DEVOIR DE MEMOIRE

ORADOUR. Histoire, Vigilance et Réconciliation

Robert Hébras au Lycée Louis le Grand

Le 1er décembre 2017, l’amphithéâtre du Lycée Louis le Grand était comble. Élèves de 2ème, 1ère, terminale, khâgne, hypokhâgne, enseignants se pressaient pour écouter le témoignage de Robert Hébras.
Une nouvelle fois, après la projection du film-interview réalisé par Michael Faugeroux, « le droit à la Mémoire », Robert Hébras fut assailli de questions.
Questions concernant le massacre d’Oradour, ses circonstances, ses acteurs et aussi le processus de reconstruction de ce survivant en dehors de tout accompagnement psychologique.
Interrogations portant sur la Mémoire et sa transmission : pour lui, il s’agit essentiellement de maintenir celle des 642 victimes tout en participant à la réconciliation franco-allemande.
Furent également abordées les questions concernant la vie quotidienne des Limousins durant la période 1940-1944, les réactions des représentants du gouvernement de Vichy face à ce massacre.
Deux heures d’échanges intenses, conclues par Robert Hébras qui rappela à tous les jeunes l’importance d’être vigilants. Vigilance face à la haine, face à tous les extrémismes et sectarismes. Nécessité du dialogue entre les Peuples pour maintenir la Paix.

« Maillé, le massacre oublié » projeté à l’Espace CITE à Limoges

Le 25 août 1944, 124 habitants, dont 48 enfants, du bourg de Maillé, en Touraine, sont massacrés par des soldats allemands. Une grande partie du village est détruite par le feu puis par le bombardement qui succède au massacre.
Dès 1945 on reconstruit, les ruines disparaissent. Les commémorations locales, chaque 25 août, sont occultées par celles de la libération de Paris le même jour. Les rescapés ne parlent pas jusqu’en 1994, date à laquelle une exposition des Archives Départementales révèle aux habitants l’existence d’un jugement du tribunal militaire de Bordeaux.
La parole des rescapés se libère alors. Ce sont quelques uns de leurs témoignages présentés dans le film documentaire « Maillé, le massacre oublié », réalisé par Marie-Françoise Gaucher en 2003, que le public limousin a découvert le 16 novembre 2017. 120 collégiens et lycéens et environ 75 adultes, ont pu, après cette projection, dialoguer avec Monsieur Serge Martin.

Monsieur Serge Martin

Le 25 août 1944, il avait 10 ans et était chez ses grands-parents à 3 kilomètres de Maillé. Sa mère, son père, son frère, ses deux sœurs ont été massacrés. Comme tous les autres rescapés, il n’a pas parlé pendant 50 ans. Aujourd’hui, président de l’association « Pour le Souvenir de Maillé » il répond aux questions, il explique.
S’il ne pardonne rien aux acteurs, il insiste sur l’absence totale de haine à l’égard des générations suivantes qui ne doivent pas se sentir responsables. Il redit l’impérative nécessité de la réconciliation et de l’amitié franco-allemande fondées sur la connaissance historique, transmise, notamment, depuis 2006 par la Maison du Souvenir de Maillé. Romain Taillefait, responsable de cette structure mémorielle, en accompagnant le témoignage de Monsieur Martin, inscrit ce crime de guerre commis par les Waffen-SS de la 17ème Panzer Grenadier Division, dans le contexte historique et la mémoire collective de la 2ème guerre mondiale.
En Touraine, conclut-il « on a l’impression que cette histoire demeure méconnue. À vous de la transmettre autour de vous »

 

Romain Taillefait et Serge Martin

JOHANN CHAPOUTOT écrit dans Libération

Projection du film « Maillé, le massacre oublié » Espace Cité

Le musée de la Résistance de Limoges, en partenariat avec l’Office national des Anciens Combattants de la Haute-Vienne et l’Association « Oradour. Histoire, Vigilance et Réconciliation » (OHVR) organise la projection du film « Maillé, le massacre oublié » :

Jeudi 16 novembre à 18h30 à l’Espace Cité
2, rue de la Providence à Limoges.

Le 25 août 1944, Paris est libéré. Ce même jour une unité SS pénètre dans le bourg de Maillé en Touraine et l’encercle.
Hommes, femmes, enfants sont systématiquement massacrés et les bâtiments incendiés. 124 victimes âgées de 3 mois à 89 ans périssent.
Le film retrace ce massacre à travers les témoignages de rescapés, dont la plupart n’avaient pas 15 ans à l’époque.
La projection du film sera suivie d’une discussion avec Serge Martin, rescapé du massacre de Maillé et président de l’association pour le Souvenir de Maillé et Romain Taillefait, responsable de la maison du Souvenir de Maillé.

Robert Hébras, survivant du massacre d’Oradour-sur-Glane, sera également présent.

Entrée Libre

Le prix du Citoyen Européen décerné à Robert Hébras

Le prix du Citoyen Européen est, depuis 2008, décerné chaque année par le Parlement européen à ceux qui, par des projets ou initiatives, facilitent la coopération transnationale et promeuvent les valeurs européennes.
En 2017, le député européen Jean-Paul Denanot a soutenu la candidature de Robert Hébras qui, depuis de nombreuses années, œuvre pour la réconciliation entre la France, l’Allemagne et l’Autriche tout en maintenant vivante la Mémoire des 642 victimes du massacre d’Oradour-sur-Glane le 10 juin1944.
Le 27 septembre 2017, Robert Hébras et trois autres lauréats ont reçu leur médaille au bureau du Parlement européen à Paris.

 

Ce fut l’occasion pour Robert Hébrass d’insister sur la nécessité d’une construction européenne solide, volontaire dans un monde « où Oradour se reproduit trop souvent ».

En octobre, avec ses homologues de 25 pays de l’Union Européenne, il sera de nouveau honoré lors d’une cérémonie au Parlement européen à Bruxelles.

Article publié par le journal Le Populaire du Centre
le 29 septembre 2017

 

 


La Maison de l’Europe- Centre Europe Direct Limousin a tenu à fêter cette distinction le 7 octobre 2017. Elle a choisi, pour cette manifestation, le cadre du Salon international du dessin de Presse de l’Humour de Saint-Just-le-Martel.
C’est devant l’exposition « Décoder les Etoiles » où cinquante dessins de presse évoquent les enjeux d’un demi siècle de politique européenne, que la présidente, Lucile Valadas, a remercié puis félicité Robert Hébras pour cette « distinction largement méritée. ».
Le député européen, Jean-Paul Denanot, en joignant ses remerciements a rappelé le rôle essentiel tenu par Robert Hébras, inlassable militant pour la paix et la réconciliation, tout en n’oubliant pas le passé. Un long engagement qui justifie pleinement le prix décerné à un « grand citoyen européen ».
Heureux, Robert Hébras rappelle qu’il fait « son devoir d’Homme ».

Témoignage à Billom

Le 23 mai, Robert Hébras témoignait à Billom, une belle ville appartenant à l’aire urbaine de Clermont Ferrand. Organisée par la section Billon-Thiers de la FNDIRP, c’est dans l’immense salle municipale, qu’étaient accueilli à 14 heures, 400 élèves venus de trois collèges publics et d’un collège privé.
À 18h30, après avoir été chaleureusement accueilli à l’Hôtel de Ville par Monsieur le Maire, son équipe municipale et les membres de la FNDIRP, c’est face à un public d’environ 300 personnes qu’il renouvela son témoignage.
Après la projection du film documentaire réalisé par Michael Faugeroux, « Le droit à la Mémoire », les deux séances furent suivies de nombreuses questions adressées à Robert Hébras.
Interrogations sur sa vie après le massacre, sur sa reconstruction ou pourquoi Oradour a-t-il été caractérisé de « crime de guerre » et non de « crime contre l’humanité » ? Questions aussi sur le ressenti du survivant lors de sa participation au procès d’Heinz Barth en 1983 à Berlin Est, ou à l’égard des Allemands dans l’après guerre et aujourd’hui.
Comment avoir réussi à devenir dès 1985 un acteur actif de la réconciliation franco-allemande ?
Autant de questions permettant à Robert Hébras de redire et d’insister sur l’importance du travail pour se reconstruire, sur la nécessité de dialoguer, sur l’exigence de tolérance et de volonté de Paix. Occasion aussi pour ce témoin de rappeler la nécessité de se protéger par la vigilance à l’égard des extrémismes, des idées xénophobes, et mettre en garde les élèves face aux risques dérivés des réseaux sociaux et bien évidemment, en Européen convaincu il insista sur cette construction, facteur de paix, toujours à parfaire.
Au cours de ces discussions on rappela plusieurs fois le rôle fondamental et spécifique du témoin dans le récit historique et l’importance du « travail de Mémoire » à mener auprès de tous et plus particulièrement des jeunes.
Mémoire de la seconde guerre mondiale, encore douloureuse parmi les habitants de Billom, comme en témoigne l’exposition, présentée par les responsables de la FNDIRP dans la salle de conférence. Dans cette région de forte résistance, le 16 décembre 1943 une rafle menée par la Wehrmacht, la Gestapo, la Milice se solda par 200 arrestations et détruisit tout un réseau de la Résistance. Parmi les 167 internés à la prison de Clermont-Ferrand, 15 furent fusillés, 112 furent déportés, 26 ne revinrent pas.
À la fin de cet après-midi d’échanges, une conclusion s’imposait donc à tous : être vigilants face aux discours de haine, de violence, de rejet de l’autre. Ne pas oublier le passé pour mieux appréhender le présent et l’avenir.

Article publié par le journal La Montagne le 13 juillet 2017

Compte rendu de l’Assemblée Générale ordinaire du 4 février 2017

Bernadette Malinvaud remercie Philippe Lacroix, Maire d’Oradour-sur-Glane, membre de l’association qui nous permet, une fois encore, de tenir notre AG dans cette salle, à titre gracieux.

Excusés: Fabrice Escure, Président du CMO et Richard Jezierski, Directeur du CMO, Sylvie Codecco, Philippe Pommier, Michèlel Soult et François Thomas membres du Conseil d’Administration d’O.H.V.R.

Secrétaire de séance: Sandra Combeau

Malgré les perturbations dues à la tempête matinale, le quorum est atteint : 25 adhérents sont présents, 65 ont donné procuration, soit 90 sur 180 adhérents. L’Assemblée Générale peut donc avoir lieu.

La Présidente ouvre la séance en remerciant les personnes présentes de s’être déplacées malgré les intempéries et rend hommage aux adhérents disparus en 2016 : Robert LAPUELLE, Alain NICOLAS et Jean SOUSTRE tous les trois membres de l’association depuis son origine.
« Adhérent de la première heure, Alain Nicolas était aussi un très généreux donateur. Il habitait à Ouistreham en Normandie, et ne connaissait pas personnellement Robert. En revanche, professeur d’histoire, il avait à plusieurs reprises amené ses élèves à Oradour. Très actif, et membre de plusieurs associations il avait, en 2013, organisé, entre autre, une exposition sur Oradour pour faire connaitre la condamnation qui touchait Robert, recueillir des fonds et susciter de nouvelles adhésions ce qu’il avait parfaitement réussi. Il est le digne représentant de ces personnes venues de tous les coins de France, rejoindre par solidarité et conviction le soutien avant tout moral que nous portions à ce témoin du massacre du 10 juin 1944.
            Si Alain Nicolas nous était inconnu, au contraire le docteur Robert Lapuelle était un familier des Radounauds. »
Philippe Lacroix évoque son « histoire municipale » avec Robert Lapuelle, qui commence en 1989. « Robert Lapuelle qui fut tout d’abord conseiller-délégué aux affaires sanitaires et sociales depuis 1953, au sein du conseil municipal représenté alors par Jean Brouillaud. Il devient maire de la ville en 1959 et ce jusqu’en 1995. Formidable médecin, confident des familles, et tout spécialement des mamans de victimes, il était aussi un visionnaire. Il avait compris la nécessité de faire renaître le nouveau bourg d’Oradour. Il fit bâtir cette salle des fêtes en 1960 et la fit agrandir en 1990. Elle porte aujourd’hui son nom. Homme de fort caractère et attachant, faisant confiance à la jeunesse, il était profondément engagé et désintéressé. Il a su préserver ce qui était de l’ordre de la mémoire en assurant l’amélioration du bourg, à une époque où il était plus difficile de le faire qu’aujourd’hui. C’était un grand Monsieur. »
Bernadette Malinvaud évoque à présent la mémoire de Jean Marcel Darthout, qui s’est éteint le 04 octobre 2016. « Alors que, le 12 janvier 2013, se tenait ici même, la première assemblée générale de notre association « Justice pour Robert Hébras », dont émane O.H.V.R., Marcel Darthout avait pris la parole pour dire son amitié et tout le soutien qu’il apportait à Robert. »

Marcel Darthout

La parole est donnée à Robert Hébras :
« Marcel et moi sommes les deux derniers, parmi les survivants de la grange Laudy à avoir quitté le village le soir.   « Marcel était blessé aux jambes et marchait très difficilement. Alors que l’incendie nous gagnait, je demandais à Marcel ce que je pouvais faire pour lui. Il me répondit : tu ne peux rien faire pour moi. Je me débrouillerai, sauve-toi. Je traverse la place et lui fais signe qu’il n’y a pas de soldats. Il progresse un peu dans sa fuite, protège ses blessures et se cache dans des buissons. Je poursuis ma fuite, me retrouvant vers 22h dans un lieu-dit à quelques kilomètres d’Oradour, La Martinerie.
Marcel et moi avions des liens très très profonds. Et malgré, parfois nos désaccords, nous avons toujours su régler nos différents problèmes. Rien n’a pu altérer notre amitié. »
Pour toutes les victimes du massacre, et en particulier pour la mémoire de Marcel Darthout, Robert Hébras demande qu’une minute de silence soit observée.

En cette 6ème AG, Bernadette Malinvaud souhaite faire un bref rappel historique concernant l’association, d’autant plus que de nouveaux adhérents l’ont rejointe :
« Créée en 0ctobre 2012 l’association « Justice Pour Robert Hébras » s’est transformée en « Oradour. Histoire, Vigilance et Réconciliation » à la suite de l’arrêt de la Cour de cassation du 16 octobre 2013 qui annule définitivement celui de la Cour d’appel de Colmar de septembre 2012. L’objectif initial de soutien et d’aide à Robert Hébras s’est alors mué en accompagnement de celui-ci dans la transmission de son témoignage auprès de tous et en particulier des jeunes partout en France, en Allemagne. Cet objectif visant à diffuser le souvenir d’Oradour et le message de réconciliation donne sens à la mémoire de l’événement. Il s’accompagne de la volonté de faire prévaloir l’exactitude historique sur cet épisode limousin de la seconde guerre mondiale. Cette nouvelle orientation a permis, à d’autres publics de connaître notre association. Aujourd’hui nous pouvons être satisfaits de notre effectif actuel de 180 adhérents. Quand je dis nous « accompagnons Robert », c’est vrai. Ce qu’il faut toutefois ne pas oublier c’est que cette coopération ne représente qu’une partie de l’engagement de Robert qui doit répondre à de nombreuses et diverses demandes au quotidien. Et là, il me faut insister sur le rôle tenu par Christiane, son épouse, secrétaire, conseillère, et toujours à l’écoute. »

Ordre du jour
1) Approbation du compte rendu de l’assemblée générale du 19 mars 2016
Après vote, le compte rendu est adopté à l’unanimité.

2) Rapport d’activité par Bernadette Malinvaud
En 2016, comme en 2015 nous avons accompagné Robert rencontrer élèves et adultes dans des lycées en Allemagne et en France, toujours avec le même processus. La projection du film documentaire,  » le Droit à la Mémoire » réalisé par M. Faugeroux en 2011 sert d’introduction et de support à la séance  » questions réponses » avec le public d’élèves et d’adultes. La présidente en profite pour présenter les excuses de Michael Faugeroux, enseignant à Munich.
Il en fut ainsi, en avril à Munich, avec les classes de première et de troisième du Lycée Français Jean Renoir et en mai à Riom. Ici cet échange avec un témoin s’inscrivait dans le parcours citoyen de 450 collégiens issus de 3 collèges. En mai, toujours, ce sont les collégiens et lycéens du lycée franco-allemand de Buc (académie de Versailles) qui, de manière fort active et réfléchie questionnèrent très pertinemment Robert sur le passé mais aussi sur l’actualité. Le public lycéen orienta particulièrement la discussion sur la réconciliation, le devenir de l’Europe, leurs interrogations portèrent aussi sur l’impact des attentats dans notre vie quotidienne et sur la vie politique.

A Munich, le Centre de documentation sur le National-socialisme avait organisé, à l’initiative de Michael Faugeroux, une Table Ronde à laquelle participaient Michael Faugeroux, Robert Hébras témoin, l’historienne Andréa Erckenbrecher qui est aussi experte auprès du parquet de Dortmund et connait bien le passé historique et judiciaire d’Oradour, Philippe Lacroix maire d’Oradour et moi-même. Une nouvelle fois dans cette ville de Munich, un public nombreux et varié dialogua pendant plus d’une heure trente.

Pendant le week-end de Pentecôte le comité de Jumelage d’Isle recevait une délégation allemande d’une quarantaine de personnes venues de Gunzenhausen (Moyenne Franconie). Le thème de ces journées était « vivre ensemble en Europe hier, aujourd’hui demain ». Pour décliner « hier », le dimanche 15 mai était consacré à l’évocation et à la mémoire d’Oradour.
Le matin, la projection du documentaire « le droit à la Mémoire » fut suivi des questions du public franco-allemand concernant la réconciliation, la volonté réciproque d’apaisement et de rapprochement.
L’après-midi, après la visite de l’exposition permanente du Centre de la Mémoire d’Oradour, Robert Hébras et Philippe Lacroix accompagnèrent le groupe dans les ruines du bourg. Puis Gilles Bégout, maire d’Isle et Karl Heinz Fitz, maire de Gunzenhausen déposèrent une gerbe au tombeau des martyrs.
Le soir, le maire d’Isle remit à Robert Hébras la médaille de la ville d’Isle.
La parole est donnée à Chantal Robert, présidente du Comité de Jumelage d’Isle, et membre de l’association O.H.V.R., pour parler du ressenti de ce groupe après l’échange:
 » Il s’agissait donc d’une délégation de 44 allemands relativement jeunes. Il y avait une bonne douzaine de jeunes de moins de 18 ans, le reste du groupe étant composé de personnes d’environ 40 à 50 ans. La simplicité des explications de Robert, fournies par le documentaire et ses réponses permirent une réelle compréhension des faits.
Concernant la visite du Centre de la Mémoire et bien que le groupe n’ait pas bénéficié d’une visite guidée avec un traducteur, les jeunes notamment, ont porté une grande attention aux documents exposés et légendés en allemand.
La visite de l’exposition s’est poursuivie par celle du village qui fut propice à des questions pertinentes adressées à Robert.
Grâce à des questionnaires remis aux participants, nous avons pu mesurer l’impact de cette visite et l’importance de l’enseignement apporté par ces échanges concernant la compréhension. La presse allemande s’est faite l’écho de ces événements en insistant sur la nécessité de ces échanges. »

Et enfin, en novembre 2016 Philippe Pommier, lors de la semaine d’histoire à Feytiat, a rencontré la fille de Jean Zay et le président du Cercle Jean Zay. Il a été évoqué une démarche pour sauvegarder le lieu de détention de ce ministre du Front Populaire, menacé par la restructuration de la prison de Riom où il fut détenu de 1940 à 1944 avant d’être assassiné par la Milice. Le Conseil d’Administration propose que notre association soutienne cette démarche.
Après vote, le rapport d’activité est adopté à l’unanimité.

3) Compte rendu financier

4) Compte Rendu des Vérificateurs aux comptes
Gérard Chambord fait état du rapport établi conjointement avec Jean-Luc Bayard représenté,
 » Conformément à la mission qui nous est confiée, nous avons vérifié les comptes de l’association « Oradour. Histoire, Vigilance et Réconciliation » du 01.01.2016 au 31.12.2016.
Tous les documents comptables nécessaires à notre examen ont été mis à notre disposition. Nous avons pu ainsi effectuer les contrôles et vérifications nécessaires. Des explications pertinentes et des justificatifs adéquats ont été fournis dans chaque cas.
Dés lors, nous sommes en mesure d’attester que les comptes de l’association « Oradour. Histoire, Vigilance et Réconciliation » pour la période du 01.01.2016 au 31.12.2016 sont sincères et corrects. Ils se soldent par des recettes à hauteur de 2 176.79€ et des dépenses à hauteur de 1 080,36€, soit un excédent de 1 096,41€.
En conséquence, nous vous proposons d’approuver ces comptes tels qu’ils sont présentés.
En foi de quoi, nous avons rédigé le présent rapport. »
Après vote, le rapport financier est adopté à l’unanimité.

5) Renouvellement du tiers des membres du CA :
Sandra Combeau, Odile Danthieux, Anne Marie Montaudon, François Thomas, Pas de nouvelle candidature, tous se représentent.
Les membres sortants sont réélus à l’unanimité.

Renouvellement du Vérificateur aux comptes Jean Luc Bayard qui se représente.
Jean Luc Bayard est réélu à l’unanimité.

6) Fixation du montant de la cotisation annuelle : Le Conseil d’Administration propose le maintien à 10 €.
Après vote, accord à l’unanimité

7) Actions programmées pour 2017
– Projet avec la Maison du Souvenir de Maillé
Maillé, un village d’Indre-et-Loire. Le 25 Août 1944, la 17ème division Waffen SS massacre 124 habitants (37 hommes, 39 femmes, 48 enfants) et détruit 52 habitations (sur 60). Il sagit de représailles : la veille des résistants ont détruit un pont sur la ligne de chemin de fer Paris-Bordeaux.
Contrairement à Oradour-sur-Glane, ce massacre est resté longtemps méconnu, sa mémoire étant estompée par celle de la libération de Paris le même jour, et les reconstructions faisant disparaître les traces visibles.
Le 25 août dernier, lors de la commémoration de ce massacre, nous avons, avec Robert Hébras, rencontré le directeur de la Maison du Souvenir de Maillé qui existe depuis 2006. Son directeur est intéressé par une action commune avec notre association pour faire connaître le drame de Maillé à Limoges et travailler sur les mémoires des deux lieux. Nous envisageons deux actions :
– À Limoges projeter le film-documentaire « Maillé, le massacre oublié » (26 minutes) suivi d’un échange avec la salle en présence d’un survivant.
– À Tours, une table ronde pourrait avoir lieu avec la participation de témoins, d’historiens et d’élèves de terminale.

– 23 mai rencontre à Billom (communauté urbaine de Clermont-Ferrand) avec des collégiens à l’initiative du président de la FNDIRP.

Questions diverses
Robert Hébras nous fait part de la difficulté qu’il rencontre à faire face aux demandes continuelles des groupes ayant besoin d’être accompagnés durant la visite du village. C’est une tâche désormais devenue trop lourde à porter, d’autant plus que les groupes de scolaires sont toujours plus nombreux à venir sur le site.
Ces élèves n’ont parfois pas vu l’exposition avant la visite du village. Robert Hébras déplore ce manque de préparation et de sensibilisation pourtant indispensables. Il tient beaucoup à ce que ce travail préalable soit fait avec les élèves.
Une réflexion doit donc être menée autour de l’accompagnement des groupes d’élèves dans le village.
Philippe Grandcoing précise l’importance que les guides soient bien armés intellectuellement pour faire face aux « contre-vérités » possibles.
Par ailleurs, Robert souhaite que la visite des ruines puisse être rendue possible par tous les moyens de compréhension nécessaires aux personnes ayant un handicap. Une adaptation en Braille du plan du village faite par un professeur, lui a été remise gracieusement par l’Institut spécialisé pour déficients visuels.
Claude Milord indique que la D.R.A.C travaille actuellement à l’élaboration de panneaux d’informations qui seront positionnés au niveau du champ de foire, de l’église et du mémorial. Les informations figureront également en braille international. L’A.N.F.M.O.G. participera financièrement à ce projet. Il évoque aussi le projet d’une application sur Smartphone et la refonte de l’exposition permanente du CMO, actuellement à l’étude.
Philippe Lacroix annonce, à l’assemblée, le projet porté par la municipalité « d’un grand week-end de l’amitié et de la jeunesse d’Europe », du 1er au 3 septembre, comportant de nombreuses activités culturelles et sportives. La comédie musicale « Mademoiselle Marie », écrite par un habitant et représentée par la population de Cadolzburg (jumelée avec Le Palais-sur-Vienne) constituera l’événement central de ces journées.

L’ordre du jour étant épuisé, la présidente invite l’assemblée au partage du verre de l’amitié.

 

La secrétaire de séance,

Sandra Combeau

 

Mail : oradour.hvr@laposte.net
Site : http://www.oradourhvr.fr

 

Jean Marcel Darthout est décédé le 4 octobre 2016

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« Je n’oublierai jamais cet homme avec lequel j’ai survécu au pire et espéré le meilleur ».
Par ces quelques mots Robert Hébras résume le destin des deux derniers survivants de la grange Laudy où ils furent mitraillés le 10 juin 1944 par les Waffen SS de la division Das Reich.
Depuis plusieurs années la santé de Jean Marcel Darthout ne lui permettait plus de mener, aux côtés de son compagnon, le travail de Mémoire et l’effort de Réconciliation, entretenus et souhaités par ces deux témoins.
Le poids de porter leur message commun, ne pas oublier mais œuvrer pour construire une mémoire apaisée, revient désormais à Robert Hébras, seul.

Témoignages en Allemagne et en France

L’association « Oradour. Histoire, Vigilance et Réconciliation » (OHVR) poursuit l’accompagnement de Robert Hébras dans sa transmission de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane.

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Munich

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Munich

– à Munich :
Le 28 avril 2016 au lycée français Jean Renoir, plus de 220 élèves ont questionné Robert Hébras et échangé avec lui durant plus de deux heures.
Le 29 avril 2016, au Centre de Documentation et de Recherche sur le national-socialisme, un très nombreux public a participé à une table ronde. Robert Hébras était entouré de Bernadette Malinvaud, présidente d’OHVR, de Michaël Faugeroux réalisateur du documentaire « Le Droit à la Mémoire », d’Andréa Erkenbrecher historienne et juriste allemande, de Philippe Lacroix, maire d’Oradour-sur-Glane.

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Riom

– à Riom (Puy-de-Dôme) : le 29 mai 2016, ce sont 450 élèves de trois collèges participant au parcours citoyen, puis un public d’adultes, qui interrogent Robert Hébras après la projection du film « Le Droit à la Mémoire »

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Riom

 

 

 

 

– il en est de même au Lycée franco-allemand de Buc (Yvelines) les 24 et 25 mai 2016 face à plus de 200 élèves de 3ème et de terminale.

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Buc

– à Isle le 15 mai 2016 lors de la rencontre organisée par le Comité de Jumelage, 45 Allemands de Gunzenhausen (ville allemande jumelée avec Isle) et leur famille d’accueil dialoguèrent avec Robert Hébras, notamment sur sa démarche réconciliatrice.
L’après-midi, il les guida dans les ruines après une visite au Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane.

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Buc

 

 

Face à ces divers publics, au-delà de son témoignage sur ce massacre commis par des Waffen SS de la division Das Reich, Robert Hébras rappelle la responsabilité de l’idéologie nazie. Il insiste sur la nécessité d’être aujourd’hui vigilant face à la montée des haines, exclusions et terrorismes. Cette démarche s’inscrit alors dans une large perspective citoyenne mettant, en particulier les jeunes, en garde contre ces résurgences nauséabondes.

Intime conviction, conjecture hasardeuse

Notre attention a été attirée par un article du Populaire du Centre du 9 février 2016, annonçant une explication du choix d’Oradour par les SS dans une publication1 dont l’auteur, M. Georges Pont, originaire de Rochechouart, présente des gages de sérieux, en tant que docteur en droit et ancien magistrat à la cour d’appel à Bordeaux.

Le titre du livre Le Doigt du lieutenant peut intriguer ; un bandeau l’explicite : « Oradour-sur-Glane… Un village rayé de la carte de France » ; la 4ème de couverture propose « des réponses précises à la question » : « Pourquoi Oradour ? » Voilà qui mérite un effort de lecture.

Une grande part des 130 pages est autobiographique. A plus de soixante-dix ans de distance, l’auteur fait resurgir les sentiments d’un adolescent de 1944, avec ses audaces de jeune résistant, ses frayeurs, ses émotions du moment : lyrique dans son prologue, il ferait sourire si le contexte n’était pas si grave (« ces cerises pulpeuses d’un rouge vif comme du sang »…) ; bucolique, ce familier de la vie paysanne des temps de peine et d’espérance2; avance la saison des moissons : « les blés étaient murs » … en ce début juin, p. 7 ; décidément en avance, il anticipe aussi la nouvelle du débarquement, p. 15 ; nauséeux sur un détail morbide, p. 37-38 : il décrit l’ostension sacrilège, sur la table familiale, d’ « un petit pied d’enfant » ramassé par son père, directeur d’école, pour preuve du massacre et finalement jeté « dans la fosse d’aisance » ! Prélèvement et geste que le docteur en droit aurait pu rétrospectivement qualifier de délictueux. Est-ce un reste de naïveté épargné par le cours des ans et une longue expérience des prétoires ? Concédons à l’auteur un accent de sincérité ; il nous renvoie l’écho de réactions spontanées. Le désir de publier un récit à la première personne d’un évènement historique, vécu à proximité, est après tout respectable.

En revanche, force est de constater que la promesse de « précisions », « grâce à de nouveaux témoignages et des éléments matériels », n’est pas tenue. Sont compilées de longues citations : d’un instituteur de Javerdat, non nommé, qui conclut dès le 11 juin à la préméditation, p. 54 ; d’une institutrice, non identifiée et sans date, qui intègre le récit de Madame Rouffange (sic)3, p. 58. A mi-parcours l’auteur ouvre le chapitre intitulé « Pourquoi ? » Ses références bibliographiques4 ne le satisfont pas. Seul, Raymond Ruffin trouve grâce à ses yeux. Ce spécialiste de la Résistance… en Normandie lui donne une clé d’explication : les représailles pour l’enlèvement de Kempfe (sic) et de Gerlach… L’auteur adhère à cette hypothèse, depuis longtemps contestée, à savoir que, le 9 juin, Karl Gerlach, officier d’ordonnance du régiment Der Führer, à la recherche de cantonnements près de Nieul, a été capturé par des maquisards près de Blond et confié à des Gardes mobiles de réserve ralliés à la Résistance. Il aurait été conduit et dépouillé de son uniforme à Peyrilhac ; parvenu à s’échapper, il croit avoir été malmené à Oradour, localité lue sur un poteau indicateur. Parvenu à Limoges, il aurait pointé son index sur ce village devant Diekmann, le chef de bataillon chargé d’exercer des représailles. Le sort d’Oradour aurait donc été scellé par une erreur de localisation. Version invérifiable. G. Pont s’appuie sur la déposition de Gerlach devant un tribunal de Hambourg, en septembre 1951 ; il tente, avec le concours d’un autre ancien magistrat, originaire de Peyrilhac, de recouper ou d’infirmer les propos du SS, en s’appuyant sur des écrits déjà publiés par d’anciens résistants et les souvenirs de témoins souvent indirects. Ces derniers, désignés sous leurs initiales (pourquoi ce quasi-anonymat aujourd’hui ? n’est-ce pas une limite à leur crédibilité), s’avèrent confus et contradictoires, de l’aveu même de l’auteur. Le lecteur ne peut que confirmer. L’usage de l’italique est aléatoire, ce qui ajoute à la confusion. Rien de clair, donc, ni de nouveau au terme de cette « enquête ». Le petit opus de M. Georges Pont risque de réactiver une rumeur plus qu’il ne sert à la recherche de la vérité. Cela peut donner crédit, involontairement, aux justifications a posteriori que les SS survivants ont données de l’injustifiable. Cela dit sans procès d’intention à l’auteur.

Faute de preuves, l’ancien président de cour de justice s’en remet à son intime conviction, affirmée en majuscules (p. 129). Certes, M. Pont ne transgresse pas le code de procédure pénale. Dans son activité passée le président Pont devait juger en conscience. Mais l’histoire n’est pas la justice ; elle exige des démonstrations ; elle doit dépasser les conjectures et soumettre les témoignages au crible d’une analyse critique. Il aurait été nécessaire d’étayer le présent récit par des arguments incontestables, pour réaliser son ambition : apporter une « petite pierre au monument de l’histoire ».

 

Philippe Pommier

 


1 Georges Pont, Le Doigt du lieutenant. Aix-en-Provence, éditions Persée, coll. Les Archives du Temps, 2015.
2 D’après des titres précédents du même auteur.
3 Marguerite Rouffanche, la survivante de l’église. L’orthographe des noms propres est erratique : Kempfe pour Kämpfe, l’officier capturé près de Saint-Léonard, le sous-préfet Pauchou affublé d’un « x », Grammond pour le maquis de Grandmont… La localisation n’est pas plus sûre : l’axe des trajets de la Das Reich est devenu la RN21, p. 78.
4 De Guy Pauchou à Jean-Jacques Fouché, en passant par Jacques Delarue et Jens Kruuse, ce dernier retiré du présentoir de la Caisse des MH en 1980.

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