liberté, la démocratie, les droits communs de l’humanité, et bien sûr, l’Histoire. Redoublons d’efforts. Soyons citoyens. Soyons humains. Et choisissons l’Histoire.

 


1 Ralph Schor, L’antisémitisme en France dans l’entre-deux-guerres: prélude à Vichy, Bruxelles, Complexe, 2005, p.158.
2 Citation originale : “While some people think that dissent is unpatriotic, I would argue that dissent is the highest form of patriotism”. TomPaine.com, 3 juillet 2002.
3 Raphaëlle Branche, La Torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie 1954-1962, Paris, Gallimard, coll. « La suite des temps », 2001 ; Jean-Luc Einaudi, La Bataille de Paris : 17 octobre 1961, Paris, Seuil, 1991 ;  Alain Dewerpe, Charonne, 8 février 1962. Anthropologie historique d’un massacre, Paris, Gallimard, coll. « Folio-histoire », 2006.
4 http://www.bbc.co.uk/history/troubles (consulté le 03/01/2016).
5 Projet de constitution pour l’État français, rédigé en application de la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940, signé à Vichy par le maréchal Pétain, le 30 janvier 1944 (jamais promulgué).
6 Guy Perlier, Indésirables, Brive-la-Gaillarde, Les Monédières, 2010 et La main de Pétain, Brive-la-Gaillarde, Les Monédières, 2014.
7 Marc Bloch, Apologie pour l’histoire ou Métier d’historien, Paris, Armand-Colin, 1949.

Robert Hébras promu Officier dans l’ordre des Palmes Académiques

palmeshebras

Monsieur le Préfet du Limousin, Préfet de la Haute-Vienne lui a remis cette distinction le 28 novembre 2015.
Depuis des années Robert Hébras, rencontre écoliers, collégiens, lycéens, étudiants français et étrangers notamment Allemands.
« J’essaie à mon modeste niveau de transmettre la mémoire des faits et des 642 victimes. J’apporte à tous ces jeunes mon témoignage accompagné des valeurs qui me tiennent à cœur, tolérance et vigilance, plus que jamais indispensables ».

 

Chaleureuses félicitations à Robert Hébras !

Robert Hébras promu dans l’ordre de Mérite de la RFA

Popu 1 07 2015HM

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