DEVOIR DE MEMOIRE – ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation

DEVOIR DE MEMOIRE

ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation

Deux rencontres avec les Collégiens

Les collégiens de Charlotte (Caroline du Nord USA)

Dans le cadre d’un échange scolaire, 21 élèves du collège Waddell Language Academy de Charlotte (Caroline du Nord, USA) séjournaient dans les familles de leurs correspondants du collège Auguste Renoir à Limoges.
Le 19 mars 2018, accompagnés de leurs professeurs, ils ont visité l’exposition permanente du Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane (CMO), les ruines du village martyr puis ont rencontré Robert Hébras. Pendant une heure, tout en précisant le récit des événements vécus le 10 juin 1944, il répondit à leurs nombreuses questions.

Collège des Clairs Soleils de Besançon

Et le 2 mai 2018 c’est au collège des Clairs Soleils à Besançon que Robert Hébras témoigna devant 150 élèves de troisième. Ici, c’est un élève, qui après avoir découvert les ruines d’Oradour-sur-Glane en même temps que le récit de Robert Hébras, a proposé à sa professeure d’Histoire d’inviter ce « dernier survivant » du massacre du 10 juin 1944, à venir « parler à ses camarades ».
Robert Hébras était particulièrement heureux et fier de cette initiative qui répondait à un des ces vœux les plus chers : faire de ces jeunes qui l’entendent des « passeurs », des messagers de cette mémoire.
Merci à cet élève, merci aux enseignants du collège des Clairs Soleils de Besançon.

Récits d’Oradour de Jérôme Amimer

Ce documentaire a été projeté au Ciné-Bourse à Saint-Junien le 26 avril, en présence de l’auteur, de deux des personnes qu’il a enregistrées, de Robert Hébras et de Philippe Lacroix, maire d’Oradour.
Gravité, subjectivité et universalité du message, voilà ce que perçoit le spectateur.
Grave est le regard porté sur les ruines qui sont filmées en plans longs et fixes, dans un noir et blanc intemporel et par l’insertion de documents photographiques, sans commentaire superflu ; ce parti pris dépasse l’esthétisme, évite le pathos et exprime le respect dû à ce lieu hanté par le souvenir des 642 victimes du 10 juin 1944.
Graves et subjectifs sont les propos de l’auteur et des quatre intervenants qu’il a retenus.
Jérôme Amimer marqué par le destin de sa grand-mère russe, survivante d’un massacre au sud de Pskov, lie l’évocation de ce passé familial à sa représentation du drame d’Oradour, un « monument intérieur » dans son espace mental.
Jean-Michel Ducouret, en tant que guide, témoigne de l’atmosphère de recueillement qui a prévalu et prévaut encore dans la visite, entre pèlerinage et tourisme de mémoire. Relatant les travaux de consolidation et d’entretien, il insiste sur l’importance de la conservation des ruines.
Héloïse Belloir, historienne, rejoint cette préoccupation, inquiète de l’avenir d’un lieu érodé par le temps et la reprise de la vie. Dans son étude des « monuments et documents non intentionnels », traces à partir desquelles se construit la mémoire, elle a trouvé matière à Oradour dans les objets de la vie quotidienne, recueillis, réintroduits, mis en scène, sacralisés en reliques des martyrs : des documents à contextualiser, des indices de vies fauchées par le massacre.
Claude Milord, président de l’Association des familles de martyrs d’Oradour, rappelle les relations avec l’État, en particulier la rupture après le procès de Bordeaux, à l’issue duquel les incorporés alsaciens furent amnistiés (et non « graciés »). Il insiste sur la « solidarité » envers et entre les familles et sur le poids du deuil qui marque durablement cette « communauté de souffrance ».
Benoît Sadry, élu municipal, aborde le long chemin de l’apaisement dans l’opinion des habitants, avec la réception de personnalités nationales, le rapprochement avec l’Alsace et l’Allemagne, la mise en place de la statue de Fenosa (refusée par l’évêché, et non par la commune) ; des habitants auparavant écartés des décisions de la reconstruction, « dépossédés de leur village » et sans soutien psychologique en ce temps-là.
Des « récits » particuliers, où affleure l’émotion, parfois discutables, mais légitimes, suscitant la réflexion.
Points de vue personnels mais de portée universelle, érigeant Oradour en symbole, « miroir d’autres désastres », contemporains (innombrables massacres du front oriental) et aussi actuels, des crimes qui frappent l’humanité toute entière.
Dans le débat qui a suivi la projection, Robert Hébras a tenu à rappeler que, pendant neuf ans, les habitants d’Oradour, logés en baraquements, ont subi l’épreuve de la traversée quotidienne du village en ruine.
En conclusion, Jérôme Amimer livre une œuvre utile, posant à plusieurs voix l’enjeu de la transmission (aucun des interlocuteurs n’a vécu l’évènement), un questionnement significatif de la transition entre le temps des témoins et celui des nouvelles générations pour qui le sens des ruines d’Oradour devra perdurer. C’est déjà la mission des services des Monuments historiques et du CMO, un devoir d’histoire.

Philippe Pommier

Compte rendu de l’Assemblée Générale ordinaire du 24 mars 2018

 

Bernadette Malinvaud présidente de l’association, remercie Philippe Lacroix, Maire d’Oradour-sur-Glane, membre de l’association qui nous permet, une fois encore, de tenir notre AG dans cette salle, à titre gracieux.

Remerciements pour leur présence à Pierre Allard, maire de Saint Junien, Joël Ratier, président de la communauté de communes Porte Océane du Limousin, Claude Milord, président de l’Association Nationale des Familles des Martyrs d’Oradour sur Glane (ANFMOG), Annie Dardilhac maire de Javerdat.

Excusés: Palmira Desseix, Philippe Grancoing, Michèle Soult, Camille Senon, Albert Valade et de nombreux adhérents qui ont donné procuration.

Secrétaire de séance Sandra Combeau.

Aujourd’hui OHVR compte 152 adhérents, 42 sont présents, s’ajoutent 34 procurations, le quorum est atteint.
La présidente déclare la séance ouverte :
Elle remercie Sandra Combeau d’assurer le secrétariat de séance.

Depuis 2015 à la demande de Monsieur Guy Lacorre sont évoquées les personnes disparues durant l’année précédente.
En 2017, à notre connaissance, nous ont quitté Henri Aupetit, Guy Lacorre, Pierre Laborie et Jacqueline Pinède dont Robert Hébras évoque la mémoire :

Jacqueline Pinède

« Sommée de quitter Bayonne, sa ville natale, en 1943 (cf. « Ordre d’expulsion », visible au service des archives du Centre de la Mémoire), Jacqueline Pinède et sa famille de confession juive, trouvent refuge à Oradour-sur-Glane. Dissimulée sous un escalier en pierre avec sa sœur et son petit frère, elle échappe au massacre. Ce 10 juin 1944, elle perd son père, sa mère et sa grand-mère qui font partie des 642 victimes d’Oradour. »
Dès lors, Jacqueline et Robert resteront en relation.
Elle est décédée en février 2017. Robert, accompagné de Benoît Sadry, représentant l’Association des Familles des Martyrs, ont assisté à ses obsèques à Bayonne. Elle était une des dernières rescapées.

Une minute de silence est observée.

Ordre du jour
1) Approbation du compte rendu de l’assemblée générale du 4 février 2017.
Après vote, le compte rendu est adopté à l’unanimité.
2) Rapport d’activité par la présidente
Comme les années précédentes nous avons accompagné Robert Hébras :
En mai 2017 à Billom Communauté Urbaine de Clermont-Ferrand. Organisée par la section de la FNIDRP, avec le soutien de la municipalité et des enseignants, 400 élèves de collèges publics et privés ainsi que 300 adultes sont venus à la rencontre de Robert Hébras. Ils ont pu assister à la projection du documentaire de Michaël Faugeroux « Le droit à la mémoire », suivie de questions et d’échanges avec Robert.
Il faut savoir que la population de Billom est très impliquée dans le travail de Mémoire, car marquée par la seconde guerre mondiale et les actions de la résistance. Le 16/12/1943, suite à une dénonciation, une rafle détruisit un maquis entier. Plus de 90 personnes furent fusillées, une centaine déportées. Une remarquable exposition présentait l’histoire des maquis de la région.
1er décembre 2017, déplacement à Paris au Lycée Louis-le-Grand, répondant à une demande du proviseur et des professeurs d’histoire. Plus de 500 élèves des clases de secondes, premières, terminales et classes préparatoires étaient présents dans une salle comble. Très intéressés ils assaillirent Robert de questions et eurent du mal à le laisser partir. Le message d’un professeur confirme « les élèves ont retenu énormément de choses : cela a provoqué d’intenses réflexions chez eux et entre eux ». Ce qui permet à Bernadette Malinvaud de faire part d’une évolution constatée au cours des trois années d’accompagnement dans les collèges et lycées en France et en Allemagne. Robert reste évidemment toujours et avant tout le témoin mais il et aussi conduit, par les questions de élèves, à retracer son cheminement psychologique et intellectuel qui ont permis son engagement et son rôle dans la réconciliation et l’amitié franco-allemande. Il tient aussi à leur transmettre ses espoirs liés à la construction européenne, certes fragile, mais absolument nécessaire.
Constat également que ces élèves font de plus en plus part de leurs propres inquiétudes et questionnements face à l’avenir. Ils craignent les fractures, le terrorisme, la recrudescence du nationalisme, l’exclusion, le racisme… À cela, Robert Hébras, qui ne minimise pas les risques, trouve les mots pour les rassurer, les encourager et leur redonner confiance en plaçant lui-même sa confiance en eux. Il les invite aussi à toujours faire preuve de vigilance et d’engagement. Il agit ainsi indéniablement en faveur de l’action citoyenne. Ces interventions créent un lien fort avec la jeunesse, car au-delà de la transmission de son témoignage, il éclaire l’avenir.
En novembre, à l’espace CITE (devenu Simone Veil), dans le cadre de la semaine du documentaire, en partenariat avec le musée de la Résistance et l’ONAC (Office National des Anciens Combattants) a été projeté le film « Maillé, le massacre oublié ». Une séance était destinée aux élèves, l’autre en soirée ouverte à tout public. Des remerciements sont adressés tout particulièrement à Murielle Champeymont, responsable du service éducatif, et à Sylvie Codecco, adjointe au directeur de l’ONAC, qui ont œuvré pour la réussite de ce projet.
Le massacre de Maillé a eu lieu le 25 août 1944. 124 habitants dont 48 enfants sont massacrés par les Waffen SS de la 17ème Panzer Grenadier Division. Une grande partie des habitations est détruite par le feu et le bombardement qui succède au massacre. Après la guerre on reconstruit sur les ruines, les traces du drame disparaissent et les survivants demeurent silencieux.
Malgré une commémoration chaque année, cette dernière se trouve dans l’ombre de celle de la libération de Paris. En 2003, suite à une collecte de témoignages effectuée par Marie-Françoise Gaucher, un film a été réalisé afin de rappeler les faits dramatiques ayant touchés ce village. Serge Martin, rescapé du massacre, présent lors de cette projection à Limoges, avait 10 ans en 1944. Ses deux parents, son frère et ses deux sœurs ont été massacrés. Président de l’Association « Pour le Souvenir de Maillé », il témoigne, accompagné par Romain Taillefet, directeur de la Maison du Souvenir de Maillé, structure mémorielle inaugurée en 2006.
À l’issue de la projection, ont eu lieu des échanges avec les publics scolaires et adultes pour répondre aux nombreuses questions.
Mars : Un article du journal le Monde du 14 mars 2017 nous a fait réagir. Il annonce le projet de créer un Mur des noms à Schirmeck en Alsace, à l’initiative du président du Conseil Régional du Grand Est, à la demande d’associations de descendants de « malgré nous ».
Le projet prévoit « de faire figurer, par ordre alphabétique, les noms de 52 000 Alsaciens et Mosellans, tués durant la guerre 1935-1945. Parmi eux, des soldats de l’armée française, mais aussi des soldats incorporés dans l’armée française en 1939-1940, les déportés juifs, les résistants, ou encore les jeunes alsaciens et mosellans enrôlés de force dans la Wehrmacht et la Waffen SS. ». Si cette demande semble légitime, une liste mêlant sans distinction les noms, où les uns seraient les victimes des autres nous est apparue très contestable. Un courrier, cosigné par Robert à été envoyé à Monsieur le Secrétaire d’État aux Anciens Combattants (avril 2017). Pour information, une copie a été transmise, au président du Grand Est, au président de la Nouvelle Aquitaine, au Préfet de la Haute-Vienne. Aucune réponse ne nous est parvenue. Seule information : le projet, qui a aussi suscité en Alsace de nombreuses protestations d’associations, serait au point mort. Il convient de rester vigilant à l’égard de ces projets qui peuvent être à double tranchant.
Un deuxième courrier avait été effectué également et cosigné par la Mairie d’Oradour, l’ANFMOG et le président du Centre de la Mémoire à l’attention de M. Richert.
Nous avons aussi participé à quelques manifestations :
27 septembre : accompagnement de Robert Hébras au bureau du Parlement Européen à Paris, où Sylvie Guillaume, vice-présidente du Parlement européen, lui remit la médaille du Prix du Citoyen Européen. Chaque année, depuis 2008, ce prix est décerné par le Parlement Européen à ceux qui, par des actions ou des initiatives remarquables, facilitent la coopération transnationale et promeuvent les valeurs européennes. La candidature de Robert Hébras était présentée et soutenue par Jean-Paul Denanot, Député Européen. À noter qu’il est assez rare que ce prix soit remis à une personne en particulier. Il s’agit généralement d’associations.
À la suite de cette cérémonie, la Maison de l’Europe-Centre Europe Direct Limousin a tenu à organiser une cérémonie pour souligner cette décoration reçue par Robert, dans le cadre du salon du dessin de presse de Saint-juste-le Martel Sans surprise aucune, pour ceux qui connaissent Robert, il a rappelé « n’avoir fait que son devoir d’homme ».
Octobre : Accueil d’une délégation de Billom en présence du maire de cette commune. Robert Hébras les a accompagné pour la visite du village. Le maire d’Oradour ayant rejoint la délégation au tombeau des martyrs, deux gerbes de fleurs ont été déposées et une minute de silence fut observée. La délégation a effectué la visite de l’exposition permanente du Centre de la Mémoire l’après-midi.

Robert Hébras souhaite prendre la parole :
Il évoque sa difficulté, bien compréhensible, à répondre à toutes les invitations. Il souhaiterait donc être plus accompagné et soutenu par l’association.
L’engagement sans faille et le courage à toujours aller à la rencontre des collèges et lycées (quotidiennement selon les périodes), expliquent, en partie, le fait que Robert soit souvent identifié directement comme porteur d’un symbole, et donc invité à titre individuel par différentes associations, institutions, etc… Bernadette Malinvaud répond en précisant la difficulté à s’imposer alors que l’invitation est adressée spécifiquement à celui qui incarne la légitimité de la Mémoire d’Oradour. Le maire d’Oradour fait savoir qu’en effet, les invitations ne lui parviennent pas toujours.
À cet égard, il est rappelé la nature atypique de l’association OHVR née d’un procès, alors que Robert était seul face à une situation injuste et inacceptable. Notre association demeure toujours très attentive à ne pas empiéter sur les compétences de la Municipalité, de l’ANFMOG, du Centre de la Mémoire, même sil est souhaitable que des projets communs puissent être menés.
En prolongement, une discussion s’instaure parmi les adhérents sur l’avenir et la mission de l’association. Proposition est faite de revoir ses statuts.
Dernier point : le 9 février 2018, réception d’un décompte, transmis par Maître Gaffet, concernant les sommes de remboursement des frais de justice restant dues à Robert. Le décompte a été transmis à l’Avoué pour règlement. Même s’il s’agit d’une bonne nouvelle, Philippe Pommier fait remarquer, à juste titre, la lenteur de la procédure comparée à la rapidité avec laquelle Robert Hébras avait vu sa voiture gagée immédiatement après sa condamnation par la Cour d’Appel de Colmar.

Après vote le rapport d’activités est adopté à l’unanimité

3) Compte Rendu financier par le trésorier Philippe Pommier

Une avance pour un déplacement (215,20 euros) est décomptée dans le total des dépenses et son remboursement est ajouté dans celui des recettes.
Le solde de l’exercice est excédentaire de 896,01 €.
Le montant du livret A au 2 janvier 2018 est de 11 187,38 €.

4) Compte Rendu des Vérificateurs comptes
Henri Malinvaud, trésorier adjoint, lit le rapport établi par Jean-Luc Bayard et Gérard Chambord.
« Conformément à la mission qui nous est confiée, nous avons vérifié les comptes de l’association ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation pour la période du 01.01.2017 au 31.12.2017.
Tous les documents comptables nécessaires à notre examen ont été mis à notre disposition. Nous avons pu ainsi effectuer les contrôles et vérifications nécessaires. Des explications pertinentes et des justificatifs adéquats ont été fournis à chaque cas.
Dés lors, nous sommes en mesure d’attester que les comptes de l’association ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation pour la période du 01.01.2017 au 31.12.2017 sont sincères et corrects. Ils se soldent par des recettes à hauteur de 1 898,48€ et des dépenses à hauteur de 1 002,47 €, soit un excédent de 896,01 €.
En conséquence, nous vous proposons d’approuver ces comptes tels qu’ils vous sont présentés.
En foi de quoi, nous avons rédigé le présent rapport. »

Après vote, le rapport financier est adopté à l’unanimité.

5) Renouvellement du tiers des membres du CA :
Sylvie Codecco, Palmira Desseix, Claudine Fourgniaud et Henri Malinvaud administrateurs sortants se représentent. Il n’y a pas de nouvelle candidature.

Les membres sortants sont réélus à l’unanimité.

6) Renouvellement du Vérificateur aux comptes : Gérard Chambord se représente.
Gérard Chambord est réélu à l’unanimité.

7) Fixation du montant de la cotisation annuelle : Le Conseil d’Administration propose le maintien à 10€.

Après vote, accord à l’unanimité

8) Perspectives pour 2018
Proposition d’aide financière pour un voyage d’élèves sur des lieux de mémoire (Musée de la Résistance et de la déportation de Besançon, Maison d’Yzieu, Musée de la Résistance de Lyon et prison de Montluc). Participation à hauteur de 300 euros.
Sylvie Codecco nous fait part de la présentation en avant-première d’un film « Récits d’Oradour » réalisé par Jérôme Amimer. Plusieurs membres d’OHVR confirment l’intérêt certain de ce film qui évoque le traumatisme d’Oradour, sa transmission et l’héritage porté par l’auteur en écho à l’histoire de sa grand-mère qui a vu son village de Russie brûler. Ce film présente plusieurs approches : historiques, conservation des ruines etc…Claude Milord est d’ailleurs associé à ce film. Il informe que le DVD de ce film, proposé à la vente de la librairie du CMO lors du dernier CA, n’a pas été retenu.
Pierre Allard précise que le directeur du Centre de la Mémoire a tenu compte de l’avis de ses experts pour lesquels ce film « n’apporte rien de plus sur l’histoire d’Oradour-sur-Glane ». « Le CMO n’est pas un supermarché ».

9) Questions diverses
Répondant à une question concernant un projet de mise en place de panneaux explicatifs au village martyr qu’il avait évoqué au cours de l’AG 2017, Claude Milord informe que ce projet est actuellement au point mort. Il espère que la conservatrice de la DRAC, nouvellement nommée, pourra porter ce projet à son terme.
Vigilance toujours nécessaire : Un groupe néo-nazi, « la Division Nationaliste Révolutionnaire », a tenté d’installer un local à Tulle. L’intervention de plusieurs associations et la décision du préfet de Corrèze l’en ont empêché. Ce collectif tient des propos odieux et calomnieux sur un site internet.

L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée, laissant place au partage du « verre de l’amitié »

 

La secrétaire de séance,

Sandra Combeau

 

Mail : oradour.hvr@laposte.net
Site : http://www.oradourhvr.fr

 

Robert Hébras au Lycée Louis le Grand

Le 1er décembre 2017, l’amphithéâtre du Lycée Louis le Grand était comble. Élèves de 2ème, 1ère, terminale, khâgne, hypokhâgne, enseignants se pressaient pour écouter le témoignage de Robert Hébras.
Une nouvelle fois, après la projection du film-interview réalisé par Michael Faugeroux, « le droit à la Mémoire », Robert Hébras fut assailli de questions.
Questions concernant le massacre d’Oradour, ses circonstances, ses acteurs et aussi le processus de reconstruction de ce survivant en dehors de tout accompagnement psychologique.
Interrogations portant sur la Mémoire et sa transmission : pour lui, il s’agit essentiellement de maintenir celle des 642 victimes tout en participant à la réconciliation franco-allemande.
Furent également abordées les questions concernant la vie quotidienne des Limousins durant la période 1940-1944, les réactions des représentants du gouvernement de Vichy face à ce massacre.

Deux heures d’échanges intenses, conclues par Robert Hébras qui rappela à tous les jeunes l’importance d’être vigilants. Vigilance face à la haine, face à tous les extrémismes et sectarismes. Nécessité du dialogue entre les Peuples pour maintenir la Paix.

« Maillé, le massacre oublié » projeté à l’Espace CITE à Limoges

Le 25 août 1944, 124 habitants, dont 48 enfants, du bourg de Maillé, en Touraine, sont massacrés par des soldats allemands. Une grande partie du village est détruite par le feu puis par le bombardement qui succède au massacre.
Dès 1945 on reconstruit, les ruines disparaissent. Les commémorations locales, chaque 25 août, sont occultées par celles de la libération de Paris le même jour. Les rescapés ne parlent pas jusqu’en 1994, date à laquelle une exposition des Archives Départementales révèle aux habitants l’existence d’un jugement du tribunal militaire de Bordeaux.
La parole des rescapés se libère alors. Ce sont quelques uns de leurs témoignages présentés dans le film documentaire « Maillé, le massacre oublié », réalisé par Marie-Françoise Gaucher en 2003, que le public limousin a découvert le 16 novembre 2017. 120 collégiens et lycéens et environ 75 adultes, ont pu, après cette projection, dialoguer avec Monsieur Serge Martin.

Monsieur Serge Martin

Le 25 août 1944, il avait 10 ans et était chez ses grands-parents à 3 kilomètres de Maillé. Sa mère, son père, son frère, ses deux sœurs ont été massacrés. Comme tous les autres rescapés, il n’a pas parlé pendant 50 ans. Aujourd’hui, président de l’association « Pour le Souvenir de Maillé » il répond aux questions, il explique.
S’il ne pardonne rien aux acteurs, il insiste sur l’absence totale de haine à l’égard des générations suivantes qui ne doivent pas se sentir responsables. Il redit l’impérative nécessité de la réconciliation et de l’amitié franco-allemande fondées sur la connaissance historique, transmise, notamment, depuis 2006 par la Maison du Souvenir de Maillé. Romain Taillefait, responsable de cette structure mémorielle, en accompagnant le témoignage de Monsieur Martin, inscrit ce crime de guerre commis par les Waffen-SS de la 17ème Panzer Grenadier Division, dans le contexte historique et la mémoire collective de la 2ème guerre mondiale.
En Touraine, conclut-il « on a l’impression que cette histoire demeure méconnue. À vous de la transmettre autour de vous »

 

Romain Taillefait et Serge Martin

JOHANN CHAPOUTOT écrit dans Libération

Projection du film « Maillé, le massacre oublié » Espace Cité

Le musée de la Résistance de Limoges, en partenariat avec l’Office national des Anciens Combattants de la Haute-Vienne et l’Association « Oradour. Histoire, Vigilance et Réconciliation » (OHVR) organise la projection du film « Maillé, le massacre oublié » :

Jeudi 16 novembre à 18h30 à l’Espace Cité
2, rue de la Providence à Limoges.

Le 25 août 1944, Paris est libéré. Ce même jour une unité SS pénètre dans le bourg de Maillé en Touraine et l’encercle.
Hommes, femmes, enfants sont systématiquement massacrés et les bâtiments incendiés. 124 victimes âgées de 3 mois à 89 ans périssent.
Le film retrace ce massacre à travers les témoignages de rescapés, dont la plupart n’avaient pas 15 ans à l’époque.
La projection du film sera suivie d’une discussion avec Serge Martin, rescapé du massacre de Maillé et président de l’association pour le Souvenir de Maillé et Romain Taillefait, responsable de la maison du Souvenir de Maillé.

Robert Hébras, survivant du massacre d’Oradour-sur-Glane, sera également présent.

Entrée Libre

Le prix du Citoyen Européen décerné à Robert Hébras

Le prix du Citoyen Européen est, depuis 2008, décerné chaque année par le Parlement européen à ceux qui, par des projets ou initiatives, facilitent la coopération transnationale et promeuvent les valeurs européennes.
En 2017, le député européen Jean-Paul Denanot a soutenu la candidature de Robert Hébras qui, depuis de nombreuses années, œuvre pour la réconciliation entre la France, l’Allemagne et l’Autriche tout en maintenant vivante la Mémoire des 642 victimes du massacre d’Oradour-sur-Glane le 10 juin1944.
Le 27 septembre 2017, Robert Hébras et trois autres lauréats ont reçu leur médaille au bureau du Parlement européen à Paris.

 

Ce fut l’occasion pour Robert Hébras d’insister sur la nécessité d’une construction européenne solide, volontaire dans un monde « où Oradour se reproduit trop souvent ».

En octobre, avec ses homologues de 25 pays de l’Union Européenne, il sera de nouveau honoré lors d’une cérémonie au Parlement européen à Bruxelles.

Article publié par le journal Le Populaire du Centre
le 29 septembre 2017

 

 


La Maison de l’Europe- Centre Europe Direct Limousin a tenu à fêter cette distinction le 7 octobre 2017. Elle a choisi, pour cette manifestation, le cadre du Salon international du dessin de Presse de l’Humour de Saint-Just-le-Martel.
C’est devant l’exposition « Décoder les Etoiles » où cinquante dessins de presse évoquent les enjeux d’un demi siècle de politique européenne, que la présidente, Lucile Valadas, a remercié puis félicité Robert Hébras pour cette « distinction largement méritée. ».
Le député européen, Jean-Paul Denanot, en joignant ses remerciements a rappelé le rôle essentiel tenu par Robert Hébras, inlassable militant pour la paix et la réconciliation, tout en n’oubliant pas le passé. Un long engagement qui justifie pleinement le prix décerné à un « grand citoyen européen ».
Heureux, Robert Hébras rappelle qu’il fait « son devoir d’Homme ».

Témoignage à Billom

Le 23 mai, Robert Hébras témoignait à Billom, une belle ville appartenant à l’aire urbaine de Clermont Ferrand. Organisée par la section Billon-Thiers de la FNDIRP, c’est dans l’immense salle municipale, qu’étaient accueilli à 14 heures, 400 élèves venus de trois collèges publics et d’un collège privé.
À 18h30, après avoir été chaleureusement accueilli à l’Hôtel de Ville par Monsieur le Maire, son équipe municipale et les membres de la FNDIRP, c’est face à un public d’environ 300 personnes qu’il renouvela son témoignage.
Après la projection du film documentaire réalisé par Michael Faugeroux, « Le droit à la Mémoire », les deux séances furent suivies de nombreuses questions adressées à Robert Hébras.
Interrogations sur sa vie après le massacre, sur sa reconstruction ou pourquoi Oradour a-t-il été caractérisé de « crime de guerre » et non de « crime contre l’humanité » ? Questions aussi sur le ressenti du survivant lors de sa participation au procès d’Heinz Barth en 1983 à Berlin Est, ou à l’égard des Allemands dans l’après guerre et aujourd’hui.
Comment avoir réussi à devenir dès 1985 un acteur actif de la réconciliation franco-allemande ?
Autant de questions permettant à Robert Hébras de redire et d’insister sur l’importance du travail pour se reconstruire, sur la nécessité de dialoguer, sur l’exigence de tolérance et de volonté de Paix. Occasion aussi pour ce témoin de rappeler la nécessité de se protéger par la vigilance à l’égard des extrémismes, des idées xénophobes, et mettre en garde les élèves face aux risques dérivés des réseaux sociaux et bien évidemment, en Européen convaincu il insista sur cette construction, facteur de paix, toujours à parfaire.
Au cours de ces discussions on rappela plusieurs fois le rôle fondamental et spécifique du témoin dans le récit historique et l’importance du « travail de Mémoire » à mener auprès de tous et plus particulièrement des jeunes.
Mémoire de la seconde guerre mondiale, encore douloureuse parmi les habitants de Billom, comme en témoigne l’exposition, présentée par les responsables de la FNDIRP dans la salle de conférence. Dans cette région de forte résistance, le 16 décembre 1943 une rafle menée par la Wehrmacht, la Gestapo, la Milice se solda par 200 arrestations et détruisit tout un réseau de la Résistance. Parmi les 167 internés à la prison de Clermont-Ferrand, 15 furent fusillés, 112 furent déportés, 26 ne revinrent pas.
À la fin de cet après-midi d’échanges, une conclusion s’imposait donc à tous : être vigilants face aux discours de haine, de violence, de rejet de l’autre. Ne pas oublier le passé pour mieux appréhender le présent et l’avenir.

Article publié par le journal La Montagne le 13 juillet 2017

Compte rendu de l’Assemblée Générale ordinaire du 4 février 2017

Bernadette Malinvaud remercie Philippe Lacroix, Maire d’Oradour-sur-Glane, membre de l’association qui nous permet, une fois encore, de tenir notre AG dans cette salle, à titre gracieux.

Excusés: Fabrice Escure, Président du CMO et Richard Jezierski, Directeur du CMO, Sylvie Codecco, Philippe Pommier, Michèlel Soult et François Thomas membres du Conseil d’Administration d’O.H.V.R.

Secrétaire de séance: Sandra Combeau

Malgré les perturbations dues à la tempête matinale, le quorum est atteint : 25 adhérents sont présents, 65 ont donné procuration, soit 90 sur 180 adhérents. L’Assemblée Générale peut donc avoir lieu.

La Présidente ouvre la séance en remerciant les personnes présentes de s’être déplacées malgré les intempéries et rend hommage aux adhérents disparus en 2016 : Robert LAPUELLE, Alain NICOLAS et Jean SOUSTRE tous les trois membres de l’association depuis son origine.
« Adhérent de la première heure, Alain Nicolas était aussi un très généreux donateur. Il habitait à Ouistreham en Normandie, et ne connaissait pas personnellement Robert. En revanche, professeur d’histoire, il avait à plusieurs reprises amené ses élèves à Oradour. Très actif, et membre de plusieurs associations il avait, en 2013, organisé, entre autre, une exposition sur Oradour pour faire connaitre la condamnation qui touchait Robert, recueillir des fonds et susciter de nouvelles adhésions ce qu’il avait parfaitement réussi. Il est le digne représentant de ces personnes venues de tous les coins de France, rejoindre par solidarité et conviction le soutien avant tout moral que nous portions à ce témoin du massacre du 10 juin 1944.
            Si Alain Nicolas nous était inconnu, au contraire le docteur Robert Lapuelle était un familier des Radounauds. »
Philippe Lacroix évoque son « histoire municipale » avec Robert Lapuelle, qui commence en 1989. « Robert Lapuelle qui fut tout d’abord conseiller-délégué aux affaires sanitaires et sociales depuis 1953, au sein du conseil municipal représenté alors par Jean Brouillaud. Il devient maire de la ville en 1959 et ce jusqu’en 1995. Formidable médecin, confident des familles, et tout spécialement des mamans de victimes, il était aussi un visionnaire. Il avait compris la nécessité de faire renaître le nouveau bourg d’Oradour. Il fit bâtir cette salle des fêtes en 1960 et la fit agrandir en 1990. Elle porte aujourd’hui son nom. Homme de fort caractère et attachant, faisant confiance à la jeunesse, il était profondément engagé et désintéressé. Il a su préserver ce qui était de l’ordre de la mémoire en assurant l’amélioration du bourg, à une époque où il était plus difficile de le faire qu’aujourd’hui. C’était un grand Monsieur. »
Bernadette Malinvaud évoque à présent la mémoire de Jean Marcel Darthout, qui s’est éteint le 04 octobre 2016. « Alors que, le 12 janvier 2013, se tenait ici même, la première assemblée générale de notre association « Justice pour Robert Hébras », dont émane O.H.V.R., Marcel Darthout avait pris la parole pour dire son amitié et tout le soutien qu’il apportait à Robert. »

Marcel Darthout

La parole est donnée à Robert Hébras :
« Marcel et moi sommes les deux derniers, parmi les survivants de la grange Laudy à avoir quitté le village le soir.   « Marcel était blessé aux jambes et marchait très difficilement. Alors que l’incendie nous gagnait, je demandais à Marcel ce que je pouvais faire pour lui. Il me répondit : tu ne peux rien faire pour moi. Je me débrouillerai, sauve-toi. Je traverse la place et lui fais signe qu’il n’y a pas de soldats. Il progresse un peu dans sa fuite, protège ses blessures et se cache dans des buissons. Je poursuis ma fuite, me retrouvant vers 22h dans un lieu-dit à quelques kilomètres d’Oradour, La Martinerie.
Marcel et moi avions des liens très très profonds. Et malgré, parfois nos désaccords, nous avons toujours su régler nos différents problèmes. Rien n’a pu altérer notre amitié. »
Pour toutes les victimes du massacre, et en particulier pour la mémoire de Marcel Darthout, Robert Hébras demande qu’une minute de silence soit observée.

En cette 6ème AG, Bernadette Malinvaud souhaite faire un bref rappel historique concernant l’association, d’autant plus que de nouveaux adhérents l’ont rejointe :
« Créée en 0ctobre 2012 l’association « Justice Pour Robert Hébras » s’est transformée en « Oradour. Histoire, Vigilance et Réconciliation » à la suite de l’arrêt de la Cour de cassation du 16 octobre 2013 qui annule définitivement celui de la Cour d’appel de Colmar de septembre 2012. L’objectif initial de soutien et d’aide à Robert Hébras s’est alors mué en accompagnement de celui-ci dans la transmission de son témoignage auprès de tous et en particulier des jeunes partout en France, en Allemagne. Cet objectif visant à diffuser le souvenir d’Oradour et le message de réconciliation donne sens à la mémoire de l’événement. Il s’accompagne de la volonté de faire prévaloir l’exactitude historique sur cet épisode limousin de la seconde guerre mondiale. Cette nouvelle orientation a permis, à d’autres publics de connaître notre association. Aujourd’hui nous pouvons être satisfaits de notre effectif actuel de 180 adhérents. Quand je dis nous « accompagnons Robert », c’est vrai. Ce qu’il faut toutefois ne pas oublier c’est que cette coopération ne représente qu’une partie de l’engagement de Robert qui doit répondre à de nombreuses et diverses demandes au quotidien. Et là, il me faut insister sur le rôle tenu par Christiane, son épouse, secrétaire, conseillère, et toujours à l’écoute. »

Ordre du jour
1) Approbation du compte rendu de l’assemblée générale du 19 mars 2016
Après vote, le compte rendu est adopté à l’unanimité.

2) Rapport d’activité par Bernadette Malinvaud
En 2016, comme en 2015 nous avons accompagné Robert rencontrer élèves et adultes dans des lycées en Allemagne et en France, toujours avec le même processus. La projection du film documentaire,  » le Droit à la Mémoire » réalisé par M. Faugeroux en 2011 sert d’introduction et de support à la séance  » questions réponses » avec le public d’élèves et d’adultes. La présidente en profite pour présenter les excuses de Michael Faugeroux, enseignant à Munich.
Il en fut ainsi, en avril à Munich, avec les classes de première et de troisième du Lycée Français Jean Renoir et en mai à Riom. Ici cet échange avec un témoin s’inscrivait dans le parcours citoyen de 450 collégiens issus de 3 collèges. En mai, toujours, ce sont les collégiens et lycéens du lycée franco-allemand de Buc (académie de Versailles) qui, de manière fort active et réfléchie questionnèrent très pertinemment Robert sur le passé mais aussi sur l’actualité. Le public lycéen orienta particulièrement la discussion sur la réconciliation, le devenir de l’Europe, leurs interrogations portèrent aussi sur l’impact des attentats dans notre vie quotidienne et sur la vie politique.

A Munich, le Centre de documentation sur le National-socialisme avait organisé, à l’initiative de Michael Faugeroux, une Table Ronde à laquelle participaient Michael Faugeroux, Robert Hébras témoin, l’historienne Andréa Erckenbrecher qui est aussi experte auprès du parquet de Dortmund et connait bien le passé historique et judiciaire d’Oradour, Philippe Lacroix maire d’Oradour et moi-même. Une nouvelle fois dans cette ville de Munich, un public nombreux et varié dialogua pendant plus d’une heure trente.

Pendant le week-end de Pentecôte le comité de Jumelage d’Isle recevait une délégation allemande d’une quarantaine de personnes venues de Gunzenhausen (Moyenne Franconie). Le thème de ces journées était « vivre ensemble en Europe hier, aujourd’hui demain ». Pour décliner « hier », le dimanche 15 mai était consacré à l’évocation et à la mémoire d’Oradour.
Le matin, la projection du documentaire « le droit à la Mémoire » fut suivi des questions du public franco-allemand concernant la réconciliation, la volonté réciproque d’apaisement et de rapprochement.
L’après-midi, après la visite de l’exposition permanente du Centre de la Mémoire d’Oradour, Robert Hébras et Philippe Lacroix accompagnèrent le groupe dans les ruines du bourg. Puis Gilles Bégout, maire d’Isle et Karl Heinz Fitz, maire de Gunzenhausen déposèrent une gerbe au tombeau des martyrs.
Le soir, le maire d’Isle remit à Robert Hébras la médaille de la ville d’Isle.
La parole est donnée à Chantal Robert, présidente du Comité de Jumelage d’Isle, et membre de l’association O.H.V.R., pour parler du ressenti de ce groupe après l’échange:
 » Il s’agissait donc d’une délégation de 44 allemands relativement jeunes. Il y avait une bonne douzaine de jeunes de moins de 18 ans, le reste du groupe étant composé de personnes d’environ 40 à 50 ans. La simplicité des explications de Robert, fournies par le documentaire et ses réponses permirent une réelle compréhension des faits.
Concernant la visite du Centre de la Mémoire et bien que le groupe n’ait pas bénéficié d’une visite guidée avec un traducteur, les jeunes notamment, ont porté une grande attention aux documents exposés et légendés en allemand.
La visite de l’exposition s’est poursuivie par celle du village qui fut propice à des questions pertinentes adressées à Robert.
Grâce à des questionnaires remis aux participants, nous avons pu mesurer l’impact de cette visite et l’importance de l’enseignement apporté par ces échanges concernant la compréhension. La presse allemande s’est faite l’écho de ces événements en insistant sur la nécessité de ces échanges. »

Et enfin, en novembre 2016 Philippe Pommier, lors de la semaine d’histoire à Feytiat, a rencontré la fille de Jean Zay et le président du Cercle Jean Zay. Il a été évoqué une démarche pour sauvegarder le lieu de détention de ce ministre du Front Populaire, menacé par la restructuration de la prison de Riom où il fut détenu de 1940 à 1944 avant d’être assassiné par la Milice. Le Conseil d’Administration propose que notre association soutienne cette démarche.
Après vote, le rapport d’activité est adopté à l’unanimité.

3) Compte rendu financier

4) Compte Rendu des Vérificateurs aux comptes
Gérard Chambord fait état du rapport établi conjointement avec Jean-Luc Bayard représenté,
 » Conformément à la mission qui nous est confiée, nous avons vérifié les comptes de l’association « Oradour. Histoire, Vigilance et Réconciliation » du 01.01.2016 au 31.12.2016.
Tous les documents comptables nécessaires à notre examen ont été mis à notre disposition. Nous avons pu ainsi effectuer les contrôles et vérifications nécessaires. Des explications pertinentes et des justificatifs adéquats ont été fournis dans chaque cas.
Dés lors, nous sommes en mesure d’attester que les comptes de l’association « Oradour. Histoire, Vigilance et Réconciliation » pour la période du 01.01.2016 au 31.12.2016 sont sincères et corrects. Ils se soldent par des recettes à hauteur de 2 176.79€ et des dépenses à hauteur de 1 080,36€, soit un excédent de 1 096,41€.
En conséquence, nous vous proposons d’approuver ces comptes tels qu’ils sont présentés.
En foi de quoi, nous avons rédigé le présent rapport. »
Après vote, le rapport financier est adopté à l’unanimité.

5) Renouvellement du tiers des membres du CA :
Sandra Combeau, Odile Danthieux, Anne Marie Montaudon, François Thomas, Pas de nouvelle candidature, tous se représentent.
Les membres sortants sont réélus à l’unanimité.

Renouvellement du Vérificateur aux comptes Jean Luc Bayard qui se représente.
Jean Luc Bayard est réélu à l’unanimité.

6) Fixation du montant de la cotisation annuelle : Le Conseil d’Administration propose le maintien à 10 €.
Après vote, accord à l’unanimité

7) Actions programmées pour 2017
– Projet avec la Maison du Souvenir de Maillé
Maillé, un village d’Indre-et-Loire. Le 25 Août 1944, la 17ème division Waffen SS massacre 124 habitants (37 hommes, 39 femmes, 48 enfants) et détruit 52 habitations (sur 60). Il sagit de représailles : la veille des résistants ont détruit un pont sur la ligne de chemin de fer Paris-Bordeaux.
Contrairement à Oradour-sur-Glane, ce massacre est resté longtemps méconnu, sa mémoire étant estompée par celle de la libération de Paris le même jour, et les reconstructions faisant disparaître les traces visibles.
Le 25 août dernier, lors de la commémoration de ce massacre, nous avons, avec Robert Hébras, rencontré le directeur de la Maison du Souvenir de Maillé qui existe depuis 2006. Son directeur est intéressé par une action commune avec notre association pour faire connaître le drame de Maillé à Limoges et travailler sur les mémoires des deux lieux. Nous envisageons deux actions :
– À Limoges projeter le film-documentaire « Maillé, le massacre oublié » (26 minutes) suivi d’un échange avec la salle en présence d’un survivant.
– À Tours, une table ronde pourrait avoir lieu avec la participation de témoins, d’historiens et d’élèves de terminale.

– 23 mai rencontre à Billom (communauté urbaine de Clermont-Ferrand) avec des collégiens à l’initiative du président de la FNDIRP.

Questions diverses
Robert Hébras nous fait part de la difficulté qu’il rencontre à faire face aux demandes continuelles des groupes ayant besoin d’être accompagnés durant la visite du village. C’est une tâche désormais devenue trop lourde à porter, d’autant plus que les groupes de scolaires sont toujours plus nombreux à venir sur le site.
Ces élèves n’ont parfois pas vu l’exposition avant la visite du village. Robert Hébras déplore ce manque de préparation et de sensibilisation pourtant indispensables. Il tient beaucoup à ce que ce travail préalable soit fait avec les élèves.
Une réflexion doit donc être menée autour de l’accompagnement des groupes d’élèves dans le village.
Philippe Grandcoing précise l’importance que les guides soient bien armés intellectuellement pour faire face aux « contre-vérités » possibles.
Par ailleurs, Robert souhaite que la visite des ruines puisse être rendue possible par tous les moyens de compréhension nécessaires aux personnes ayant un handicap. Une adaptation en Braille du plan du village faite par un professeur, lui a été remise gracieusement par l’Institut spécialisé pour déficients visuels.
Claude Milord indique que la D.R.A.C travaille actuellement à l’élaboration de panneaux d’informations qui seront positionnés au niveau du champ de foire, de l’église et du mémorial. Les informations figureront également en braille international. L’A.N.F.M.O.G. participera financièrement à ce projet. Il évoque aussi le projet d’une application sur Smartphone et la refonte de l’exposition permanente du CMO, actuellement à l’étude.
Philippe Lacroix annonce, à l’assemblée, le projet porté par la municipalité « d’un grand week-end de l’amitié et de la jeunesse d’Europe », du 1er au 3 septembre, comportant de nombreuses activités culturelles et sportives. La comédie musicale « Mademoiselle Marie », écrite par un habitant et représentée par la population de Cadolzburg (jumelée avec Le Palais-sur-Vienne) constituera l’événement central de ces journées.

L’ordre du jour étant épuisé, la présidente invite l’assemblée au partage du verre de l’amitié.

 

La secrétaire de séance,

Sandra Combeau

 

Mail : oradour.hvr@laposte.net
Site : http://www.oradourhvr.fr

 

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